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UN JOURNAL, DES ARTICLES EPHEMERES, UNE ACTUALITE , lus ailleurs et à partager

LA GAZETTE D' OCTOBRE

**Discours de CLAIRE NOUVIAN à l’ESSEC

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20 septembre 2018

Lundi 17 septembre, Claire Nouvian était invitée à débattre autour d’une table ronde avec Jean-Luc Petithuguenin, fondateur et PDG de PAPREC Groupe, lors du séminaire de rentrée organisé par l’ESSEC (École supérieure des sciences économiques et commerciales). Nous partageons son discours de présentation intitulé :

« DES LECTURES QUI NOUS CHANGENT (ET QUI CHANGENT LE MONDE) » CN-ESSEC-17-sept-2018-1.jpg Chers étudiantes et étudiants,

Bravo à vous, ainsi qu’aux professeurs de l’ESSEC, d’avoir imaginé une rentrée sous le signe de l’ambition ultime : « changer le monde ».

Ambition ultime ET impératif non négociable puisque si le monde poursuit sa course sur la base des vieilles recettes, c’est le décrochage garanti de tous les systèmes, naturels et humains.

Drôle de génération que la vôtre.

Vous héritez d’un désordre planétaire dont vous n’êtes pas responsables.

Vous avez en ligne de mire un avenir peu engageant, pour ne pas dire noir : le changement climatique que nous n’arrivons pas à endiguer sous la barre fatidique des 2 degrés, des espèces vivantes qui disparaissent à un rythme effréné, sans précédent : la sixième extinction de masse qu’ait connue la biosphère… Des habitats naturels, terrestres ou marins, se réduisant comme peau de chagrin, des sols déstructurés, pollués, saccagés, érodés, asphyxiés… une planète qui bascule vers de « grandes misères humaines » comme le rappelaient 15 000 scientifiques dans une « mise en garde » lancée à l’humanité en 2017 et comme la situation désespérée des réfugiés nous le rappelle quotidiennement.

Ces « grandes misères » ont commencé pour tous ceux qui paient le prix de notre échec collectif à créer un monde juste et stable : les exilés climatiques que les changements globaux jettent sur les routes du monde dans des pays arriérés du point de vue des libertés individuelles et du respect des droits de l’homme, les exilés économiques qui paient le prix de notre prédation sur les ressources en tirant profit de la précarité et de l’extrême vulnérabilité des hommes.

Lire la très belle lettre collective des ONG humanitaires à Macron

Au-delà de la destruction du monde naturel, ces « grandes misères » incluent le contrôle que les multinationales et certains Etats complices ont pris de notre destinée collective. Nous faisons l’expérience des limites de nos démocraties modernes où l’impuissance citoyenne a été programmée, peut-être à raison en des temps chamboulés suivant la seconde guerre mondiale et le génocide juif. On n’a pas voulu donner trop de pouvoir aux peuples car les peuples pouvaient porter, ont porté, de façon démocratique, des individus autoritaires, dysfonctionnels, psychopathes et dangereux, à leur tête. Or la démocratie exige une éducation de masse. Mais nous n’avons pas investi dans cette éducation. A la place, nous avons fait des humains des consommateurs.

Nous avons trahi les penseurs des Lumières qui espéraient au 18ème siècle que les sciences et la technique allaient libérer l’homme de ses contraintes physiques et matérielles pour lui permettre de cultiver, enfin, son esprit, sa culture, sa force morale et la justice.

Or le progrès moral n’a pas accompagné le progrès technique.

Lire l’interview d’Etienne Klein dans les Echos  « Le progrès n’est plus vu comme un soulagement, mais comme un souci »

Nous avons inventé la société de consommation avec l’ère industrielle et le markéting pour fourguer des biens, souvent inutiles, à des gens qui n’en avaient pas besoin. Pour ceux qui étaient déjà équipés, nous avons inventé l’obsolescence programmée pour permettre un renouvellement infini d’objets usuels, devenus indispensables.

En passant à une société de services, nous avons exporté ailleurs les activités les moins rentables, les plus polluantes, les plus destructrices. Aujourd’hui, ce sont les Africains, les Asiatiques et les Latino-Américains qui font les frais de notre confort. On extrait chez eux l’uranium, le cobalt, le nickel et d’autres minerais précieux dans des conditions environnementales et sociales épouvantables.

Voir par exemple le documentaire « Du sang dans nos portables » sur l’extraction du coltan en RDC et le documentaire « Le sable : Enquête sur une disparition » sur l’extraction de sable pour la construction.

Demain, c’est dans les grandes profondeurs marines, jusqu’ici préservées de notre appétit insatiable de matières non renouvelables ou sur la lune, que nous irons chercher les minerais pour rembrayer sur un cycle de consommation de smart phones et de tablettes, pour alimenter l’ogre de la croissance et le profit d’entreprises immorales et irresponsables.

Lire le document « Stop and think » de l’ONG Seas at Risk sur l’exploitation minière en profondeur

En réduisant l’homme à sa plus bête expression, nous avons laissé un groupe d’acteurs restreint prendre le contrôle de notre trajectoire commune.

Nous avons accepté que régresse comme peau de chagrin l’espace de nos libertés fondamentales. Nous acceptons, lentement mais sûrement, le glissement de nos sociétés modernes vers des régimes autoritaires et liberticides. Nous, citoyens du 21ème siècle, avons porté aux urnes un psychopathe incompétent et mégalomane qui a, aujourd’hui le pouvoir d’utiliser l’arme nucléaire et qui a accès aux renseignements privés de ses concitoyens américains par le biais de l’un des plus grands programmes de surveillance de masse qui existe, avec ceux de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni et de la Russie.

Voir le documentaire de Flore Vasseur « Meeting Snowden » sur l’avenir de nos démocraties. Un entretien fondamental avec Edward Snowden, Larry Lessig et Birgitta Jonsdottir. Bande-annonce ici, film disponible en VOD.

Voir également le documentaire « Citizen Four » de Laura Poitras.

Lire l’article « Palantir, quand la CIA scrute la France »

Voir la conférence de l’ancien hacker et professeur de Sciences Po : Fabrice Epelboin sur « La surveillance sur Internet »

Nos démocraties punissent les Edward Snowden et les autres lanceurs d’alerte qui ont sacrifié leur liberté pour nous mettre en garde sur les lois et les pratiques liberticides, mais les vigies de la vraie démocratie sont nombreuses à être réduites à l’exil tandis que nos régimes politiques s’éloignent de plus en plus du respect des droits de l’homme et de la volonté des citoyens en légiférant contre les libertés individuelles, en faisant de la solidarité un délit, en signant des traités de libre-échange qui écrasent la souveraineté de nos juridictions.

On a assassiné l’espace de dissidence. Il faudra le reconquérir.

