Carnet de route n° 2 - 2010

24 06 2010

 

LE PAS DE L’ ESCALETTE

DATE :
4 juillet 2010

LOCALISATION :
Hérault
Vallée de la Lergue -Pas de l’Escalette – Larzac méridional
pas-de-lescalette
Difficulté : * *
Rando moyenne à difficile. (en boucle)
Longueur : 15km
Durée : 5h
Dénivelé : 500m  - Altitude max : 700m
Quelques courts passages techniques dans le lit de la Lergue au niveau
des cascades finales , bien sécurisés par des cordes .
 


DEPART :

8h00 de Pégairolles de l’Escalette.
Parking de la place de l’Aire ( point de départ de la boucle)

Comment y aller : Par l’A75, prendre la sortie 51. Descendre la petite route jusqu’à Pégairolles de l’Escalette et rejoindre le premier parking du village
Cartographie :
Pour la route : Carte Michelin n°83 ou IGN Top 250 Pyrénées Languedoc – Roussillon  Régionale R13
Pour la balade : IGN  n°2642O LE CAYLAR La Couvertoirade 

Où manger et dormir :
Prévoir un pique-nique de midi Equipement :
Equipement (en fonction de la météo).  Petit sac à dos. Bonnes chaussureset 1L1/2 d’eau minimum

Meteo :
Répondeur téléphonique : 3250 ou www.meteo-france.fr

 
LA RANDO
Cette rando en boucle se déroule sur deux terrains forts différents et contrastés.
Le premier est aquatique et verdoyant, c’est celui du lit de la Lergue que nous remontons du village de Pégairolles jusqu’au pas de l’Escalette. Paisible en son début le sentier entre le lit de la rivière et les falaise traverse de belles clairières et vergers , puis rencontre de belles cascatelles , pour atteindre l’ancien moulin du Bronc, il s’élève ensuite progressivement , rencontre de belles petites cascades. C’est en s’approchant du fond du cirque de l’Escalette que la progression devient plus difficile sur un terrain plus accidenté ( on rencontre quelques blocs moussus – des passages équipés de cordes – de belles cascades) avant de déboucher au Pas de l’Escalette  (616m) sur la route abandonnée N9.
Après avoir traversé l’autoroute au niveau de l’entrée du tunnel , on chemine un instant sur la D155, avant de trouver une belle piste qui marque le début de la deuxième partie de cet itinéraire. Nous pénétrons le paysage du Larzac méridional. Les pistes et sentes que nous suivons traversent de belles pinèdes, de beaux passages dans les buis, se perd dans des dédales ruiniformes dolomitiques  et atteint le bord des falaises de l’Escalette puis remonte sur le plateau pour y retrouver un beau chemin qui redescend sur Pégairolles.

ITINERAIRE

pas-de-lescalette1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PATRIMOINE et GEOLOGIE

PAS DE L’ESCALETTE

On a oublié (peut-être ? ) en empruntant l’A75 venant de Montpellier , qu’il y avait une petite route la N9 qui francissait dans son tracé sinueux le Pas de l’Escalette et ces 679m  pour atteindre le Causse du Larzac ! C’est un moment émouvant de retrouver cette ancienne route  et sa borne Michelin qui marque le passage du Pas. Mais n’oubliez pas ! On accède toujours sur un causse par une ascension souvent dans une entaille ou des gorges d’une rivière, on découvre ensuite toute son étendue, bien souvent sa nudité et sa blancheur de pierrailles et on s’arrête à son extrémité, rebord du plateau, paysage vertical face à la vallée et ses merveilles. Notre itinéraire suit ce cheminement !
C’est aussi une magnifique coupe géologique que nous allons observer en remontant la succession des roches du début de l’ère secondaire. Ce paysage est récent mais son origine est lointaine : il y a 200 millions d’année, une grande mer, la Thétis, ancêtre de notre Méditerranée envahit le Languedoc. Pendant 100 millions d’années, avec le jeu des failles, près de 2000m de sédiments se sont accumulés en son fond. Il faudra attendre l’ère tertiaire et les grands mouvements des plaques pour que le paysage se rehausse et que le travail de sape des rivières commence. De nos jours les cascades que nous rencontrons ( sur notre itinéraire ) en sont des témoin
 



