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NATURE HUMAINE

Serge Joncour

Prix Femina 2020

La France est noyée sous une tempête diluvienne qui lui donne des airs, en ce dernier jour de 1999, de fin du monde. Alexandre, reclus dans sa ferme du Lot où il a grandi avec ses trois sœurs, semble redouter davantage l’arrivée des gendarmes. Seul dans la nuit noire, il va revivre la fin d’un autre monde, les derniers jours de cette vie paysanne et en retrait qui lui paraissait immuable enfant. Entre l’homme et la nature, la relation n’a cessé de se tendre. À qui la faute ? Dans ce grand roman de « la nature humaine », Serge Joncour orchestre presque trente ans d’histoire nationale où se répondent jusqu’au vertige les progrès, les luttes, la vie politique et les catastrophes successives qui ont jalonné la fin du XXe siècle, percutant de plein fouet une famille française. En offrant à notre monde contemporain la radiographie complexe de son enfance, il nous instruit magnifiquement sur notre humanité en péril. À moins que la nature ne vienne reprendre certains de ses droits…

Rencontre animée par Sophie Joubert à la maison de la poésie

Déjà enfant, Alexandre le savait, il le sentait, ses deux sœurs partiraient « vers le monde », tandis que lui reprendrait l’exploitation de ses parents, éleveurs de bovins dans le Lot. Serge Joncour raconte le choix de cet homme, celui de « rester à la terre » et les implications qu’il entraîne sur sa vie. Il dresse le panorama d’une famille et d’une France rurale des années 1970 à nos jours et retrace les combats politiques et les choix éthiques qui ont jalonné le monde agricole avec la mondialisation en toile de fond. Ce faisant, il dresse un portrait juste et sensible de la relation de l’homme à la nature.

« Notre Occitanie » d’Hervé Di Rosa et Claude Sicre, éditions Anagraphis.

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Avec « Notre Occitanie », Sicre et Di Rosa partent en croisade contre l’idée de « province » Comme le disait son mentor, le poète Occitan Félix Castan, c’est « aussi présent et invisible que l’air que nous respirons ». Le rapport Paris / province insupporte Claude Sicre. Associé au peintre Hervé Di Rosa, ils partent à l’assaut du "centralisme intellectuel et culturel".

Pour l’ex Fabulous Trobador, « il n’y a que dans la langue française qu’on trouve un terme pour désigner tout ce qui n’est pas la Capitale ». « Province » appelée aussi par Apollinaire le « continent oublié de la France ». Province qui étymologiquement signifie pour les auteurs, région vaincue, soumise, interdite de grande initiative. Difficile, en cette année électorale qui arrive, de ne pas voir dans cet ouvrage (soutenu par le Conseil Régional et préfacé par Carole Delga) un acte militant. Mais difficile aussi de donner tort à ses auteurs face à « cette machine à uniformiser » qu’ils dénoncent. La démonstration est sans appel.

« Relisez maintenant et vous allez voir ça partout ! En fait, ce qui me semble invraisemblable, c’est que cela n’ait jamais été vu. Car il n’y a rien que de très logique : l’axe central de la construction de la nation et de l’Etat français, et donc de toute la vie de cette nation et de cet Etat, c’est la centralisation ».

Hervé Di Rosa se veut le concepteur de « l’art modeste ». Il a d’ailleurs fondé en 2000 à Sète le MIAM (Musée International des Arts Modestes ». Une création « en alternance à l’arrogance culturelle » pour « revaloriser des cultures humbles et questionner les frontières de l’art contemporain ».

Claude Sicre de son côté s’est toujours voulu le défenseur d’une culture populaire. « Toutes les modes populaires viennent du populo » écrit-il en ce sens. Ce qu’il note en revanche, c’est qu’il y a toujours ensuite « des enfants des classes supérieures pour les récupérer, prendre la tête du mouvement depuis Paris et tout devient ennuyeux ». Pourquoi opposer savant et populaire ?

L’art ou la culture populaire ce sont aussi notre folklore, nos traditions, notre patrimoine, appelez-les comme vous voudrez. Par exemple pourquoi être allé s’enticher d’Halloween alors que « chaque région possède d’antiques coutumes pour la fête des morts ? »

« Eh bien non, nous ne sommes pas en Italie où le moindre village, et parfois les villes, ont conservé sans forcer des traditions culturelles locales d’une profondeur historique incroyable (jusqu’à la Grèce antique) ».

Exemple de cet art ou de ce patrimoine dit, à tort, « mineur » : la pétanque. Et Sicre de nous conter Bernard Champey. « Né à Romans, enfant d’une famille d’ouvriers dans la chaussure, champion du monde junior de longue (lyonnaise) à 15 ans, professionnel à 16 ans en Italie, trois fois champion du monde sénior, qui traîna un an aux USA à donner des leçons de pétanque aux italo-américains de Las Vegas (l’entourage de Sinatra) battant au Texas les champions du lancer de fer à cheval et ailleurs les champions de bowling dans leurs festivals, introducteur des jeux de boules en Chine où il passe trois mois par an depuis quarante ans reçu comme un prince… » Le héros du prochain livre de Claude Sicre ?

Aimer sa région ne veut pas dire ne plus en sortir

Les influences des deux auteurs de « Notre Occitanie » ne renient toutefois pas leurs références aux « illustrés », à la BD, au rock ou encore au graffiti. « L’occitanisme est venu chez nous après l’Américke des rêves et les USA des voyages comme aboutissement d’une recherche » écrit Claude Sicre. Retrouver des racines ou une identité n’est en rien se fermer à d’autres inspirations. Aimer sa région ne veut pas dire ne plus en sortir.

Mais la dichotomie Paris/province a la vie dure. « Ce qui est étonnant, c’est de s’apercevoir que plus les gens sont haut-placés, plus ils vivent intérieurement et mondainement dans ces fadaises » surenchérit Claude Sicre. « Toute une éducation à refaire. Qui ne peut partir que d’en-bas, du « provincial » dans tous les sens du terme » Le provincial « qu’il faut toujours rester au fond, pour ne jamais triompher et devenir une autorité sans partage ».

« Notre Occitanie » d’Hervé Di Rosa et Claude Sicre, éditions Anagraphis.

ZONE ROUGE , histoire d'une désinformation toxique

Laëtitia Moreau et Olivier Dubuquoy movie_1.jpg À Gardanne, les boues rouges issues de la transformation de la bauxite en alumine sont déversées par millions de tonnes en mer Méditerranée dans le canyon de Cassidaigne, par 320 mètres de fond,. Depuis plus de 50 ans les gouvernements, les scientifiques, les écologistes, les pêcheurs et les habitants s’opposent sur les conséquences de la toxicité de ces boues rouges et leurs nuisances sur l’environnement terrestre et maritime. Comment les boues rouges ont donné naissance au droit de l'environnement...