Vous ne devez pas seulement réparer le monde de la folie des hommes, vous devez construire, de toutes pièces, une équation tenable et son corollaire, une société juste et solidaire.

Vous êtes une génération damnée, mais vous êtes une génération bénie aussi, car tout reste à faire. Vous n’aurez pas à vous poser la question du sens. Votre avenir est jalonné de défis, plus difficiles à relever les uns que les autres, mais l’inaction n’est pas une option.

Votre premier acte de résistance, c’est de vous cultiver. En permanence. A tout bout de champ. Sur tous les sujets. Soyez d’une exigence intellectuelle totale.

Faites la peau aux préjugés, dont nous sommes tous, notamment nous bourgeois des villes, assiégés, y compris au sein de nos familles et dans nos cercles sociaux.

Fondez votre économie de vie sur vos connaissances. De là découleront vos valeurs, et tant pis si elles entrent en conflit avec celles de la génération d’avant. Construisez et alimentez, tout au long de votre vie, votre esprit critique. Refusez que votre « temps de cerveau disponible » soit capturé par des contenus débilitants, simplistes et égocentriques.

Soyez généreux.

La largesse d’esprit, la largesse de vue, la largesse de cœur, c’est le meilleur investissement qu’on puisse faire pour une vie bonne et une destinée collective réussie.

Et lisez. Lisez sans cesse.

Pour changer le monde, il faut le comprendre, il faut le connaître. Alors lisez ce que de grands esprits nous ont permis de savoir.

Lisez la biographie d’Alexander Von Humboldt et les livres de Jared Diamond pour comprendre que l’homme n’a pas eu besoin de technique ou de technologie quelconque pour détruire le monde, pour mener à l’extinction dès le Pléistocène il y a 11 000 ans, de grands mammifères terrestres comme les mastodontes ou les tatous géants.

Lisez Philippe Cury pour savoir à quel point l’homme a vidé et détruit les océans du monde.

Lisez Valérie Cabanes pour être conscients du prix caché de notre IMMENSE confort matériel.

Lisez André Gorz pour comprendre quand et comment nous avons basculé vers des sociétés de consommation.

Lisez Yann Algan pour comprendre pourquoi la France est une société de défiance et comment y remédier.

Vous pouvez aussi regarder l’audition passionnante et détaillée de Yann Algan par le Parti Socialiste en 2014.

Lisez Yanis Varoufakis pour connaître de l’intérieur, comme on la pratique chez BLOOM depuis des années, la violence de l’Europe actuelle et la soumission des Etats aux diktats de la finance et des partis conservateurs.

Lisez Julia Cagé pour saisir les moyens d’action contre la fatalité de l’érosion démocratique, pour comprendre qu’on peut repenser de fond en comble le financement de la vie politique et avoir une sphère publique qui se soucie d’intérêt général et de la volonté des citoyens. Julia Cagé a donné de nombreuses interviews à propos de ses propositions de financement de la vie poltique. Par exemple l’émission « Démocratie : à qui paie gagne ? » sur France Culture.

Lisez Günther Anders pour trouver l’énergie qui fait défaut quand le désespoir gagne et Simon Baron-Cohen pour comprendre que l’empathie est la seule arme universelle et gratuite dont nous disposons pour construire le monde de demain.

Luttez contre l’effondrement de la pensée et l’effondrement simultané de la déontologie.

Lisez Denis Robert et connaissez tout de l’Affaire Clearstream, des révélations des Panama Papers, des LuxLeaks, des travaux de l’ONG Oxfam car on ne peut plus vivre dans un monde qui pratique l’évasion fiscale à grande échelle sans savoir le rôle toxique du Luxembourg ou d’autres paradis fiscaux nichés au sein même de l’Union européenne.

Lisez des penseurs dissidents, exigeants, Michel Foucault, Geoffroy de Lagasnerie, Alain Badiou et tant d’autres… Donnez de la profondeur de champ à votre regard sur le monde et sur l’homme.

Il y a deux continents intérieurs à conquérir du haut de sa jeunesse :

Le premier, c’est celui de la distance critique vis-à-vis de soi-même et de notre entourage. Sans en être conscients, on réalise rétrospectivement, une fois qu’on est libérés de leur joug, qu’on pensait nos crédos familiaux et sociaux immuables.C’est faux.Les neurologues ont prouvé qu’une conversation, une seule conversation, un discours, une lecture pouvait changer le cours de notre vie.

Le deuxième espace de conquête de notre vie, c’est de savoir qu’on apprend à penser comme on apprend à aimer. Ca prend une vie de savoir aimer. De la même façon, ça prend très longtemps de construire son jugement critique, d’être sûr de ses valeurs, de ne plus avoir peur d’avoir raison contre tous.

Pour conclure, à vous qui entrez en scène pour prendre en mains la destinée du monde, je dirais qu’on ne changera pas le monde avec autre chose qu’avec notre volonté et nos valeurs.

Kant disait qu’il n’y avait que deux miracles dans le monde : le ciel étoilé au-dessus de nos têtes et la loi morale au cœur de l’homme. Mais la loi morale flanche, la loi morale est fragile. Elle se cultive par la conscience. Alors vivez en conscience et en connaissance, avec courage.

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter bonne chance car désormais, à vous de jouer.

Merci.

Claire Nouvian, Campus de l’ESSEC, Cergy-Pontoise le 17 septembre 2018

LE SAUVETAGE DE L' OURS EN BEARN EST EN MARCHE

Communiqué des associations FERUS / Pays de l’Ours-ADET, 5 octobre 2018

https://youtu.be/--xSDbjjWIQ

En 2004, le cadavre de l’ourse Cannelle, dernière ourse béarnaise, a été transporté par hélicoptère ; ces images ont choqué des millions de Français. ourse en bearn.jpg Quatorze ans après, le retour des ourses en Béarn se fait par les airs, tout un symbole. Il faut des millions d’années pour créer une espèce, et quelques dizaines seulement pour la détruire … ou la sauver.

La deuxième ourse promise a été lâchée ce jour en Béarn.

Ce renforcement de la population d’ours des Pyrénées occidentales répond à la demande de 73% des habitants des Pyrénées-Atlantiques et des Hautes-Pyrénées.

Grâce à son plan « ours » et son plan pour la biodiversité parus en 2018, la France poursuit son action pour respecter à terme ses engagements européens vis à vis de la restauration d’une population d’ours dans les Pyrénées. FERUS et Pays de l’Ours-Adet saluent le travail accompli ces derniers mois par les services et responsables de l’État.

