LE CHEMIN DE MES CAIRNS – Juillet 2016

16 08 2016

 

ou UN CAIRN POUR DEUX

 

J‘aurais pu reprendre comme titre

CANYA , TAPAS et VTT du Magazine RESPYR, qui m’ a conduit ici pour « accompagner » Yann et Lise sur les pistes de Castejon de Sos en Alto Esera dans des descentes d’exception.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
ou RETOUR EN TERRA INCOGNITA.
L‘occasion était trop belle pour revenir dans un massif enchanté, une terre de légende et de fées LES ENCANTATS. Pour vous les présenter , remontons un peu dans le temps et laissons parler Schrader – un extrait de sa « Lettre sur la Sierra de los Encantados », un morceau d’ anthologie : « un hérissement de lames tranchantes, de sabres, d’épées, de couteaux pointus, de navajas et cochillos dardés vers le ciel . Des murailles si hautes, si abruptes, si violemment déchirées en dents aiguës qu’on renonce à les dessiner tandis que l’objectif photographique ne peut parvenir à les faire entrer dans le champ de l’instrument ».

Les lacs ne sont pas de reste : «  des fragments d’océan suspendus par miracle au-dessus des vallées ». Comme je n’abuse pas de superlatifs (!) , conclue-t-il , je puis dire pour une fois que c’est prodigieusement beau. »

Estany de La Ratera

 

 

 

 

 

 
 
 
J‘adore ces textes lyriques de ces grands pyrénéistes du 19ème siècle, explorateurs, naturalistes, géographes, chantres et poètes à la fois qui me font rêver et qui m’invitent à venir voir à mon tour ces Terras Incognitas, la Serrat dels Encantants comme les nomma le baron de Saint-Saud, de retour de son voyage exploratoire, en été 1880.
Je suis à Espot, magnifique petit village qui marque l’entrée dans le parc nacional d’aiguestortes i estanny de sant maurici pour vous raconter une légende :
«  Près du lac Saint Maurici, dans les eaux duquel se mirent deux splendides flèches s ’élevant d’un seul jet en plein ciel, est une chapelle où les habitants du village d’Espot se rendent tous les ans en pèlerinage au début du mois de septembre. Nul ne doit manquer à cette pieuse cérémonie . Or, une fois, il y a bien des siècles de cela, deux bergers, chasseurs enragés, laissant là leurs compagnons, partirent à la poursuite des isards sans plus se préoccuper du service divin. Au moment précis où l’officiant élevait l’ hostie dans ses mains , tous les virent apparaître dans la brêche qui se situe entre les deux aiguilles. Le prêtre, outré d’un pareil scandale, appela la vengeance divine sur les impies, et le soir, quand le peuple redescendit dans la vallée, les silhouettes immobiles des chasseurs et même de leur chien se profilaient contre l’azur du ciel à l’endroit où la malédiction les avait surpris. C’est ainsi que les aiguilles des Encantats prirent leur nom. Les enchantés y sont toujours visibles … » Délicieux , il ne faisait pas bon de manquer la messe un dimanche à cette époque! Cette légende nous est racontée par Maurice Gourdon -un autre grand pyrénéiste- qui la tient d’un redoutable chasseur d’ Espot qui la lui a raconté en pointant du doigts les deux aiguilles jumelles! Nous sommes toujours en 1880, dans la basse vallée de l’Escrita et son premier joyau le lac de Sant-Maurici.
Les Encantats
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

Ces Terras incognitas c’est aussi ces filets d’eau de la valleta de l’Escaleta et sa superbe cascade que les bergers appellent le « Forau d’ Aiguallut », où ils se perdent pour réapparaître en val d’Aran au « Goueil d’ era Garona » pour devenir Garonne, 600m plus bas après 4km d’un parcours souterrain. !