Année : 2016

Durée : 52 minutes

https://www.imagotv.fr/documentaires/zone-rouge-histoire-d-une-desinformation-toxique/film/1/film/1

JAURÈS, NAISSANCE D'UN GÉANT

Il y a une centaine d'années, le 22 avril 1905, naissait la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière), transformée depuis en Parti socialiste. Jean Jaurès, qui en fut un de ses fondateurs jusqu'à son assassinat, en 1914, demeure encore, un siècle plus tard, le dirigeant qui a le plus marqué le mouvement socialiste.

Pourtant, rien ne le prédestinait à devenir un mythe de la classe ouvrière. Né en 1859 à Castres (Tarn), dans une famille aisée, Jaurès partage sa vie entre Paris et le Tarn, où il préfère lire Homère en latin et traduire de l'allemand les textes de Karl Marx et de Hegel. Chroniqueur à La Dépêche, le quotidien radical du Sud-Ouest, et docteur en philosophie, il est connu d'un petit milieu de républicains modérés avec qui il a siégé un temps, en 1885, sur les bancs de l'Assemblée nationale. C'est à l'époque le plus jeune député de France.

TRIBUN HORS PAIR

En 1892, son destin bascule. Battu aux législatives de 1888, il se voit promettre par Jules Ferry un grand avenir national s'il se représente aux élections sous les couleurs républicaines. Jaurès refuse. Cette année-là, il préfère s'engager aux côtés des 2 000 mineurs et verriers de Carmaux, en grève contre les méthodes autoritaires du marquis de Solages, propriétaire de la mine et homme fort de la droite tarnaise.

En quelques semaines, Jaurès bascule dans le camp socialiste aux côtés des ouvriers. Tribun hors pair qui cherche à allier réforme et révolution, il se fait élire à la Chambre en 1893 comme député du Tarn. Il y retourne en tant qu'"élu des pauvres et des sans-grade" et devient l'incarnation du socialisme républicain, pacifiste et internationaliste. C'est cette année 1892 que le réalisateur Jean-Daniel Verhaeghe et le scénariste Jean-Michel Gaillard (ex-conseiller de François Mitterrand) racontent dans leur téléfilm Jaurès, naissance d'un géant, déjà diffusé en 2005 sur France 2 et produit par Jacques Kirsner, qui s'est notamment inspiré des travaux de l'historienne Madeleine Reberioux.

L'acteur Philippe Torreton prend son rôle à bras-le-corps et incarne un Jaurès très impressionnant. Le comédien a travaillé son rôle en profondeur, en lisant de nombreux ouvrages consacrés à l'homme. Jean-Daniel Verhaeghe a tenu à tourner dans les environs de Carmaux et a embauché de nombreux habitants de la région pour la figuration (Le Monde)

LE FILM

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https://www.imagotv.fr/documentaires/jaures-naissance-d-un-geant/film/1

Jean Jaurès, naissance d'un géant Jean-Daniel Verhaeghe Le 16 août 1892, à Carmaux, 2000 mineurs se révoltent parce que l'un des leurs, Jean-Baptiste Calvignac, élu maire de la ville, a été licencié de la Compagnie des Mines et plus précisément par le marquis de Solages. Jean Jaurès a 34 ans, il a été élu et puis battu. En quelques semaines durant cette grève, Jaurès joue son destin, il sera l'élu des pauvres. Un film de fiction qui relate l'histoire d'une grève qui fut historiquement à l'origine des engagements de Jaurès. Année : 2005 Durée : 91 minutes

Et si on se poussait un peu pour le Loup ?

-187740.jpg C’est pas tous les jours dimanche. Le grand naturaliste drômois Roger Mathieu vient d’écrire « Les loups de France », livre accessible gratuitement (1). Évidemment, il est excellent. Parmi les nombreuses questions abordées – dont celles sur les conditions de son retour en France ou la possibilité d’attaques sur l’homme -, plusieurs ont trait à la cohabitation. Un loup adulte a besoin de 20 sangliers par an. Qu’il trouvera sous quantité de formes, depuis la marmotte, le lièvre, le castor, le renard, jusqu’aux délicieux cuissots de brebis, ce qui fâche – on le comprend sans peine – les éleveurs. Même si, comme le rappelle un proverbe géorgien cité par Mathieu, « le mouton a toujours eu peur du loup, mais c’est le berger qui l’a mangé ».

Il y aurait autour de 500 loups en France, peut-être 600. L’État, quels que soient ses représentants, entend limiter leur nombre et d’empêcher toute installation à l’ouest du Rhône. Les protecteurs pensent en termes de biodiversité, d’habitats favorables et de limitation des dégâts sur les animaux domestiques.

Tout le livre de Mathieu est raisonnable, qui n’écarte pas même la possibilité de tirs sur des loups problématiques. Mais nos maîtres s’en foutent et accordent des dérogations à tire larigot qui permettent de buter « légalement » une espèce pourtant protégée. Encore un mot sur les innombrables anomalies du système d’indemnisation des attaques, ce mystère français qui intrigue tant nos voisins européens. Visiblement, le Loup est aussi un bon gagneur. (Extrait du blog PLANETE SANS VISA de

LES LOUPS DE FRANCE

un ouvrage de Roger Mathieu

L’accès à cette monographie est libre et gratuit ; la reproduction partielle est libre, à la condition de mentionner la source.

https://drive.google.com/file/d/1rQa_SIZt75ph2EMmuucd2qdM3MNWu1y8/view

Pour citer cette monographie : MATHIEU R. (2020) Les loups de France. FRAPNA Drôme nature environnement/FNE Auvergne Rhône-Alpes, 112 p. Édition numérique.

DÉDICACES

À ceux qui aiment et respectent la vie sauvage : naturalistes, militant(e)s, activistes ou simples citoyen(ne)s.

Aux éleveurs, éleveuses ; aux bergers et bergères (beaucoup plus nombreux qu’on ne le croit), qui effectuent, en silence, un difficile travail pour s’adapter à la présence du loup avec des résultats qui sont la plupart du temps au rendez-vous. Un travail d’autant plus méritant qu’il n’est pas reconnu par les pouvoirs publics et se mène sous la menace, à peine voilée, des principaux leaders agricoles qui rêvent d’une éradication des loups et considèrent que se protéger efficacement, c’est casser la stratégie des organisations professionnelles agricoles.

À tous les agents des services publics chargés du dossier loup qui espèrent le retour

de l’intelligence dans un dossier miné par les postures des organisations profession- nelles agricoles et les gesticulation politiques.

Aux rares élus de la République (élus locaux, parlementaires...) qui essaient de mettre un peu de raison dans un dossier qui en manque cruellement.

UNE FAROUCHE LIBERTE

Aujourd'hui , 25 novembre, c'est la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. J'ai placé cette journée sous le signe de la LIBERTE.

Vous trouverez dans ce post , plusieurs articles et videos:

Un long article sur Gisèle Halimi : Soixante dix ans de combats. Soixante dix ans de passion et d'engagement au service de la justice et de la cause des femmes.

Un autre sur: Hildegarde de Bingen une nonne au génie exceptionnel. Docteure, botaniste, musicienne, femme de pouvoir et visionnaire, qui a inspiré son époque et la nôtre.