Nos principales demandes, nos alertes, nos objections : – Nécessité absolue de protéger les ourses des poursuites des anti-ours par un dispositif exceptionnel et durable pendant au moins un an (brigades anti-braconnage de l’ONCFS, gardes ONCFS habituels et gardes du Parc National des Pyrénées) ;

– ce renforcement est limité puisque la dernière expertise scientifique (MNHN, 2013) précise qu’il faudrait lâcher 6 à 17 ours sur l’ensemble des Pyrénées pour réduire de façon satisfaisante les risques d’extinction. Nécessité de recommencer à travailler pour atteindre l’objectif que la France s’est fixé dès 1992 ;

– suite au retour de l’ours en Pyrénées centrales il y a maintenant 22 ans, on constate que cela n’a pas été la fin des activités humaines dans les Pyrénées. Ce ne sont pas seulement 2 femelles en Haut-Béarn qui vont révolutionner la vie des montagnards les plus habitués à cohabiter avec l’ours (exemple : le patou des Pyrénées a toujours été employé en Haut Béarn) ;

– une bonne quarantaine d’ours vivent désormais dans les Pyrénées grâce à plus de 20 ans d’énormes efforts associatifs et grâce aux coups de pouce de l’État. Ces ours, contrairement à ce que prédisaient tous les opposants, n’ont mis fin ni au pastoralisme, ni à la chasse, ni au tourisme, ni au commerce local, ni à la fréquentation de la montagne. Les faits donnent le ton : les ours sont là et les Pyrénées ne s’en portent pas plus mal, bien au contraire.

Enfin, tous nos remerciements aux élus locaux qui ont tenu bon face aux pressions, à une violence écœurante des opposants à l’ours et à leurs exactions ou appels aux exactions.

Bienvenue aux ourses en Béarn.

Fabrice Nicolino : "CONTRE LES PESTICIDES, C'EST MAINTENANT OU JAMAIS"

FN1.jpg 5 octobre 2018 / Entretien avec Fabrice Nicolino

L’Appel des coquelicots pour l’interdiction de tous les pesticides de synthèse a été lancé en septembre. En ce vendredi 5 octobre, à 18 h 30, se déroule un premier rassemblement devant les mairies. Fabrice Nicolino, un des initiateurs de l’appel, explique pourquoi il appelle à une mobilisation massive.

Rendez-vous ce soir, vendredi 5 octobre, à 18 h 30 devant votre mairie. Pourquoi ? Pour demander l’interdiction de tous les pesticides de synthèse. Et cela recommencera tous les premiers vendredis du mois, pendant deux ans. L’ambition est de réunir d’ici là cinq millions de personnes, afin de pousser le gouvernement à agir. Ce pari fou a été lancé le 12 septembre dernier par un Appel de la jeune association Nous voulons des coquelicots. Son président est Fabrice Nicolino, journaliste spécialiste des questions d’écologie et collaborateur de Reporterre. Il explique pourquoi il donne rendez-vous ce soir pour le premier rassemblement des coquelicots.

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ReporterreTu es engagé en faveur des questions écologiques depuis bien longtemps. Qu’est-ce qui t’a fait choisir la cause des pesticides en particulier ?

Fabrice Nicolino — Les pesticides sont un poison universel qui s’est infiltré dans tout ce qui est vivant. Mon sentiment est que l’on assiste à un événement de nature apocalyptique. Je sais que c’est un mot qui est connoté et qu’on hésite à employer, mais c’est celui que j’ai envie d’employer parce que ce qui me frappe, c’est la rapidité extraordinaire de la disparition de toutes formes de vie. Une étude du Muséum national d’histoire naturelle et du CNRS montre qu’un tiers des oiseaux a disparu en quinze ans en France. Si l’on s’en tient aux études allemandes, qui semblent pouvoir s’appliquer aussi à la France, elles disent que 80 % des insectes volants ont disparu. Il s’agit de chaînes alimentaires qui sont rompues probablement à jamais.

Tout le monde le sait, enfin peut-être 80 ou 90 % de la population et, dans le même temps, on ne fait rien. On doit attendre je ne sais quoi, Godot peut-être, mais rien ne se produit : on est spectateurs d’une catastrophe totale et qui menace beaucoup d’espèces vivantes et aussi la santé des humains ! Il ne s’agit pas seulement des forêts de Birmanie ou des océans au large des Galapagos, il s’agit de la France, qui a changé de visage en l’espace de 50 ans. Il suffit de regarder les papillons : c’est extravagant, jadis, au temps de ma jeunesse, il y avait des papillons absolument partout, dans tous les prés. Il y avait des coquelicots et des bleuets, parce qu’il n’y avait pas encore le même niveau de pesticides. Si on n’agit pas maintenant, là où on est, contre les pesticides, on ne fera rien parce qu’il n’y aura plus rien à faire.

Et puis, en ce qui concerne les pesticides, il y a une base « objective » au soutien d’un Appel comme celui-ci. En l’espace de 25 ans, des millions de gens ont commencé à consommer des produits bios. En 2016, selon l’Agence bio, 91 % des Français avaient consommé au moins une fois un produit bio.

Donc je me suis dit que d’abord, c’est maintenant ou jamais, et ensuite, qu’il existe une base réelle dans la société pour soutenir l’appel à l’interdiction de tous les pesticides.

Pourquoi une mobilisation sous forme d’Appel ?

C’est tout le contraire d’une pétition. C’est un appel à l’action, à une action qui va durer deux ans et qui consiste à rassembler au moins 5 millions de personnes. C’est très ambitieux, on a conscience que cela n’a jamais été fait.

Cet appel va se concrétiser dès aujourd’hui 5 octobre avec des rassemblements partout en France devant les mairies. Il y aura au total 24 rendez-vous mensuels devant les mairies, le premier vendredi de chaque mois, à 18 h 30. Ce qui est extraordinaire, c’est qu’avec des moyens dérisoires — on est une douzaine de bénévoles et on n’a pas un rond —, on a permis que des centaines de rassemblements se produisent le 5 octobre. Trois cents sont d’ores et déjà enregistrés dans le cadre du site. Mais compte tenu de ce que l’on entend, par-ci par-là, il y a énormément d’autres rassemblements qui n’y ont pas été enregistrés. On pense qu’il y aura au moins quatre cents rassemblements en France, ce qui est considérable.

Ils seront peut-être modestes. Mais c’est la première fois, le premier mois. L’idée, depuis le départ, est que l’on sera de plus en plus nombreux pour être, le dernier mois de l’appel, en octobre 2020, des centaines de milliers de gens, voire des millions, devant les mairies.

Tu parles d’action. Le fait de se rassembler devant les mairies est-il suffisant ?