Carnet de route N°1 - 2010

8 05 2010

LE PIC DE VISSOU - PIOCH FARRUS - PIOCH DE JAFFET

pic-de-vissou                                                                                                                                     
DATE :
16 mai 2010

LOCALISATION :
Hérault – Les monts de Cabrières

Difficulté
: *
Balade moyenne. Montée soutenue sur les flanc sud du pic.
Dénivelé 400m  - Durée 3h30 / 4h 
 
DEPART :
9h00 de Cabrières ( Cave coopérative – musée )
( point de départ de la boucle)

Comment y aller
:
Venant de Bédarieux ou Clermont l’Hérault par la  D908 , rejoindre
Cabrières par la D15.à Villeneuvette

Cartographie
:
Pour la route : Carte Michelin n°83 ou IGN Top 250 Pyrénées Languedoc – Roussillon  Régionale R13
Pour la balade : IGN  n°2643OT 1 :25000  LODEVE 

Où manger et dormir
:
Prévoir un pique-nique de midi.
Equipement :
Equipement (en fonction de la météo).  Petit sac à dos. Bonnes chaussures.

Meteo
:
Répondeur téléphonique : 3250 ou www.meteo-france.fr
 
LA RANDO
Depuis la route de Clermont l’Hérault, on peut monter au pic de Vissou par une piste carrossable ouverte aux voitures et sans intérêt pour des randonneurs. La montée au pic devient une balade intéressante si on le gravit à partir de Cabrières par sa face Sud. Double intérêt de l’itinéraire : paysager bien sûr pour sa vue sur Cabrières et son terroir viticole ; géologique ensuite car tout le long des 300m de montée c’est une véritable coupe géologique que vous aller observer. Cette montée demande un petit effort mais le plateau atteint, puis le pic de Vissou (480m) une mosaïque de paysages de la mer au Cévennes vous attend. Pour rejoindre Cabrières et réaliser un circuit en boucle, on rejoint plein Ouest en longeant le plateau , le pic de Vissounel (388m) . Une sente raide rejoint le ruisseau de Vissounel, puis une piste nous ramène sur la D124 (petite départementale qui relie Valmascle à Cabrières) que l’on quitte rapidement (400m) pour s’engager sur un sentier qui à flanc du pic va nous ramener à Cabrières, en suivant plus ou moins la Boyne.

ITINERAIRE
vissou-002

 

 

 

 

 

 

 

REPERAGES


GEOLOGIE  DU PIC DE VISSOU

Le pic de Vissou  a attiré sur ses pentes des générations de géologue  tant sa tectonique est remarquable mais aussi complexe. Une histoire ancienne de 365millions d’années !
Nous sommes ici en bordure de la Montagne  Noire ,au temps Dévonien de l’ère primaire , notre région était sous la mer . Une période calme de notre histoire géologique , pas pour longtemps. ! La chaîne hercynienne se met en place et fait disparaître la mer , soulève, déforme et transforme les terrains précédemment déposés sur le fond marin. Le mouvement est très spectaculaire, les roches ont été retournées , déplacées sur des dizaines de km et déposées en grandes masses de charriage ou de plis couchés.. Au pic de Vissou , se retrouve donc sur les terrains les plus récents Flysch et Calcaires du Carbonfère inférieur, dernier dépôts avant le plissement hercynien , les terrains les plus anciens , calcaires du Dévonien.
Ainsi, l’ascension du Pic de Vissou , sur son flanc Sud , permet d’observer une belle série sédimentaire , inversée, de 300m

PIOCH FARRUS

La mine du Pioch Farrus est l’une des plus anciennes mines de cuivre de France, il y a 5000 ans au Néolithique, les hommes y ont exploité et transformé ce minerai, qui nse présente en filons riches en quartz formés à la fin de l’orogénèse hercynienne , 200m de galeries ont été adaptés à la visite.