Enfin , un hymne puissant à la liberté:

Nous sommes l’étincelle, de Vincent Villeminot,

le lauréat du Prix du livre d’écologie 2020. aux éditions PKJ

Rendons des hommages :

aux victimes qui ne sont plus là, qui nous rappellent qu'il nous faut continuer de lutter.

aux femmes qui se battent pour exister, pour s'exprimer, pour leurs libertés, notamment dans des pays où elles risquent d'être emprisonnées ou assassinées. Elles incarnent la Résistance

aux personnes qui accompagnent les victimes : professionnels de la santé, associations, services sociaux, familles, amis, connaissances... Ils aident les victimes à se relever.

aux femmes et aux hommes qui parlent des violences et des inégalités avec révolte, et n'excusent jamais le coupable. Ils évitent que cela ne tombe dans l'oubli ou l'indifférence

aux forces de police et gendarmerie qui écoutent les victimes, arrêtent les monstres et aux juges qui répriment leurs actes. Ils reconnaissent la victime comme victime et le coupable comme coupable.

aux hommes présents dans ce combat, aux pères qui élèvent leurs filles en leur donnant confiance en elles. Ils contribuent au rétablissement de l'équilibre.

Enfin « Hommage à nous, les femmes. Nous avons un rôle important à jouer pour aujourd'hui et pour demain. Nous ne sommes pas nées femmes pour rien. Alors devenons femme, respectons-nous et soyons fières d'être femme. » Linda Bortoletto

PS : Je poste aujourd'hui cet article Ce texte en hommage et à la mémoire de Gisèle Halimi décédée le 28 juillet 2020 à 93 ans


En vous invitant à lire son dernier ouvrage : UNE FAROUCHE LIBERTE, publié par l'édition Grasset

Soixante dix ans de combats. Soixante dix ans de passion et d'engagement au service de la justice et de la cause des femmes. Et toujours la volonté de transmettre aux nouvelles générations le flambeau de la révolte. Parce que l' égalité entre hommes et femmes est loin d'être acquise. Et parce que naître femme reste une malédiction dans la plupart du monde

Avec son amie Annick Cojean, l'avocate la plus célèbre de France revient sur les épisodes marquants de son parcours rebelle . Son enfance en Tunisie dans une famille juive modeste ; son refus d' bun destin assigné par son genre et son rêve ardent de devenir avocate ; sa défense indéfectible des militants des indépendances tunisienne et algérienne ; son association , « Choisir la cause des femmes » ; et bien sûr ses grands combats pour l, avortement, la répression du viol, la parité

Ce livre UNE FAROUCHE LIBERTE , ne s'adresse pas simplement aux femmes éprises de liberté , mais aussi aux hommes et surtout à tous les adolescents de la nouvelle génération :voici quelques paroles d'elle retranscrites dans ce livre , les dernières pages de sa vie

Extraits

« N'ayez pas peur de vous dire féministes. C'est un mot magnifique, vous savez. C'est un combat valeureux qui n'a jamais versé de sang. Une philosophie qui réinvente des rapports hommes-femmes enfin fondés sur la liberté. Un idéal qui permet d'entrevoir un monde apaisé où les destins des individus ne seraient pas assignés par leur genre ; et où la libération des femmes signifieraient aussi celle des hommes ; désormais soulagés des diktats de la virilité. Quand on y songe, quel fardeau sur leurs épaules ! »

« Les féministes de ma génération, se sont vaillamment battues Nous avons arraché une à une des réformes qui profitent à toute la société française : loi sur la contraception , l'avortement, le divorce, reconnaissance du harcèlement sexuel comme un délit de viol comme un crime, mesures en faveur de la parité politique et de l'égalité professionnelle », dit -elle « mais il faut une relève à qui tendre le flambeau … car les droits des femmes sont toujours en danger … soyez dans la conquête ! »

NE VOUS RESIGNEZ JAMAIS

"Ne vous résignez jamais", assurait Gisèle Halimi en mars 2009 à TV5MONDE : "Pour les femmes, il y a une précarité et une fragilité particulières de leurs acquis".

https://www.youtube.com/watch?v=4t_Yf97IwQc

En cette journée je vous invite à partager d'autres videos

Et découvrir peut-être:

Hildegarde de Bingen, guérisseuse visionnaire###, publiée aujourd'hui par France Culure

300x169_enluminure-representant-deux-amants-la-position-assise-signifie-legalite.jpg Hildegarde de Bingen est une nonne au génie exceptionnel. Docteure, botaniste, musicienne, femme de pouvoir et visionnaire, voici comment elle a inspiré son époque et la nôtre.

On lui attribue deux ouvrages naturalistes :

Physica, dans lequel elle répertorie animaux et plantes en indiquant leurs pouvoirs thérapeutiques

Causae et curae, un livre contre les maux physiques et psychiques, synthèse entre les remèdes populaires et les théories savantes de la Grèce antique comme la théorie de l'équilibre des humeurs dans le sang.

Pour elle, la médecine doit soigner l’âme et le corps.

"C’est une médecine de prévention avant tout, elle va jouer sur l’alimentation et c’est là-dessus qu’on a récupéré les bases de toute la naturopathie actuelle. Donc on soigne avec l’alimentation, avec les plantes, avec les épices. C’est, aujourd’hui, l’héritage que nous avons d’elle"*. Audrey Fella, historienne spécialisée dans le fait religieux

Un de ses aliments fétiches est l'épeautre car selon elle, "il fournit un sang de qualité" et "met de l'allégresse dans l'esprit de l'homme". Elle accorde même des pouvoirs thérapeutiques à la musique.

La musique, symphonie de l'âme

"Pour Hildegarde, l'âme est une symphonie, la musique reliée aux anges et au ciel, peut guérir l’âme. Bien évidemment, il ne s’agit pas de n’importe quelle musique, il va y avoir des notes qui vont rétablir l’équilibre de l’âme et si vous atteignez l’âme, vous pouvez rétablir le corps pour elle". Audrey Fella, historienne spécialisée dans le fait religieux

Hildegarde de Bingen compose au moins 70 chants destinés aux offices, ainsi qu'un drame liturgique. Mélange d’inspiration grégorienne et populaire, son œuvre continue à être jouée.

Ses prouesses ne s’arrêtent pas là. Hildegarde de Bingen invente une langue qui lui est propre et qui lui aurait été transmise dans une vision. On ne sait pas exactement comment elle utilisait ce langage dont il reste un glossaire composé de 1 011 mots.

À 43 ans, une vision l’exhorte à consigner ce qu’elle voit. Elle fait alors écrire et illustrer ses prémonitions. L’une d’elle conservée dans une bibliothèque italienne, représente l’Homme au centre de la création et de l’univers et pourrait avoir inspiré L’Homme de Vitruve de Léonard de Vinci, car l’œuvre d’Hildegarde a été largement diffusée.