Pour l’instant personne n’a rien fait, donc c’est déjà quelque chose de rassembler des gens, de les sortir de chez eux, de les faire quitter leurs ordinateurs et Facebook. C’est déjà quelque chose de différent, une action concrète. Notre rêve est qu’une sorte de Téléthon anti-pesticides se mette en place et que les gens inventent des formes d’action adaptées à ce qu’ils sont, à l’endroit où ils vivent, à la nature de leur travail. Dessiner un coquelicot et le mettre à sa fenêtre est déjà une action concrète qui engage la personne. Notre idée est que, pour obtenir cinq millions de soutiens, il faut aller loin dans la société française, toucher des gens qui ne sont pas habitués faire quelque chose, à montrer leur opinion. Il faut trouver des moyens de toucher les gens partout, dans le moindre recoin de la société française.

Ensuite, il y a deux hypothèses. Soit on ne réussit pas, mais cela n’empêche pas d’y aller. Soit on réussit à avoir un très grand soutien populaire à cet appel — qui est radical parce qu’il demande l’interdiction d’une industrie — et on sera face à un cas de figure inédit. Dans un pays démocratique, un pouvoir peut-il considérer que face à une société civile qui dit quelque chose, il peut détourner le regard et passer à autre chose ? Je pense que non, que si on arrive à des millions de soutiens, cela créera une onde de choc, en France mais aussi en Europe et pourquoi pas dans le monde. Car je pense que cet appel concerne la totalité de la planète, même si on commence par la France.

Il faut montrer qu’une société vivante a le droit d’exiger un certain nombre de choses. C’est le grand enjeu de cet appel : si la société est vivante, elle saura se défendre et va nous rejoindre facilement. Et si par extraordinaire, elle ne nous rejoignait pas, que faudrait-il en conclure ? Que rien n’est possible. Si une société ne se défend pas contre des poisons qui vont jusque dans ses tréfonds, elle ne se défendra pas non plus contre le dérèglement climatique ou la disparition de la biodiversité. Elle va accepter toutes les conséquences de la crise écologique. Je plaide pour un sursaut de nature historique.

Les pesticides ont commencé il y a environ 70 ans en France. Il y a un début. Maintenant il faut voir si on est capable de décider collectivement de la date de fin des pesticides en France.

FN3.jpg Si vous obtenez l’interdiction des pesticides, comment imaginez-vous la suite, notamment pour les agriculteurs ?

Je vais dire les choses avec simplicité. Notre Appel ne vise pas les agriculteurs. Je crois que le mot n’est même pas énoncé. Ce n’est pas le sujet de notre Appel. Notre Appel est une réaction d’autodéfense de la société qui est confrontée à un poison. Si la société est capable de se lever pour dire qu’elle ne veut plus de poison, elle saura trouver les voies pour se passer de pesticides et aider les paysans à se sortir du piège épouvantable que ces produits représentent pour eux. Un très grand nombre d’agronomes ont établi que l’agriculture écologique, ou l’agroécologie sont les seules susceptibles de faire face à l’existence de 10 milliards d’êtres humains sur Terre d’ici quelques décennies. Là aussi, ce n’est pas une option.

Notre rôle est de dire que ce système des pesticides doit disparaître parce qu’il est mauvais pour tous. C’est un cri pour arrêter une machine infernale. On veut montrer la vitalité de la société française face à une menace globale qui est très grave.

Que pensez-vous de l’interdiction des néonicotinoïdes, entrée en vigueur le 1er septembre dernier ?

On fête une victoire parce que les néonicotinoïdes, qui ont tué une grande partie des abeilles, sont interdits au bout de 25 ans ? Ce n’est pas une victoire, c’est une énorme défaite.

Les pesticides sont un système qui fonctionne très bien avec des interdictions rituelles. Quand des pesticides sont interdits, d’autres prennent la suite. Pour les néonicotinoïdes, dès les premiers épandages de Gaucho sur les grandes cultures en 1992, les apiculteurs se sont rendu compte qu’il y avait une surmortalité délirante dans leurs ruchers. L’alerte a été donnée tout de suite. Et on est en 2018. Toutes les équipes politiques de droite et de gauche qui se sont succédé ont soutenu les néonicotinoïdes, ont refusé l’interdiction, permettant au passage à Bayer et BASF de rentabiliser leur poison. Il a donc fallu un quart de siècle pour obtenir leur interdiction mais il y a d’ores et déjà d’autres produits en circulation, ou qui seront bientôt en circulation. Par exemple il y a eu une alerte il y a six mois de la part de scientifiques de l’Inra [Institut national de la recherche agronomique], l’Inserm [Institut national de la santé et de la recherche médicale], du CNRS [Centre national de la recherche scientifique], qui mettent en garde contre les fongicides SDHi, et qui craignent qu’ils expliquent, notamment, l’augmentation considérable d’encéphalopathies graves chez les enfants. Et pourtant, ils sont épandus sur 70 % des surfaces de blé tendre en France.

Donc, les pesticides, c’est un système, ça ne finit jamais. La bataille est perdue d’avance si on ne remet pas en cause le système dans sa globalité. Il y a toujours d’autres produits pour remplacer ceux qui sont interdits après avoir fait des désastres monumentaux. Ou on attaque le système des pesticides, ou on se condamne à des campagnes perpétuelles, perpétuellement perdues. Au Grenelle de l’environnement, il a été décidé de diminuer de 50 % l’usage des pesticides, cela a coûté des milliards d’euros et pourtant, la consommation de pesticides a augmenté de 20 %. C’est un système pratiquement indestructible, qui est enraciné dans l’appareil d’État, qui a le soutien du ministère de l’Agriculture, d’une partie de l’Inra, de la FNSEA [Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, principal syndicat d’agriculteurs]. Il faut changer d’état d’esprit. On s’est tellement pris de coups sur la gueule depuis des décennies, on est allé si loin dans la destruction des formes de vie qu’il n’est que temps de réagir et d’unir toutes les forces disponibles pour gagner, pour abattre ce système des pesticides par l’affirmation d’une société vivante.

Je m’adresse à chaque lecteur de Reporterre en disant : c’est maintenant. Il faut que l’on accepte de donner du temps et de l’énergie pour une cause supérieure. C’est un appel insistant à l’action collective. C’est fondamental. J’entends trop souvent des gens qui disent : « Mais, qu’est-ce qu’on peut faire ? » Je dis : « Passons à l’action. Arrêtons de nous plaindre. » Il faut une perspective concrète qui mobilise chacun. Chacun doit trouver sa force et sa manière de répondre à l’Appel des coquelicots.

Propos recueillis par Marie Astier

LA GAZETTE DE SEPTEMBRE

27 septembre 2018

Une lettre de Greenpeace" France: HUILE DE PALME ET DEFORESTATION : interpellons les grandes marques ! greenpeace.png Bonjour Jean-Claude,

Unilever, Nestlé, Colgate-Palmolive, Mondelez, L’Oréal : ces multinationales s’étaient engagées à n’acheter plus que de l’huile de palme “Zéro Déforestation”. Nos recherches montrent aujourd’hui qu’elles n’ont pas tenu leurs promesses.