«Ma main plonge dans le premier baril et en retire une poudre brune, impalpable, que je jette au torrent : une coloration splendide, et aussi instantanée qu’une déflagration, jaillit en bouquet dans la cascade ; quelques poignées la transforment en une trombe d’un vert fluorescent, inimitable et indescriptible». Nous sommes le 31 juillet 1931 , après avoir jeté 60 kilos de fluorescéine, Norbert Casteret et sa mère se rendirent au Goueil d’ era Garona . Brouillard, pluie, ils descendent difficilement les 600 m de dénivelé. Norbert entend la cascade dans la forêt, avant de la voir surgir… «Soudain, à travers les frondaisons, raconte-t-il, j’aperçois une portion de l’énorme résurgence et je ressens comme un choc :  le Goueil coule vert !» Du côté de l’Esera, l’eau est plus claire que jamais. »

Encore un beau récit d’aventure et de découverte qui m’incite à aller là-bas aujourd’hui. Belle promenade au milieu de la foule de touristes-marcheurs, car aller au trou du toro de nos jours se fait pratiquement en bus. Malgré , les selfies (!) ce lieu est magique. L’occasion aussi de rendre hommage à ce grand monsieur, explorateur, spéléologue que fut Norbert Casteret. Sans lui peut-être la Garonne aurait perdu la moitié de son débit.

Forau d’Aiguallut

 

 

 

 

 

 

 

Pllan et Pic d’Aiguallut

 

 

 

 

 

 

 

Et pour finir , nous terminerons cette escapade en Terra incognita par l’ascension du pic de Cerler, un belvédère facile et une vue magnifique sur la Maladeta «  un manteau de glace et de lumière au pied duquel s’étale une forêt » que découvrait Russell , depuis le Port de Vénasque.

Restons encore quelques instants avec Russel, cet autre enchanteur «  l’oeil se promène et se perd tout à fait sur des milliers de pics : vagues gigantesques de schiste, de granit et de neige, s’entrecroisant dans un chaos sublime et sans limite … quelles soient trois fois bénies , les heures et les années que j’ai passées dans ces régions sereines et lumineuses d’ où l’ on revient toujours plus fort et plus heureux »,
et vous aurez sans doute envie à votre tour de vous perdre en ces « Terras incognitas » et dans ces massifs enchantés !
 
Pour quelques cairns de plus …..
Les randonnées que nous avons faites sont à la portée de tous, moyennant quelques précautions d’usage lorsqu’on aborde la montagne, même s’il s’agit de la bonne saison et que l’on progresse sur des itinéraires balisés.
LES ENCANTATS 
Espot, en Pallars-Sobira , sera notre « camp de base » pour nos balades. Au bord de la rivière Escrita , avec ses maisons aux toits en ardoises, ses ruelles, Espot est un joli et typique village pyrénéen de Catalogne où il fait bon séjourner et flâner après avoir profité des sentiers pédestres. Nous avons planté notre tente dans un magnifique et petit camping « La Torre » qui domine le village, l’accueil est à l’image du village : souriant et paisible. Nous sommes à la porte du Parc National d’Aiguestortes et de Sant-Maurici.

Espot

 

 

 

 

 

 

 

Balade aux estanys de Sant-Maurici et de la Ratera.

C‘est notre première rando des vacances. Du camping , il faut faire 3,5km en voiture* pour arriver à l’entrée du parc. (* vous pouvez , bien sur effectuer ce parcours à pied !). Tout est superbement organisé ici : accueil par du personnel pour garer les voitures et vous présenter la réglementation du parc. Autre surprise, la rando commence par un cheminement sur des planches de bois, accessibles aux fauteuils pour des personnes handicapées, dans un bois de sapins et de pins à crochets surplombant la basse vallée du rio Escrita, 450m de passerelle du Prat de Pierro jusqu’au pont de la Gorga pour que la montagne soit offerte à tous. Belle initiative.
Pont de la Gorga
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Puis nous suivrons « la route de l’Isard » (sarrio en espagnol) , c’est le nom du chemin qui nous emmènera par un dénivelé modéré jusqu’ à l’estany de Sant-Maurici (1910m) . Ici aussi le personnel du parc nous accueille, où 80m de passerelles en bois sont réservés aux fauteuils pour les personnes à mobilité réduite et qui peuvent comme nous profiter de la beauté du lieu. Le lac où se mire les 2 pics des Encantats reçoit les eaux de la haute vallée et des cirques de Monastero, Subenuix au sud, de la Ratera et Amitges au nord.
Estany de Sant-Maurici
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Nous continuerons la piste à droite du lac pour rejoindre l’estany de la Ratera (2130m) , petit lac sur la droite au berges paisibles.