"Très vite elle considérée comme une femme d’action. Elle ne reste pas passive, au contraire elle va fonder le monastère de Rupertsberg à Bingen, elle va prêcher, et veut vraiment faire partager ce qu’elle a reçu". Marie-Anne Vannier, théologienne

Une icône spirituelle

Femme de pouvoir, elle entretient des correspondances avec les plus grands de son temps : archevêques, papes, rois, empereurs. Elle est une icône spirituelle pour ses contemporains et on lui attribue plusieurs miracles.

Pourtant très populaire, on lui refuse une canonisation car elle a permis l’enterrement d’un jeune homme ayant commis un crime dans son monastère. Elle s’attire alors l’opprobre du clergé et son abbaye est frappée d’interdit pendant plusieurs années.

Dans les années 1980 en Allemagne, un regain d'intérêt pour le personnage fait apparaître son nom sur des recettes, des tisanes, des remèdes... En 2012 l’Église la reconnaît comme sainte.

https://www.franceculture.fr/histoire/hildegarde-de-bingen-guerisseuse-visionnaire?fbclid=IwAR1c8LZB0yGxeXSZJ7Sn45m-Eq5mh8T5WC1GXwvb7v26izvBoyz8cE1Hthc

Hildegarde de Bingen, l'invention de la "création au féminin"

La figure d'Hildegarde de Bingen permet de s’interroger sur la possibilité d’une "création au féminin" au XIIe siècle, dans le domaine de la musique et de la médecine en particulier. On lui reconnaissait le "don d’intellection", autrement dit l’inspiration divine. Bénéficiant de la protection du pape et du concile, elle a bénéficié d’une audience internationale, qu'elle continue à avoir aujourd’hui. Même si son oeuvre s'est faite sous la forme d'une "révélation", elle a écrit en pleine conscience et non dans l’ "extase". Hildegarde de Bingen incarne un XIIe siècle libre, bouillonnant et créatif…

https://www.franceculture.fr/conferences/institut-francais-de-la-mode/hildegarde-de-bingen-linvention-de-la-creation-au-feminin

Une conférence enregistrée en 2015.

Laurence Moulinier-Brogi, professeur à l’université Lumière Lyon 2, sa thèse a porté sur l’œuvre scientifique de Hildegarde de Bingen, dont elle a traduit les poésies.

À retrouver dans l'émission Les Racines du ciel par Frédéric Lenoir et Leili Anvar

Hildegarde de Bingen, l'insoumise

Moniale du XIIe siècle, Hildegarde de Bingen a marqué son époque. Ce ne sont pas seulement ses écrits, sa légende, sa connaissance scientifique ou botanique, qui ont fait connaitre l'abbesse, mais bien l'insoumission radicale où elle se tient.

Désormais connue et reconnue, Hildegarde se révèle être une femme résolument moderne. Visionnaire, elle transmet son dialogue avec Dieu dans trois de ses ouvrages. Écrivain prolixe, elle laisse une riche correspondance témoignant de la situation politique et religieuse de son époque. Poétesse et musicienne d'exception, elle invente une langue et écrit de nombreuses partitions reprises par des ensembles musicaux de notre époque. Illustratrice de talent, elle enrichit ses textes d'enluminures, très prisées aujourd'hui. Hildegarde s'attache à donner les règles d'un véritable art de vivre, soucieuse de l'équilibre du corps, de l'esprit et de l'âme, du respect de l'environnement, de la nourriture. Ses observations sur les plantes, les pierres sont étudiées dans des centres culturels qui lui sont consacrés.

https://www.franceculture.fr/emissions/les-racines-du-ciel/hildegarde-de-bingen-avec-lorette-nobecourt

zt enfin encore un livre pour les ados . C'est bientôt NOEL !

Un hymne puissant à la liberté

« Nous sommes l’étincelle », de Vincent Villeminot, est un récit d’anticipation, utopie et dystopie tout à la fois, saga qui court sur près d’un demi-siècle et trois générations. Il est le lauréat du Prix du livre d’écologie 2020.

Que font Dan et Montana, deux ados d’une quinzaine d’années, et leur petite sœur Judith, seuls, au cœur d’une immense forêt ? Quel danger terrifiant les attend ? Et surtout pourquoi en sont-ils arrivés à vivre dans ces bois sauvages, en marge de la société ? Ce sont les questions que l’on se pose en débutant la lecture de ce livre poignant, qui ne peut laisser indifférent.

En 2025, quelques milliers d’individus décident de se détacher de la société et d’aller vivre au sein de la nature, opérant ainsi une révolution douce, une dissidence sans violence, cherchant avant tout un sens à leur vie et un souffle nouveau, rejetant une civilisation asservie par les nouvelles technologies et un gouvernement en qui ils ne se reconnaissent plus. Mais leur rêve, leur utopie, tiendra-t-il face à la barbarie humaine et face à tous ceux que l’incompréhension rend aveugles et violents ?

Un hymne puissant à la liberté, une ode bouleversante à la nature et une interrogation salutaire sur le fonctionnement de notre société, mis en valeur par une écriture ciselée, économe en mots, qui va droit au but, droit à l’émotion.

Nous sommes l’étincelle, de Vincent Villeminot, éditions Pocket junior, avril 2019, 510 p., 18,90 €.

Le temps des consciences

Je vous invite à partager -pour vos futures soirées - cette réflexion sur la pandémie et au-delà sur la Nature, l'Humain et la société. C'est un entretien exceptionnel réalisé ces jours derniers à Montpellier entre Edgard MORIN et Pierre RABHI...

pour Croire et Espérer , en des jours meilleurs

L'Histoire secrète des paysages

En compagnie de scientifiques et de guides locaux, une plongée en trois volets dans l’histoire tumultueuse des paysages Cette série en trois épisodes remonte le fil des grands événements géologiques, climatiques ou volcaniques qui ont sculpté les décors naturels les plus fascinants du globe.

La baie d'Halong

https://www.arte.tv/fr/videos/086096-002-A/l-histoire-secrete-des-paysages/ Première étape : la baie d'Halong, située dans le golfe du Tonkin, entre le Viêtnam et la Chine.  Parsemé de plus de mille cinq cents îles, dont la légende raconte qu'elles seraient des perles créées par un dragon, le site, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, forme le plus grand karst marin de la planète. Des habitants et des scientifiques nous dévoilent les secrets et les richesses de cet archipel minéral hors du commun. 

Les tsingy de Madagascar

https://www.arte.tv/fr/videos/086096-001-A/l-histoire-secrete-des-paysages/ Deuxième étape :Les : les "tsingy" de Madagascar, une forêt d’arêtes tranchantes, de profonds ravins et des milliers de kilomètres de galeries souterraines.  Comment cette cathédrale minérale a-t-elle vu le jour ? Des scientifiques et des Antankarana ("ceux qui peuplent les tsingy") nous révèlent l’histoire secrète du site, qui abrite une biodiversité d’une richesse incomparable. 