CAVEAU – MUSEE

Une « vitrine terroir » a été installée dans la cavve coopérative de Cabrières. L’histoire géologique  et archéologique  de la région est représentée par des maquettes et des explications sur les fouilles. Fossiles, roches et minéraux sont exposés devant une reconstitution du fond de la mer de l’ère primaire qavec sa faune parfois étrange.

LE SENTIER PATRIMONIAL DU PIOCH DE JAFFET

La Mairie de Cabrières, la Cave Coopérative l’ESTABEL et l’association Les Amis de Cabrières sont à l’initiative de ce projet qui a été inauguré le 28 octobre 1994. Ce sentier, ponctué de panneaux de belvédères et de tables d’orientation, est balisé pour la randonnée pédestre. Il vous permettra de découvrir au cours d’une agréable promenade toutes les composantes du patrimoine naturel et humain du pays Cabrièrois. Il est composé d’un sentier paysager double boucle autour du Pioch de Jaffet et d’un itinéraire annexe dit «sentier minier». Le départ de cette promenade se situe au caveau muséographique de la cave coopérative.

 

 



SPECTACLE DE LA NATURE

10 04 2010

 La nature est à la fois auteur et acteur, elle a créé le décor, écrit l’histoire, joué tous les rôles d’un spectacle jamais achevé.