Estany de la Ratera

 

 

 

 

 

 

 

Pour le retour nous reviendrons par une boucle qui nous remmène sur les rives de Sant-Maurici en passant au pied de la cascade de la Ratera.

La cascade de la Retera

 

 

 

 

 

 

 

Avant de porter un dernier regard sur les Encantats par une lumière douce du soir

 

 

 

 

 

 

 
 
 
Le quilometre vertical du vall de Peguera.
3h40 sur le panneau depuis Espot nous en avons mis 4 , sans compter les arrêts (qui furent nombreux) pour arriver l’estany Negre (2300m) et sa digue.
Beau parcours en forêt et en découvert sur sente carrossable (!)
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Estany Negre

 

 

 

 

 

 

 

Nous ferons une petite pause sur l’itinéraire des Carros de Foc, au refuge Josep Maria Blanc (2350m) avant de redescendre sous l’orage.

 

 

 

 

 

 

 

 

Estany Negre

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
VALL DE BENASQUE
ou pour quelques pintxos de plus….
Bénasque est une belle station estivale, nous y avons dénichés quelques bars à tapas bien sympatiques pour nous mettre en jambe!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pendant que Yann et Lise font leur première étape VTT à Castejon de Sos – Plan, nous partons pour une bien belle rando dans le Vall de Benasque
 
Hospital de Benasque – La Besurta – Forau d’Aiguallut – Collado de la Renclusa .
Du parking du Vado de l’Hospital npous aurions pu prendre un bus pour rejoindre la Besurta, comme la plupart des promeneurs. Mais le vallon du rio Esera est beau et fleuri à cette saison. Nous prenons le temps de butiner  dans un magnifique décor!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après la Besurta , au milieu d’une colonne de touristes arrivés en bus nous rejoignons , le Forau d’ Aiguellut ou trou du toro. Faisant abstraction de la foule qui s’y presse, mon regard se porte sur les neiges de l’Aneto !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après une pause au bord des filets d’eau de la valleta de l’Escaleta, il faudra grimper jusqu’au collado de la Renclusa (point culminant de notre boucle: 2282m)

Collado de la Renclusa

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

avant de redescendre sur le refuge de la Rencluse qui offre une superbe vue sur le Pic de Salvaguardia et le port de Benasque.

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y quelques semaines dans mon petit village de Valquières , nous faisions une petite balade sur le thème de l’eau . J’offre cette dernière photo , à tout ceux qui m ‘ont suivi.

La Renclusa

 

 

 

 

 

 
 

 

Le Pic de Cerler (2407m)
ou un cairn pour 2 !
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Avant de rentrer chez nous, je voulais revenir au sommet du pic de Cerler couvert de blocs pour encore une fois; admirer le panorama que l’on y découvre.
Le temps n’était pas au rendez-vous, le soleil était voilé, peu propice à des photos panoramiques. De la station (1950m) nous avons pris le télésiège des amoureux (!) pour rejoindre le pied du pierrier à 2320m…. il ne nous restait plus que 90m à gravir !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Merci à toi, Nicole d’ avoir repris avec brio les chemins des montagnes pour m’accompagner là-haut, dans ces massifs enchanteurs et majestueux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Bleu, Blanc, Rouge

18 07 2016

 

 

BLEU

BLANC

ROUGE …..