Les cénotes du Mexique

https://www.arte.tv/fr/videos/086096-003-A/l-histoire-secrete-des-paysages/ Troisième étape : Les cénotes du MexiqueVénérés par les Maya qui y voyaient la porte d’entrée vers le monde des morts, ces galeries, des cavités creusées dans la roche calcaire et plus ou moins inondées, sont nommées "cénotes". Officiellement 2 000 classées au patrimoine mondial de l’Unesco, dans la péninsule du Yucatan, elles seraient en réalité plus de 10 000, camouflées dans la jungle... Quelle succession de hasards géologiques a donné naissance à ces milliers de puits cachés ?

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Nucléaire : un siècle de désastre sanitaire


Nourri par la parole de victimes et par l’éclairage d’experts, « Notre ami l’atome » est un panorama, poignant et documenté, de la série des contaminations qui ont émaillé un siècle de radioactivité dans le monde.

Depuis la découverte du radium et de son rayonnement à l’aube du XXe siècle par le couple Curie et Henri Becquerel, les risques liés à l’atome ont été systématiquement minimisés et les contaminations qu’il a générées, occultées. Aujourd’hui, les victimes de Fukushima sont engagées dans des procès contre Tepco, la compagnie qui exploitait la centrale. Parmi les plaignants figurent aussi des soldats américains du porte-avions Ronald-Reagan, exposés au nuage radioactif, alors qu’ils viennent, au lendemain de la catastrophe, en 2011, porter secours aux victimes du tsunami. Alertés, leurs officiers restent confinés et prennent de l’iode pour se prémunir des radiations, sans informer ni protéger leurs hommes. Secret militaire ou industriel, désinformation, dissimulation… : l’histoire de l’atome est dominée par la manipulation, favorisée par l’invisibilité de la radioactivité. Dès les années 1920, les radium girls, des ouvrières américaines qui fabriquent des montres au radium, sont contaminées en affinant avec les lèvres le pinceau qu’elles utilisent. Deux décennies plus tard, après l’horreur d’Hiroshima et de Nagasaki, lors des essais nucléaires américains à Bikini, vétérans et pêcheurs nippons sont irradiés, quand le contexte de la guerre froide bâillonne toute protestation à grand renfort de propagande appuyée par les studios Disney. En 1986, l’URSS utilisera des méthodes analogues pour taire les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl.

En cinq chapitres formidablement documentés et au fil de poignants récits de victimes, Kenichi Watanabe (Le monde après Fukushima, Terres nucléaires – Une histoire du plutonium) retrace un siècle de désastre sanitaire, en dénonçant le silence et les mensonges d’État qui l’entourent. Introduite par un éleveur qui, en guise de protestation, s’obstine à nourrir ses vaches contaminées, et donc impropres à la consommation, dans la zone interdite de Fukushima, et éclairée par une radiologue japonaise qui détaille les effets de la radioactivité sur le corps, Cette investigation glaçante recense aussi les mouvements de résistance qui ont émaillé cette histoire. Au travers d’épisodes peu connus, un film manifeste, à l’heure où les autorités japonaises prévoient de rejeter à la mer en 2022 le million de tonnes d’eau contaminée qui a servi à refroidir les réacteurs de Fukushima...

Notre ami l’atome —Un siècle de radioactivité, réalisé par Kenichi Watanabe, France, 2020, disponible du jusqu’à juillet 2022.

https://www.arte.tv/fr/videos/087958-000-A/notre-ami-l-atome/

 Notre ami l’atome, un siècle de radioactivité », raison d’Etat et omerta

Ce formidable documentaire s’intéresse aux contaminations dues à la radioactivité. Où la raison d’Etat passe - presque toujours - avant le droit à l’information et la santé des citoyens.##

Peut-être avez-vous déjà entendu dire que le tsunami avait fait d’innombrables morts à Fukushima, mais la radioactivité, aucun ? Ce documentaire démontre le contraire de manière frappante : le 15 mars 2011, le nuage radioactif échappé de la centrale japonaise a contaminé la capitale du pays, Tokyo. Combien de malades aujourd’hui ? Combien demain ? On ne le sait pas exactement. Mais il est certain que 5 000 soldats américains, postés au large du Pacifique sur le porte-avions « Ronald-Reagan », ont humé le panache toxique alors que leurs supérieurs avaient, eux, ingéré de l’iode protecteur. Depuis, des centaines d’entre eux, irradiés, ont porté plainte, d’autres sont déjà morts. Mais, du côté de l’Etat japonais comme de l’armée américaine, c’est toujours l’omerta. Opacité, litote, mensonge

« Pourquoi on fait ça aux gens ? », demande un militaire. Parce que, à Fukushima comme partout ailleurs, le nucléaire n’est pas une solution parmi d’autres. Sa complexité et sa haute dangerosité en font un « système », c’est le sujet de « Notre ami l’atome ». Peu ou prou, il s’appuie partout sur les mêmes piliers, détaillés dans le film : « La rétention d’information ou la dissimulation, la passivité ou la servilité des instances de régulation, l’ignorance ou l’incompétence des autorités. »

Même dans nos démocraties avancées, l’atome reste un espace où, pour ne pas affoler les populations, on s’autorise l’opacité, la litote, voire le mensonge. Et où la raison d’Etat passe presque toujours avant le droit à l’information et la santé des citoyens. Pas seulement à Tchernobyl ou à Fukushima, mais aussi - c’est ce que montre ce formidable documentaire - parmi les irradiés de Bikini (des milliers d’habitants du Pacifique ont subi les essais nucléaires américains en 1954) ou au sein des radium girls (ces ouvrières américaines irradiées par de la peinture au radium dans les années 1920). Car on ne fait pas d’omelette nucléaire sans casser des œufs.

Soignants, blouses blanches, bravo à nos héros ! Ça, c’était hier. Aujourd’hui, voilà une infirmière par terre, blessée, menottée, en garde à vue.

…. parce qu'elle a jeté deux cailloux et levé deux majeurs sur les policiers

« Cette femme, c'est ma mère. 50 ans, infirmière, elle a bossé pendant 3 mois entre 12 et 14 heures par jour. A eu le covid. Aujourd'hui, elle manifestait pour qu'on revalorise son salaire, qu'on reconnaisse son travail. Elle est asthmatique. Elle avait sa blouse. Elle fait 1m55. » écrit Imen Mellazn, sa fille ,journaliste

L'équipe de Là-bas si j'y suis a rencontré Earida . Retrouvez ce témoignage bouleversant

Le souffle, la vie, la mort...

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La chrnique de CHRISTOPHE ANDRE (10 juin 2020)

Lorsqu’ils viennent au monde, les nouveau-nés entament leur vie par une grande inspiration. Et lorsque vient le moment de quitter l’existence, les humains rendent leur dernier souffle par une ultime expiration ; dans de nombreuses langues, le terme « expirer » est un équivalent de « mourir ». Voilà pourquoi, depuis toujours, le souffle est associé à la vie.

Il est aussi au cœur du dialogue harmonieux entre le corps et l’esprit. Car il suffit de prendre tranquillement conscience de son souffle, d’arrêter de se disperser pour se sentir respirer, de suivre chacun de ses mouvements, chaque inspiration, chaque expiration, pour s’apaiser peu à peu. Suivre le souffle, c’est la base de toutes les méthodes de relaxation.