Greenpeace a enquêté sur 25 gros producteurs d’huile de palme en Asie du Sud-Est. Nous avons calculé que, depuis fin 2015, ces producteurs avaient détruit plus de 130 000 hectares de forêts tropicales en Indonésie. C’est près de 13 fois la taille de Paris ! Surprise : l’ensemble des 18 multinationales que nous avons passé à la loupe étaient liées à ces producteurs. Ces entreprises, vous les connaissez : chaque jour, elles inondent nos supermarchés avec leurs produits.

Nestlé et son Kit-Kat, Colgate et son dentifrice, Unilever et ses produits Dove, Mars et ses M&M’s, Procter & Gamble et son shampoing Head & Shoulders... et bien d’autres encore.

Face à l’urgence de protéger les forêts tropicales, remparts contre le changement climatique, les engagements ne suffisent plus ! Si ces multinationales achètent de l’huile de palme, elles doivent le faire auprès de producteurs capables de prouver qu’ils ne détruisent pas les forêts. Elles doivent également lâcher Wilmar, le plus grand négociant d’huile de palme du monde et qui est toujours responsable de déforestation.

Hier, 30 activistes de Greenpeace ont occupé une raffinerie géante d'huile de palme appartenant à Wilmar, en Indonésie. Ces activistes ont envoyé un message fort aux marques qui ne tiennent pas leurs engagements. L’heure est à la mobilisation : suivons l’exemple des activistes et interpellons ces marques ensemble !

J’interpelle les marques sur Twitter

Si vous n’êtes pas sur Twitter, n'hésitez pas faire suivre cet email à vos ami.e.s qui utilisent les réseaux sociaux ! Nous reviendrons vers vous en novembre pour vous proposer d’autres modes d’engagement, afin que vous puissiez vous aussi participer à la mobilisation.

Autre solution pour rappeler aux marques de laisser tomber l’huile de palme responsable de déforestation : rendez-vous sur la page Facebook de la marque de votre choix et laissez un commentaire sur le dernier post en date : Dove Kit-Kat L'Oréal Head & Shoulders M&M's Colgate

Mobilisons-nous pour protéger les forêts tropicales et la vie qu’elles abritent !

L’équipe Forêts de Greenpeace France

« NOUS VOULONS DES COQUELICOTS »

12 septembre 2018 / L’association Nous voulons des coquelicots

Ce mercredi 12 septembre, un « groupe de bénévoles sans argent » lance un « immense » Appel à la résistance pour l’interdiction de tous les pesticides. Ses auteurs demandent personnellement aux « amis de Reporterre » de le relayer.

L’association Nous voulons des coquelicots est « un groupe de bénévoles sans argent, composé d’une quinzaine de personnes, parmi lesquelles une directrice de crèche (retraitée), des décorateurs, une étudiante, une céramiste, deux paysans, une enseignante, une psychanalyste, des membres d’ONG, deux journalistes ». Elle est présidée par Fabrice Nicolino.

Coquelicot.jpg L’heure n’est plus à compter les oiseaux, les abeilles, les papillons morts et les humains malades. Le constat a été fait tant de fois, au travers de centaines d’études scientifiques rigoureuses, que discuter encore n’a plus de sens. Il faut se lever. Notre pays est devenu méconnaissable à cause des pesticides. Toutes les politiques ont échoué. Pis : toutes les équipes politiques au pouvoir depuis l’après-guerre ont soutenu le crime et continuent de le faire. La démission de Nicolas Hulot a montré au passage le rôle délétère des lobbies, qui défendent perpétuellement des intérêts financiers au détriment du sort commun.

Nous lançons ce 12 septembre 2018 un immense Appel qui doit provoquer un soulèvement pacifique de la société française. Il pourrait durer deux ans et vise à mobiliser au moins cinq millions de soutiens. C’est ambitieux, mais l’objectif l’est, car il s’agit d’obtenir l’interdiction de tous les pesticides (de synthèse) en France. Amis, oui amis de Reporterre, vous devez être au premier rang de cette bagarre.

Chacun, oui chacun, doit trouver la manière sincère et intime de répandre cet Appel

Il faut donc relever la tête, unir toutes les forces disponibles, agir tout de suite. Le pari repose sur l’espoir que la société française reste vivante. Un pays libre garde le droit de refuser ce qu’il ne supporte plus et de l’imposer à ses dirigeants, quels qu’ils soient. N’oublions jamais qu’en vingt ans, des millions de consommateurs se sont détournés, au moins en partie, de l’alimentation farcie de pesticides. C’est sur eux que nous comptons. Qui sommes-nous ? Un groupe de bénévoles sans argent, composé d’une quinzaine de personnes, parmi lesquelles une directrice de crèche (retraitée), des décorateurs, une étudiante, une céramiste, deux paysans, une enseignante, une psychanalyste, des membres d’ONG, deux journalistes. Nous avons créé dans l’urgence une association, Nous voulons des coquelicots, dont le président est Fabrice Nicolino. coquelicot1.jpg « L’Appel n’est jamais qu’un départ. Ce n’est pas une pétition, oubliée aussitôt que signée. Il oblige, et veut transformer des milliers de signataires en autant d’acteurs sociaux dont le but sera d’œuvrer à la victoire. »

La vaste campagne qui commence a besoin du soutien de tous, car tous, y compris les journalistes qui en parleront peut-être, sont concernés de la même manière. Chacun, oui chacun, doit trouver la manière sincère et intime de répandre cet Appel, de manière qu’il devienne viral et atteigne le moindre recoin de la société. Pour la raison, évidente pour nous, qu’il n’est pas une parole écologiste ou politique au sens étroit, mais bien un Appel d’humains à tous les autres humains. Pour nous, c’est l’heure, et elle ne repassera pas.

Cet Appel se décompose ainsi. D’abord et bien entendu, nous invitons toutes et tous à le signer à l’adresse internet : nousvoulonsdescoquelicots.org. Ce même 12 septembre paraît aux éditions Les Liens qui libèrent (LLL), un livre-manifeste signé par Fabrice Nicolino et François Veillerette, Nous voulons des coquelicots. La chanteuse Emily Loizeau prépare une chanson qui nous accompagnera pendant des mois.

À la manière d’un téléthon anti-pesticides 

Loin d’être un point d’arrivée, l’Appel n’est jamais qu’un départ. Ce n’est pas une pétition, oubliée aussitôt que signée. Il oblige, et veut transformer des milliers de signataires en autant d’acteurs sociaux dont le but sera d’œuvrer à la victoire. Comment ? Nous faisons fabriquer un coquelicot en tissu de récupération dans un atelier de réinsertion, qui servira de cocarde, de bannière et de point de ralliement. Il est muni d’un système d’attache qui permettra de le porter à sa boutonnière et sera vendu, car il s’agit d’un acte de soutien à l’Appel, deux euros. Nous espérons que ce bel objet sera autant porté que la petite main de SOS Racisme il y a trente ans. Pendant toute la durée de l’Appel — deux ans, rappelons-le — et chaque mois, les signataires se retrouveront le même jour et à la même heure sur les places des villes et des villages des lieux où ils habitent. Et tout commence le vendredi 5 octobre à 18 h 30.