Le decor
Sur la façade méditerranéenne de la France, le Languedoc-Roussillon offre au regard une immense palette de paysages. Certains, où les roches jouent le premier rôle, sont des sites régulièrement visités par les touristes et promeneurs locaux. Par leur position géographique privilégiée, les villages de Dio et Valquières et leur château médiéval font partis de ces sites exceptionnels. L’étendue, la diversité des paysages émerveillent. L’histoire de la Terre se découvre…Toute cette histoire nous est racontée par les roches et par une succession de phénomènes géologiques qui nous entraînent dans un passé très lointain : -250 millions d’années. C’est l’histoire de la Méditerranée et des Pyrénées confondue
Le décor est planté :
Le château médiéval construit sur des dalles de grès occupe la scène d’un magnifique spectacle. A ses pieds s’étalent " les ruffes " rouges ravinées, mêlées de blocs de basalte noir. Au-dessus les blanches falaises calcaires et dolomitiques, abritent les hameaux de Dio, Valquières et Vernazoubres. Au sommet, la croix de Dio se détache, point de vue superbe sur les Monts d’Orb et l’Escandorgue à découvrir par une courte balade.
Les roches
Les roches sont " les archives de la Terre " et témoignent de son passé : ballet des mers et des continents au scénario complexe : roches souvent transformées, déformées, sculptures vivantes du décor, gardant aussi milles secrets à découvrir…
Ici, la roche prédominantes est " la ruffe "( du latin Rufus : rouge). Dénomination locale des paysages rouges ravinés du Permien du Lodévois.(250 à 286 millions d’années).  Sédiments détritiques de Pélites et  d’Argilite limoneuse rougeâtre, à débit en plaquettes très caractéristiques et petits lits verdâtres très durs, la ruffe est une roche à grains très fins, finement litée, constituée essentiellement de minéraux argileux, d’un peu de quartz et de micas, leur coloration rouge est due à l’oxydation de fer contenue dans le sol au moment de leur formation : c’est une roche d’origine continentale. Les ruffes sont le résultat de l’érosion et de l’altération de roches plus anciennes, elles ont conservées les traces très nettes de leur condition de dépôt (rides de courants, craquelures d’assèchement, gouttes de pluie, empreintes de pas de reptiles, etc…)
On y trouve aussi des grès du Trias (250-210 millions d’années). C’est un dépôt grossier de conglomérat et de grès qui vient recouvrir en discordance les ruffes. Déposés en gros bancs alternant avec des marnes, ils ont servi à la construction des villages et du château de Dio. Les grès sont les témoins d’anciennes rivières et chenaux de plaines inondables.
Les blanches falaises sont calcaires et dolomitiques, d’âge Jurassique (210-179 millions d’années). La roche d’origine marine, carbonatée s’est formée à partir de sédiments calcaires dans lequel parfois le magnésium a remplacé le calcium. Leur facile débit a permis de confectionner les lauzes, couverture de nos églises, chapelles, fermes et bergeries du causse.
Le basalte de couleur noire est le résultat de la solidification des laves fluides magmatiques de l’activité volcanique de l’Escandorgue (1 à 2 millions d’années). Si les cônes et caldeiras ont disparus de notre paysage, subsistent les vestiges des coulées volcaniques coiffant de nombreux reliefs (la Burle 486m) ainsi que des filons " dike " et anciennes cheminées volcaniques " neck " mis à jour par l’érosion, notamment dans les ruffes.
L’histoire
" L’Univers est éternel, les mondes naissent et meurent, la mer avance et recule, ce qui est la Terre peut devenir la Mer, tout change tout le temps ". Aristote.
L’ère Primaire avait commencée il y a -600 millions d’années, nous étions sous la mer et ceci pendant 210 millions d’années. Au cœur de la Pangée, un océan s’était ouvert séparant deux continents, la Laurasia au nord et le Gondwana au sud. Puis le mouvement s’inversa provoquant la collision des deux continents, ainsi sortirent des eaux, il y a -300 millions d’années, la Montagne Noire, le Caroux et l’Espinouse faisant partis d’une chaîne de montagnes appelée hercynienne qui va couvrir toute l’Europe et culminer à 5000-6000 m. A peine née, la montagne va être érodée en 50 millions d’années, des torrents dévalent des montagnes, il fait chaud et humide, des forêts entières vont être englouties et donneront notre charbon, plus loin se déposeront les sédiments plus fins : les ruffes. La région ne sera qu’une immense pénéplaine couverte de marécages où coulent de paisibles rivières. C’est la fin de l’Ere Primaire, il y a 250 millions d’années au Permien. L’ère Secondaire va commencer à nouveau par le mouvement des plaques délimitées par les grandes failles mises en place à l’ère précédente et les Océans vont renaître peu à peu. Ici la mer revient, d’abord hésitante puis envahit tout, il y a 205 millions d’années, c’est la Thétys, notre future Méditerranée, les temps Jurassiques et les dépôts calcaires des Corbières et des Grands Causses et plus proche de nous celui de Bédarieux. Mais l’ampleur des mouvements s’accentue, Ibérie et Europe se séparent, la mer quitte notre région il y a 110 millions d’années, sous climat tropical, un sol latéritique s’installe donnant naissance au bauxites, nous sommes au Crétacé. A l’ère Tertiaire, la région va acquérir sa disposition d’ensemble, contre coups de la mise en place d’une chaîne de montagne qui s’étend des Pyrénées à la Provence à travers le Golfe du Lion et le serrage ibérique, c’est le plissement pyrénéen il y a 40 millions d’années. Les roches se plissent, se soulèvent, se chevauchent encore par endroit, puis la chaîne se disloque, s’effondre, le détroit de Gibraltar s’ouvre, la mer revient méditerranéenne, nous sommes au temps Miocène, il y a 23 millions d’années, pour se retirer il y a à peine 10 millions d’années vers les rivages actuels. Voici l’Ere Quaternaire et les plus beaux paysages sont encore à créer, paysage ruiniforme, paysages des Causses, canyons et rivières, sculptures souterraines et pour finir, c’est à un véritable feu d’artifice que l’on assistera dès 2.5 millions d’années, un chapelet de volcans éclos du Sud des Causses à la Méditerranée. L’Escandorgue déverse ses laves dans les vallées et les dernières manifestations ont lieu au Cap d’Agde, il y a 700000 ans.

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« Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver »
René Char