Mais cela peut aller encore plus loin : se rendre présent à son souffle, poser et maintenir son attention sur lui, observer comment il est associé à la vie de nos pensées et de nos émotions, c’est la base de toutes les approches méditatives, qui nous enseignent que le souffle nous apporte non seulement l’apaisement mais aussi le discernement.

Le poète persan Omar Khayyam le rappelait ainsi : « Entre la foi et l’incrédulité, un souffle, Entre la certitude et le doute, un souffle, Sois joyeux dans ce souffle où tu vis, Car toute ta vie est là, dans ce souffle qui passe. »

Le souffle est toujours là, toujours à nos côtés, pour enrichir et approfondir les moments forts de notre vie : nous aider à mieux traverser nos douleurs, et à mieux savourer nos bonheurs. Le souffle est un phénomène simple et humble ; mais sans lui, pas de vie. C’est peut-être pour cela que je suis ému par le son modeste de l’accordéon, l’instrument le plus proche de la respiration humaine, qui s’ouvre et se ferme, doucement, comme un poumon chantant...

Il y a le bonheur et les bienfaits du souffle, et il y a aussi ses drames.

« Je ne peux plus respirer... » Les parents qui ont eu un enfant souffrant de crises d’asthme savent parfaitement à quoi ressemble l’angoisse de ne plus pouvoir respirer, et ce qu’est l’effroi de voir un humain s’étouffer.

« Je ne peux plus respirer... » La récente, et encore présente, épidémie de coronavirus a fait basculer de nombreuses personnes malades dans une détresse respiratoire parfois mortelle et toujours éprouvante, dont les survivants gardent longtemps le souvenir traumatique.

« Je ne peux plus respirer... » Ces mots sont désormais associés au meurtre de George Floyd, mort asphyxié sous le genou d’un policier américain.

Captées par plusieurs vidéos amateurs, ses supplications répétées – « je ne peux plus respirer, s’il vous plaît, ne me tuez pas, je ne peux plus respirer... » - ont suscité une émotion universelle. Émotion d’être témoin impuissant sz l’assassinat d’un être humain. Émotion de constater le calme et l’indifférence de ses assassins. Émotion de s’imaginer, soi-même, en train d’asphyxier, la gorge écrasée au sol sous le genou d’un psychopathe.

Immense tristesse, immense effroi, immense colère. Immense besoin de réagir, avec l’énergie violente de nos émotions. Et puis d’agir, avec l’énergie calme de nos idéaux.

Se rappeler alors le mouvement du souffle, l’inspiration et l’expiration.

L’indignation, la lutte pour la justice d’un côté ; l’obstination pour la fraternité de l’autre. S’ils sont dissociés, aucun de ces deux mouvements n’aboutira. Mais s’ils sont conjugués, ils pourront tout changer.

Allez, on respire, tous ensemble, un grand coup. Et on se met au boulot. Faire reculer et disparaître le racisme, faire avancer et triompher la fraternité, le travail ne va pas manquer...

Illustration : bouts de vie qui s'envolent...

PS : cet article est inspiré de ma chronique du 9 juin 2020, dans l'émission Grand Bien Vous Fasse, d'Ali Rebeihi, sur France Inter.

https://www.franceinter.fr/emissions/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-09-juin-2020

LES CAILLOUX CONFINES

Souvent dans les randos on me demande ou je donne quelques explications géologiques au grès des paysages et des roches observés.

Pendant cette période de confinement, au hasard des pages consultées sur internet je suis tombé sur un site nommé LES CAILLOUX CONFINES qui forcément à attiré mon attention.

Depuis quelques semaines un collectif de géologues se relaie chaque jour pour proposer trois à quatre minutes de géologie grand public sur une chaîne Youtube qui s’appelle "Les cailloux confinés", et parmi eux j'ai découvert Damien Jaudard à ma grande surprise il est venu à Graissessac et Bédarieux récolter du charbon et de la bauxite . Il nous en parle :

La bauxite de BEDARIEUX https://www.youtube.com/watch?v=O1_nv4OoEkk&list=PLdurZTJBaKbr4ZOyXqNcmlv2qpM7aIrXE&index=22

Une argilite à fossiles de Pecopteris de GRAISSESSAC https://www.youtube.com/watch?v=rtcfDzmwzL8&t=71s

Un charbon de GRAISSESSAC https://www.youtube.com/watch?v=lQ4yuioF-kU&t=6s

Les cailloux confinés est un site actif depuis le 5 avril « Nous sommes confinés à la maison, et nous avons tous des cailloux que nous gardons chez nous, pour leur intérêt géologique, esthétique. Pendant ce confinement, nous allons essayer de vous partager un peu nos collections en vous faisant découvrir leur histoire et ce pour quoi nous les avons collectés. »

Damien Jaujard est géologue à l'Institut de Physique du Globe , auteur d'un ouvrage GEOLOGIE aux éditions Maloine

Hommage à Greame Allwright

larzac-Graeme-Allwright-2012-696x464.jpg L’Association pour l’aménagement du Larzac (l’APAL) a souhaité réagir au décès de Graeme Allwright, sensibilisé à la lutte des années 1970 à 1981, il était devenu militant de la cause à laquelle il avait apporté son soutien à plusieurs reprises.

En juillet 1973, lors du chantier de la bergerie de La Blaquière, installé pour quelques jours dans le hameau des Marres, il s’investit aux côtés des militants où il grave même sa pierre ! Le 28 juillet, le chanteur participe au concert de soutien pour la bergerie. Le 26 août, lors du premier grand rassemblement, sur la scène du Rajal del Guorp, il est présent parmi les nombreux artistes, dont Colette Magny, venus animer le concert devant une foule de soixante mille personnes !

Il raconte : « Les grandes fêtes de soutien aux paysans du Larzac, en 1973 et 1974, m’ont donné l’occasion de vivre des moments extraordinaires sur scène. On était là, bien sûr, pour d’autres raisons plus politiques, mais je me souviens qu’il y avait tout un programme, avec beaucoup d’artistes qui se succédaient sur la scène.

Si bien que pour ma part, j’ai dû attendre mon tour toute la nuit. Et quand ça a été à moi de chanter, ça a été très émouvant, car je m’avançais sur scène et, devant moi, au loin, derrière les arbres, il y avait le soleil qui se levait ! Et du coup, il y avait des quantités de spectateurs qui se trouvaient là, sous le soleil levant.

Les gens sortaient de leurs sacs de couchage. C’est inoubliable, ça ! Une vision impressionnante. Un moment fort » !

(Jacques Vassal, Greame Allwright par lui-même, Éditions du Cherche Midi, 2018, 293 p.)

Membre du comité de soutien de René Dumont, il vient encore sur le plateau le 28 avril 1974, pour l’accompagner dans sa campagne électorale présidentielle. Le soir, à Jassenove, il improvise un concert devant les paysans et les militants Larzac rassemblés.