Pendant ces deux années, à la manière d’un téléthon anti-pesticides, nous souhaitons que des milliers d’événements de toutes tailles et de tous ordres aient lieu en France, pour défendre l’espoir d’un pays enfin débarrassé de ces terribles poisons. Nous donnerons plus tard la liste, déjà importante, des groupes, associations et personnalités qui soutiennent notre grand mouvement démocratique. Nous n’avons sollicité aucun politique, car c’est désormais la société qui parle.

NOUS VOULONS DES COQUELICOTS

APPEL À LA RÉSISTANCE POUR L’INTERDICTION DE TOUS LES PESTICIDES appel-a4-v2.jpg Les pesticides sont des poisons qui détruisent tout ce qui est vivant. Ils sont dans l’eau de pluie, dans la rosée du matin, dans le nectar des fleurs et l’estomac des abeilles, dans le cordon ombilical des nouveau-nés, dans le nid des oiseaux, dans le lait des mères, dans les pommes et les cerises. Les pesticides sont une tragédie pour la santé. Ils provoquent des cancers, des maladies de Parkinson, des troubles psychomoteurs chez les enfants, des infertilités, des malformations à la naissance. L’exposition aux pesticides est sous-estimée par un système devenu fou, qui a choisi la fuite en avant. Quand un pesticide est interdit, dix autres prennent sa place. Il y en a des milliers. Nous ne reconnaissons plus notre pays. La nature y est défigurée. Le tiers des oiseaux ont disparu en quinze ans ; la moitié des papillons en vingt ans ; les abeilles et les pollinisateurs meurent par milliards ; les grenouilles et les sauterelles semblent comme évanouies ; les fleurs sauvages deviennent rares. Ce monde qui s’efface est le nôtre et chaque couleur qui succombe, chaque lumière qui s’éteint est une douleur définitive. Rendez-nous nos coquelicots ! Rendez-nous la beauté du monde ! Non, nous ne voulons plus. À aucun prix. Nous exigeons protection. Nous exigeons de nos gouvernants l’interdiction de tous les pesticides [1] en France. Assez de discours, des actes.

https://nousvoulonsdescoquelicots.org/

NICOLAS, MERCI D'AVOIR ENFIN CRAQUE! Nicolas Hulot.jpg Lettre ouverte de Claire Nouvian, chroniqueuse à "l'Obs", présidente de l'association Bloom, et prix Goldman de l'environnement, à Nicolas Hulot.

Cela fait plus d'un an que nous assistons avec désarroi, impuissance et inquiétude, à la mise en scène d'une politique qui tente de masquer, derrière des discours, sa vraie nature libérale et hypercapitaliste, profondément incompatible avec les décisions de long terme qu'impose l'impératif de survie de la biosphère.

Ces discours n'ont pas un seul instant dupé les experts, qu'il s'agisse des scientifiques ou des associations luttant contre la destruction des normes sociales, humanitaires, climatiques ou environnementales…

Emmanuel Macron se prend peut-être pour Jupiter mais il n'est pas sorti de sa cuisse !

Il avait d'ailleurs déjà imprimé sa marque lors de son passage au ministère de l'économie dans le gouvernement Hollande : il s'était prononcé en faveur de l'extraction d'or en Guyane par un conglomérat russo-canadien

il avait signé le décret d'extraction des sables en baie de Lannion (à proximité de zones protégées Natura 2000)

il avait donné un avis défavorable à la publication en toute transparence des subventions publiques versées au secteur de la pêche (et majoritairement accaparées par les lobbies de la pêche industrielle)

il avait montré sa proximité avec les lobbies au moment de sa "loi Macron"

il soutenait déjà les traités de libre-échange qui facilitent l'emprise des multinationales sur nos vies et soumettent nos juridictions nationales ou européennes à leur joug.

Alors, Nicolas, ma question, c'est : sur quelles bases as-tu pu croire qu'Emmanuel Macron mènerait une politique favorable à l'environnement ? Qu'est-ce qui a présidé à ton choix d'offrir ta crédibilité à ce gouvernement, plutôt qu'à un autre, en dépit du fait que le candidat Macron avait soigneusement évité de prendre des engagements concrets et ambitieux sur la transition écologique ?   Les présidents successifs depuis Chirac t'auraient décroché la Lune pour te compter dans leur gouvernement, mais c'est au moins-disant d'entre eux, en matière d'écologie, que tu as fait le cadeau de ton nom et de ce qu'il porte de sincérité et de constance pour la protection du vivant, des écosystèmes, du climat et des victimes de nos dérèglements…

Dans le milieu de la protection de l'environnement, des droits de l'homme, des associations de lutte contre la corruption et l'évasion fiscale, le ruissellement de mauvaises nouvelles qui a suivi l'élection d'Emmanuel Macron n'a rien de surprenant. C'est au contraire en toute cohérence avec son credo néolibéral que ce gouvernement agit. Tes révélations sur la présence du lobbyiste des chasseurs, Thierry Coste, dans les premiers cercles du pouvoir, ont permis de déchirer le voile de ce que nous, écologistes aux prises avec ces lobbies, savons et dénonçons depuis les tout débuts de ce gouvernement :

avec Macron, les lobbies ont changé d'ère. Ils ne font plus le siège du pouvoir. Ils SONT au pouvoir.

Lorsque l'on désigne l'ancien chef des relations publiques d'Areva au poste de Premier ministre, il ne faut pas s'étonner du renoncement du gouvernement aux engagements de la transition énergétique sur le nucléaire. Lorsque l'on confie le ministère de l'Agriculture à un proche de la FNSEA, après avoir pensé le confier directement à sa présidente, on récolte ce que l'on a semé : la fin des aides à l'agriculture bio, des états généraux de l'alimentation transformés en mascarade de consultation citoyenne, pilotés par les lobbies et dont le gouvernement a largement ignoré les résultats.

Pendant ce temps, un tiers de nos agriculteurs tente de survivre avec un revenu de 350 euros par mois. Face à cette précarité inhumaine, à un avenir bouché, sans espoir, un agriculteur se suicide tous les deux jours.