 

 

Enfin le soleil et la chaleur s’installaient sur la France. Nous nous préparions à passer un bel été dans nos campagnes, sur nos côtes et nos montagnes. La France retrouvait ses couleurs : L’Euro 2016 nous faisait rêver en bleu, les foules s’amassaient le long des routes du Tour de France, sur les Champs Élysées nos troupes défilaient Ce jour de fête nationale, les drapeaux tricolores étaient plus nombreux que les autres années aux balcons et fenêtres de nos maisons, les bals populaires animaient les places des villages et des villes, les feux d’artifices illuminaient de milles couleurs le beau ciel de France, mais à Nice , cette nuit là il sera de sang et de larmes. La fête était finie.

L‘attentat que tout le monde redoutait s’est produit. Jeudi soir, à Nice, un bouquet final bleu blanc rouge clôturait le feu d’artifice pour le plus grand plaisir de 30000 personnes : un public familial et beaucoup d’enfants amassés en bord de mer. Le spectacle est terminé, une foule joyeuse marche le long de la promenade des Anglais. C’est ce moment que choisit Mahamed Lahouij Bouhiel pour engager à vive allure son camion frigorifique au milieu de la foule, faisant voler comme des quilles des piétons affolés. 5 minutes seulement. Une course folle de 1, 8km avant que le terroriste puisse être abattu. 5 minutes seulement pour faire couler le sang, tuer 84 personnes dans la baie des Anges et en blesser plus de 200 autres. Comment réagir à une telle tuerie ? Pour La Croix il faut « faire face ». Libération sur la photo de sa une, (en double page, le pare-brise du camion monstrueux criblé de balles) titrait : « Pourquoi ?». Je n’ai pas de réponse , je relaierai simplement les mots  de Yannick Noah : « Il faut vivre, vivre, vivre ! » Donnons du bonheur , offrons du rêve, restons unis et solidaire. « Sois le changement que tu veux voir dans le monde ». GANDHI

A bientôt , pour une Gazette d’été.

 

Vers l’edelweiss , 

Ecoutez NADAU , De cap tà l’immortèla ,

Un hymne à la liberté et à l’amour de notre pays

https://www.youtube.com/watch?v=nnXm_Eo4KDk

 

Je connais un pays, et une fleur,
Et une fleur, et une fleur,
On dit que c’est celle de l’amour,
Celle de l’amour, celle de l’amour,

refrain:
Courage ! Petit Pierre, on va marcher, on va marcher
La tête vers l’édelweiss,
Courage ! Petit Pierre, on va marcher, on va marcher,
On va chercher le pays.

En haut du pic, il y a une lumière,
Il y a une lumière, il y a une lumière,
Il faut y garder les yeux dessus,
Les yeux dessus, les yeux dessus,

Il faut traverser toutes les ronces,
Toutes les ronces, toutes les ronces,
Pour s’accrocher, seulement les mains,
Seulement les mains, seulement les mains,

Peut être n’en verra-t-on jamais la fin,
Jamais la fin, jamais la fin,
La liberté, c’est le chemin,
C’est le chemin, c’est le chemin.

Après le pic, un autre pic,
Un autre pic, un autre pic,
Après la lumière, une autre lumière,
Une autre lumière, une autre lumière…

 



Où marcher ce week-end: le Pic de Nore

28 06 2016

 

Plantée à l’extrémité sud-ouest du Massif central avant les grandes plaines du Lauragais et du Minervois où serpente le canal du Midi, la Montagne Noire a son sommet: le pic de Nore (1211m) visible de loin. Avec  sa silhouette inimitable et sa  tour de télécommunication digne d’une fusée de Tintin, il est facilement reconnaissable. Certes, ce n’est pas le plus beau des sommets mais le gravir depuis le lac de Pradelles est un plaisir. Cet univers minéral, souvent balayé par le vent offrant un panorama éblouissant et une belle luminosité vous ravira. Sur ce topo, il est complété par une boucle passant par le Portail de Nore,  le Roc de Peyremaux , les hameaux de Castans-Laviale et Bourdials et le col de Prade.

 

C‘est la randonnée du mois de GEOLOGICA-rando.

Rendez-vous DIMANCHE 3 JUILLET , au lac de Pradelles.

Départ de la rando à 9h

 

 

Voir infos et topo sur

http://www.geologica-rando.com/montagne-noire-le-pic-de-nore/