Dix ans plus tard, les 6 et 7 août 1983, un nouveau rassemblement pour « le Gel Nucléaire » de vingt mille personnes a lieu sur les terres du Rajal del Guorp, où Graeme Alwright et Miguel Angel Estrella figurent parmi d’autres artistes. En 2007, il se produit également lors du dernier meeting de campagne électorale de José Bové.

En novembre 2011 à Paris, il assiste à la sortie du film « Tous au Larzac » de Christian Rouaud.

Le Larzac avait marqué l’artiste ! Des liens s’étaient créés, ils se sont toujours maintenus… Aujourd’hui, le Larzac lui rend hommage !

L’APAL « Association pour l’Aménagement du Larzac. »

La Lutte du Larzac a été un mouvement de désobéissance civile non-violente contre l'extension d'un camp militaire sur le causse du Larzac qui dura une décennie, de 1971 à 1981, et qui se solda par une victoire quand le président fraîchement élu François Mitterrand décida d'abandonner le projet.

Oh oh, Valéry Alors comme ça tu as choisi Tu as choisi les fusils et pas les brebis Tu as choisi la mort Je suis vraiment très déçu Je te croyais plus fort Et tu sais mon vieux Moi aussi j'aime le roquefort

Oh, oh, Valéry Tu me fais de la peine et à mes amis C'est peut-être un geste symbolique Des canons et pas du beurre La conclusion est très logique C'est pourquoi j'ai peur Pour valoriser le travail manuel Oh, donne-nous l'exemple Ne chasse pas ces pauvre travailleurs Qui ont bâti le temple

Oh oh, Valéry Vraiment as-tu choisi Tu parles de paix tu tends la main Et pour rassurer l'adversaire Tu déploies ta panoplie d'armes nucléaire Tes paroles sont belles quand tu parles de l'avenir Si aisément Mais dis-moi, est-ce qu'on peut sourire armé jusqu'aux dents

Dis-moi, Valéry Où s'arrête ta démagogie Tu es vraiment très habile Tu sais si bien séduire Et quand tu emmêles les fils Ça nous fait frémir Je ne trouve qu'un seul mot pour ça Qui me vient à l'esprit Pardonne-moi de te le dire Mais c'est l'hypocrisie

Oh, oh Valéry As-tu vraiment compris A singer that I know very well Said to you one day He said "it's the singers and the poets who...... light the way" Et comme dit Dali la politique N'est que le coté misérable de l'histoire Et je le crois tu sais

Valériane, Mets quelque chose dans sa tisane Pour que le matin au réveil Ses idées soient plus claires Je t'en prie trouve le breuvage Doux-amer Dis-lui que son geste peut être lourd De conséquences Qu'il faudrait bien commencer un jour Par chasser la méfiance

Oh, oh Valéry Puisque tu as choisi Ecoute encore une dernière fois Les oiseaux du plateau Peut-être leur petit chant aigu Te parait idiot Mais tu sais les animaux sont aussi nos amis Et que ces petites bêtes N'aiment pas tellement le bruit

Je n'aurais jamais pu tu sais Te chanter cette chanson Si je n'avais pas beaucoup de respect Pour les joueurs d'accordéon .

https://www.dailymotion.com/video/xbgpyi

Claude Marti , l'instituteur , chanteur occitan

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Le film " Claude Marti , l'instituteur , chanteur occitan et les Comités d'action viticoles " vient de sortir . Film d' 1h 10 signé du réalisateur T.V Jean-Pierre Baro.

Ce film est la réalisation d'un vieux rêve : montrer la construction de cet homme exceptionnel. Parler avec l'instituteur qui pratiquait la méthode Freinet avec beaucoup de passion. Évoquer son parcours de chanteur occitan et son engagement au sein des comités d'action viticoles, (CAV). Rencontrer des militants qui ont partagé ses combats : Jean Huillet, ancien leader du CAV de l'Hérault et Jean-Pierre Laval responsable de "Volem viure al païs. Des paroles fortes et authentiques : un grand merci à eux !

Avec le soutien OCCITANIE PAIS NOSTRE .

En ligne sur le blog : pais-nostre.eu

https://www.youtube.com/watch?v=0avvhubxCoE

VIDÉO - Joan de Nadau chante avec l'école de musique de Lescar

L'école de musique de Lescar a publié une vidéo dans laquelle plus de 80 élèves et professeurs reprennent l'hymne béarnais,Si Canti. Mais le directeur a fait une surprise aux élèves, qui ont découvert la participation de Joan, du groupe Nadau.

Plus de 80 élèves et professeurs ont participé.

https://www.youtube.com/watch?time_continue=26&v=LWbL9ZjE8yo&feature=emb_logo

Du plus jeune au plus âgé, la vidéo rassemble des musiciens amateurs et professionnels de tous niveaux. Chacun chez soi, évidemment, puisque l'école de musique de Lescar ne rouvre pas en ce début de déconfinement. Les plus de 80 élèves et professeurs ont donc joué et chanté Si Canti, l'hymne béarnais. "Nous avons proposé à Joan de Nadau de participer, raconte le directeur, Christophe Sanchez. Il a été l'un des premiers à envoyer sa vidéo !" Le chanteur emblématique du groupe béarnais s'est donc prêté au jeu avec plaisir.

  • Joan de Nadau, c'était la cerise sur le gâteau *!
    — Christophe Sanchez, le directeur

    Quand est arrivé Nadau, j'ai préféré ne rien dire. Je voulais que les élèves aient une petite émotion supplémentaire. Je crois qu'elle est là.
    — Christophe Sanchez, le directeur

Une émission de Pierre Dumayet (1974, ORTF)

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LA PESTE A BOULEVERSÉ L’HISTOIRE, COMME TOUTES LES ÉPIDÉMIES

Regardez dans votre mémoire historique. Vous voyez la guerre, la lutte, la conquête, le crime, l’invention, la catastrophe, mais vous ne voyez ni la peste, ni le choléra, ni la grippe espagnole. Pourtant, les grandes épidémies mènent le monde et le bouleversent en profondeur.

En 1974, à l’ORTF, l’excellent Pierre Dumayet consacrait son émission « Histoire des gens » à la peste, dont plusieurs épidémies ont marqué l’histoire de l’Europe :

  • la peste de Justinien à la fin du VIe siècle
  • la peste noire, qui tua au moins un quart de la population européenne au XIVe siècle
  • l’épidémie de peste qui toucha Marseille en 1720.

Avec l’historien médiéviste Jacques Le Goff, le docteur Jean-Noël Biraben et le professeur Mollaret de l’institut Pasteur, Pierre Dumayet revient sur l’histoire de la peste, la façon dont la maladie était perçue à ces différentes époques, ses prétendues explications, la fabrique du bouc émissaire et son impact sur la société.