Qu'Emmanuel Macron n'ait pas tout mis en œuvre pour tenir sa promesse d'assurer un "juste prix" aux paysans pour qu'ils puissent "vivre dignement" de leur travail, est d'une brutalité insoutenable.*

Voilà le visage sans fard du capitalisme débridé qui a perdu la mesure des choses, qui œuvre dans une seule logique de profit mangeuse d'hommes et du vivant. Quand 15.000 scientifiques avertissent l'humanité que "de grandes misères humaines" nous attendent si nous ne changeons pas radicalement notre gestion de la Terre et de la vie, quand les insectes ne maculent plus nos pare-brises l'été parce qu'ils ont disparu de nos campagnes, quand les chalutiers industriels s'équipent d'électrodes pour déloger les derniers poissons, c'est le signe que nous sommes en guerre contre la nature. Et tu le sais mieux que personne. Tu sais que ce n'est pas une politique du compromis du plus faible, une politique d'ajustements à la marge qui peut nous éviter le décrochage des écosystèmes et des humains avec eux. Alors oui, on s'est questionnés sur tes motivations, tes objectifs… On est sans doute loin d'imaginer ce que ta présence a permis d'empêcher ou de limiter.

On attend de toi que tu rendes compte de cela avec sincérité, car te voir avaler autant de couleuvres était une souffrance pour nous.

Cela ne nous a pas aidés non plus. Ta présence au gouvernement lui a donné une caution, ta caution, et nous a fait passer pour des extrémistes. Critiquer l'action d'un homme apparemment aussi "raisonnable" que Macron a rangé les associations environnementales, les acteurs de la transformation agricole, les pêcheurs artisans broyés par les industriels, les défenseurs des droits de l'homme, tous ceux qui œuvrent pour une transition vers un monde plus juste et plus durable, dans la boîte des "radicaux".

Tu n'avais pas de "troupes" derrière toi, dis-tu. Mais en quoi est-ce surprenant ?

Cela se négocie ! La politique, ce n'est rien d'autre qu'un rapport de force de chaque instant ! C'est se battre pour la composition de son ministère, ne pas accepter de se faire imposer les secrétaires d'Etat ou les membres du cabinet. C'est arracher avec les dents les arbitrages interministériels. C'est dénoncer les coups bas, l'immoralité de certaines décisions. C'est refuser le régime dictatorial de Macron envers la presse. C'est s'émanciper, mettre sous pression, aller chercher sa légitimité dans l'opinion publique. Sous prétexte d'éviter les couacs du quinquennat Hollande, Macron a réinventé les règles du jeu politique et porté des coups au cœur même de la démocratie. Dans un excès d'autoritarisme, il a jugulé les ministres et les députés dans une régression ahurissante de la liberté de parole.

Tu n'es pas assez teigne, Nicolas, tu as trop la culture du compromis pour tenir tête à un personnel politique dont l'égo, l'autorité et l'arrogance ont explosé avec l'accession au pouvoir.

Quand tu dis que tu as une immense admiration pour Emmanuel Macron et Edouard Philippe, de quoi parles-tu ? De leur charisme ? De leur capacité de travail ? De leur propension naturelle à mener les hommes ? Il faudra épiloguer Nicolas, car nous attendons que tu scindes les relations amicales qui peuvent te lier à ceux avec lesquels tu as interagi pendant des mois, du bilan sans concession de leurs actes.

Ce qui compte pour nous, ce qui devrait uniquement compter pour les Français, ce sont les faits, et il est désormais possible de juger sur pièces. La liste est longue, et sans la vouloir exhaustive, nous en avons dressé un début sur le site de BLOOM. Oublions les discours, jugeons les actes.

La République en Marche s'est empressée d'écrire à ses sympathisants et donateurs pour leur signifier que tout allait bien, que le bilan écologique du gouvernement était "à la hauteur des enjeux". Ils ne manquent pas de ressources pour dresser de tels écrans de fumée destinés à minimiser le séisme politique et idéologique que ton départ provoque. Mais j'ai espoir que les Français sauront tirer les conséquences électorales de ton acte et sanctionner un parti qui nous a trahis, qui a trahi ses militants les plus jeunes et les plus mobilisés en leur faisant croire que la marche du monde pouvait se poursuivre sur les mêmes modèles de pensée, de réussite, de production et de consommation, alors que c'est un mensonge qui met en péril les fondements mêmes de notre stabilité, de notre démocratie et que cela pourrait nous coûter notre liberté et notre avenir. Nicolas, merci d'avoir enfin craqué. Merci d'avoir permis ce moment tant attendu de grande clarification avant les élections européennes. Désormais les choses sont aussi nettes que le vote d'un amendement : on adopte, on rejette, ou on s'abstient. Les Français ne pourront pas dire qu'ils ne savaient pas. S'ils choisissent la croyance plutôt que la connaissance, s'ils choisissent les discours enjoliveurs du gouvernement contre sa réalité brute, ils le feront en âme et conscience.

Claire Nouvian, fondatrice de Bloom

BIENVENUE AU PAYS DE L'OURS

La lettre du "Pays de l'ours"

Démission de Nicolas Hulot : Et maintenant ? nicolas-hulot-un-bilan-en-creux_4140101_540x269p.jpg Les raisons pour lesquelles Nicolas Hulot quitte le gouvernement ne peuvent qu’inquiéter toute personne sensible à la cause environnementale. Que Nicolas Hulot, ministre compétent et motivé, considère que ce gouvernement n’intègre pas les enjeux écologiques dans ses décisions et sa politique n’augure rien de bon pour l’avenir de la planète, y compris de l’humanité elle-même.

Le Premier Ministre et le Président de la République clament depuis qu’ils s’engagent à poursuivre le travail engagé avec Nicolas Hulot au Ministère de la Transition Ecologique.

Il se trouve que le « Plan d’action Ours brun – Pyrénées » fait partie des rares « petits pas » gagnés par Nicolas Hulot et rien ne saurait en effet justifier qu’il soit maintenant remis en cause : • La consultation publique réalisée cet été est sans ambiguïté : près de 90% des Français soutiennent cette décision ! • La restauration d’une population viable d’ours demeure une obligation légale de la France, comme l’a confirmé le Tribunal administratif le 6 mars dernier en condamnant l’Etat pour son inaction dans ce domaine !

Alors quoi … ?

Soit le gouvernement respecte le travail de Nicolas Hulot en matière de biodiversité et poursuit normalement la mise en œuvre du plan d’action pour l’ours qu’il a adopté ce printemps, à commencer par le lâcher de deux ourses cet automne en Béarn ;

Soit l’analyse de Nicolas Hulot justifiant son départ serait confirmée au-delà même de ses craintes : les lobbies gouvernent en France, l’intérêt général est soumis aux intérêts privés et économiques à court terme, et tout espoir de transition écologique s’évapore « durablement » ...