Une émission diffusée par l’ORTF le 26 octobre 1974, redécouverte par l’Institut national de l’audiovisuel.

journaliste : Pierre Dumayet réalisation : Jean Cazenave

https://www.youtube.com/watch?v=x7EmrIyylSA

NUESTROS OSOS

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L'ONG espagnole, la Fundacion Oso Pardo (Fondation Ours brun), membre de la gestion transfrontalière de la population de l'ours, composée d'équipes de France, d'Andorre, du Val d'Aran, de Navarre, d'Aragon et de Catalogne vient de publier le recensement sur la population des ours dans les Pyrénées.


Les chiffres n'ont toujours pas été publiés par l'administration française. Le recensement 2019 des ours dans les Pyrénées est pourtant désormais connu depuis le 21 avril, tout au moins en Espagne ! 

En attendant l'autorisation de diffuser la synthèse du suivi ours 2019 par l'Administration française, nous en sommes réduits à relayer l'info publiée par nos collègues espagnols .

En 2019, au moins 52 ours ont été identifiés sur l'ensemble du massif pyrénéen, soit trois de plus que l'année précédente. Encore bien loin des chiffres du début du XXe siècle


En 1900, on estimait à 200 la population d' ours dans le massif, on n'en comptait plus que 78 en 1950, 36 en 1972, 15 en 1982 et il n'en restait plus que 5 en 1995!

Selon la Fundacion Oso Pardo, parmi ces 52 spécimens, 4 femelles ont été identifiées avec 8 petits nés dans l'année et 4 individus sont présumés morts.

L'aggrandissement du territoire


Chaque année, un recensement provisoire des spécimens, appelé Minimum Cash Detected (EMD), est effectué sur la base d'observations, d'empreintes digitales, de photos et d'analyses génétiques.

Cette étude a également permis de constater l'agrandissement du territoire des ours. Selon la Fundacion Oso Pardo : La superficie totale de présence de l'ours dans les Pyrénées est d'environ 10 400 km2, 3 000 km2 de plus qu'en 2018 et 5 400 km2 de plus qu'en 2017. L'ours Goiat est largement responsable de cette forte augmentation avec de grands mouvements vers le sud entre la Catalogne et Aragon pendant la période du rut.

Ces données sont révélées dans un contexte où l'ours Cachou a été retrouvé mort le 9 avril dernier sur le territoire de Les, une commune frontalière dans la province de Lleida en Catalogne espagnole. De nombreuses interrogations pèsent sur les causes de ce décès. 

Des doutes sur la mort de Cachou


Les premières conclusions de l'autopsie réalisée à l'Université autonome de Barcelone (UAB) laissent entrevoir l'hypothèse d'une lutte avec un autre ours mâle suivie d'une chute de 40 mètres, pour expliquer la mort de Cachou, un mâle de 6 ans considéré comme l'un des individus les plus agressifs parmi les ours réintroduits dans les Pyrénées.

Plusieurs éléments laissent penser aux associations associations environnementales catalanes que la mort de Cachou pourrait avoir d'autres causes. Dans une interview accordée à Catalunya radio, Joan Vázquez, le porte-parole de l'association Ipcena, met l'accent sur l'expression de la gueule de l'ours Cachou lorsqu'il a été retrouvé mort : "j'ai parlé à des vétérinaires et des biologistes qui m'ont affirmé que cette sorte de sourire sardonique que l'on note sur Cachou est significatif des animaux morts par empoisonnement. Les muscles se crispent, se rétractent vers le haut et laissent apparaître les incisives". Sans être la cause directe de sa mort, ce poison aurait-il affaibli Cachou ? Sa chute aurait-elle été provoquée par cet état de faiblesse ?

Avec 52 spécimens, les ours sont déjà trop nombreux pour beaucoup d'éleveurs dont les troupeaux sont l'objet d'attaques depuis plusieurs mois.

NUESTOS OSOS

https://www.youtube.com/watch?v=BE5B-aSCzOs

Un documentaire de l' ONG espagnole la Fundacion Oso Pardo guia-de-los-osos.jpg

AURELIEN BARRAU : "Comment habiter maintenant la Terre ?"

il est astro-physicien,spécialiste des trous noirs rappelez vous « Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité » : une signature de 200 personnalités pour sauver la planète c'était en septembre 2018 un appel lancé par Juliette Binoche et Aurélien Barrau pour une action politique « ferme et immédiate » face au changement climatique.

Dans "Comment habiter maintenant la Terre ?" Les grandes conférences liégeoises

https://www.youtube.com/watch?v=v2V2qeoOjqE

Sans faire la morale ni culpabiliser, Aurélien Barrau nous dresse le bilan de notre civilisation actuelle et de la catastrophe qui est à nos portes. Il le précise lui-même, il est astrophysicien et non écologue. Son discours n’a nullement prétention à la rigueur universitaire. C’est en tant qu’habitant de le Terre et membre de la tribu des vivants qu’il tente ce cri d’alerte

COVID-19 : les populations de réfugiés, de migrants et de personnes déplacées pourraient être dévastées

© UNICEF Déclaration de la directrice générale d'UNICEF, Henrietta Fore : « La pandémie de COVID-19 pourrait dévaster les populations de réfugiés, de migrants et de personnes déplacées à l'intérieur du pays sans une action internationale urgente. »

Taïro - Révolution Part.1 : Le Futur

Le conteur ariégeois Olivier de Robert "ouvre une fenêtre" aux "confinés"

Publié dans La Dépêche du midi

ODR.jpg Confiné comme tout le monde, dans sa vallée sauratoise, le conteur Olivier de Robert donne rendez-vous à ses fans tous les samedis à 21 heures sur sa chaîne youtube "olivierconteur", pour assister à un spectacle en direct.

"N’étant ni soignant, ni caissier, ni chauffeur, ni gendarme, pas même ministre, mais raconteur d’histoires, je me dis que mes mots peuvent donner un coup de main. Il s’en écrit beaucoup, c’est parfait." a dernièrement écrit Olivier de Robert à ses fans.

Confiné comme tout le monde, dans sa vallée sauratoise, le conteur a décidé de proposer au public des spectacles en direct de son salon, devant sa webcam, tous les samedis soir à 21 heures. Un nouvel exercice pour le conteur. "J’espère apporter un peu de légèreté en ses temps de tourmente. Comme je l’ai déjà écrit, je ne suis pas soignant, et ce que je propose n’est rien, comparé à leur travail. Mais si je peux faire sourire des personnes confinées, dont certaines se retrouvent à plusieurs dans 12 m2, alors je serai heureux et je sais que là, je suis à ma place." explique ému Olivier. Ses habitués, qui le retrouvent chaque mardi sur son compte youtube pour sa chronique hebdomadaire ont pu découvrir sa vidéo intitulée "les confinis parlent aux confinés". Une vidéo qui a explosé les compteurs du conteur, avec plus de 125 000 vues. "Faire sourire les gens, tromper l’ennui, bref, donner un tout petit coup de main, en ce moment, c’est important. Et les commentaires des gens me touchent énormément." conclut Olivier.

Le rendez-vous est donc fixé samedi prochain à 21 heures sur sa chaîne youtube "olivierconteur", pour assister à son second direct, et tous les mardis pour découvrir ses nouvelles vidéos.

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