Ensemble, sauvons l'ours dans les Pyrénées. Adhérez et/ou faites un don à Pays de l'Ours - Adet http://paysdelours.com/

Ensemble, sauvons l'ours dans les Pyrénées. Adhérez et/ou faites un don à Pays de l'Ours - Adet

PLUIES MEDITERRANEENNES INTENSES: "un automne difficile" en perspective

une dépêche de l' AFP du 5 septembre épisodes cévenols.jpg Le phénomène des pluies méditerranéennes intenses, ou "épisodes cévenols", "est en train de s'accentuer, et cela est bien sûr lié au changement climatique", a averti mercredi le Préfet de la région Paca, craignant "un automne difficile".

"Le changement climatique contribue au réchauffement maritime", a souligné Pierre Dartout, dans le cadre du lancement d'une campagne d'information sur ces pluies intenses qui frappent régulièrement les 15 départements de l'arc méditerranéen de septembre à décembre, comme en octobre 2015 dans les Alpes-Maritimes, avec 20 morts: "Et le réchauffement de la Méditerranée cet été peut faire craindre un automne difficile", avertit le Préfet, également à la tête de la Zone de défense et de sécurité Sud qui regroupe Paca, l'Occitanie et la Corse.

Caractérisés par des précipitations d'au moins 150 mm en 24 heures, pour des précipitations annuelles de 600 à 750 mm pour l'arc méditerranéen, ces pluies méditerranéennes intenses peuvent atteindre des pics avec 40 mm à 100 mm par heure. En 2014, à Vallon-Pont-d'Arc, l'Ardèche avait ainsi vu son débit passer de 40 à 2270 mètres cubes par seconde en l'espace de 5 heures.

"La première chose à éviter est en fait de prendre sa voiture, un tiers des victimes de ce genre de phénomènes sont des automobilistes", a souligné Ghislaine Verrhiest-Leblanc, chargée de mission inondation pour l'arc Méditerranéen, en rappelant que 30 cm d'eau suffisent à emporter un véhicule. A Mandelieu-la-Napoule, en 2015, huit des victimes se sont ainsi noyées en tentant de rejoindre leurs véhicules dans des parkings-souterrains.

"S'informer, ne pas prendre sa voiture, se réfugier en hauteur dans les bâtiments, ne pas chercher ses enfants à l'école", etc: cette campagne d'information sur les "épisodes cévenols" liste notamment "les 8 bons comportements" à respecter en cas de pluie-inondation.

Pour s'informer, les habitants peuvent notamment compter sur le site www.vigicrues.gouv.fr ou sur le site de Météo France, où la carte de vigilance crues est actualisée au moins deux fois par jour, à 06h00 et 16h00.

Conséquences de la conjonction de trois paramètres, un vent de mer de basse altitude, une température élevée de la Méditerranée et un courant froid en haute altitude sur les terres, ces "épisodes cévenols" frappent bien au delà des Cévennes, avec trois départements particulièrement touchés sur les 15 concernés par cette campagne: le Gard, l'Hérault et l'Ardèche.

SAUVER LA TERRE Une tribune du journal LE MONDE du 3 septembre

afp.jpg « Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité » : l’appel de 200 personnalités pour sauver la planète

D’Alain Delon à Patti Smith, tous ont répondu à l’appel de Juliette Binoche et de l’astrophysicien Aurélien Barrau pour une action politique « ferme et immédiate » face au changement climatique.

Quelques jours après la démission de Nicolas Hulot, nous lançons cet appel : face au plus grand défi de l’histoire de l’humanité, le pouvoir politique doit agir fermement et immédiatement. Il est temps d’être sérieux.

Nous vivons un cataclysme planétaire. Réchauffement climatique, diminution drastique des espaces de vie, effondrement de la biodiversité, pollution profonde des sols, de l’eau et de l’air, déforestation rapide : tous les indicateurs sont alarmants. Au rythme actuel, dans quelques décennies, il ne restera presque plus rien. Les humains et la plupart des espèces vivantes sont en situation critique.

Pas trop tard pour éviter le pire

Il est trop tard pour que rien ne se soit passé : l’effondrement est en cours. La sixième extinction massive se déroule à une vitesse sans précédent. Mais il n’est pas trop tard pour éviter le pire. Nous considérons donc que toute action politique qui ne ferait pas de la lutte contre ce cataclysme sa priorité concrète, annoncée et assumée, ne serait plus crédible.

Nous considérons qu’un gouvernement qui ne ferait pas du sauvetage de ce qui peut encore l’être son objectif premier et revendiqué ne saurait être pris au sérieux. Nous proposons le choix du politique – loin des lobbys – et des mesures potentiellement impopulaires qui en résulteront.

C’est une question de survie. Elle ne peut, par essence, pas être considérée comme secondaire. De très nombreux autres combats sont légitimes. Mais si celui-ci est perdu, aucun ne pourra plus être mené.

Isabelle Adjani, actrice ; Laure Adler, journaliste ; Pedro Almodovar, cinéaste ; Laurie Anderson, artiste ; Charles Aznavour, chanteur ; Santiago Amigorena, écrivain ; Pierre Arditi, acteur ; Niels Arestrup, acteur ; Ariane Ascaride, actrice ; Olivier Assayas, cinéaste ; Yvan Attal, acteur, cinéaste ; Josiane Balasko, actrice ; Aurélien Barrau, astrophysicien (Institut universitaire de France) ; Nathalie Baye, actrice ; Emmanuelle Béart, actrice ; Xavier Beauvois, cinéaste ; Alain Benoit, physicien (Académie des sciences) ; Jane Birkin, chanteuse, actrice ; Juliette Binoche, actrice ; Benjamin Biolay, chanteur ; Dominique Blanc, actrice ; Gilles Boeuf, biologiste ; Mathieu Boogaerts, chanteur ; John Boorman, cinéaste ; Romane Bohringer, actrice ; Carole Bouquet, actrice ; Stéphane Braunschweig, metteur en scène ; Zabou Breitman, actrice, metteuse en scène ; Nicolas Briançon, acteur, metteur en scène ; Irina Brook, metteuse en scène ; Valeria Bruni Tedeschi, actrice, cinéaste ; Florence Burgat, philosophe ; Gabriel Byrne, acteur ; Cali, chanteur ; Sophie Calle, artiste ; Jane Campion, cinéaste ; Isabelle Carré, actrice ; Emmanuel Carrère, écrivain ; Anne Carson, auteure et professeure ; Michel Cassé, astrophysicien ; Laetitia Casta, actrice ; Bernard Castaing, physicien (Académie des sciences) ; Antoine de Caunes, journaliste, cinéaste ; Alain Chamfort, chanteur ; Boris Charmatz, chorégraphe ; Christiane Chauviré, philosophe ; Jeanne Cherhal, chanteuse ; François Civil, acteur ; Hélène Cixous, écrivaine ; Isabel Coixet, cinéaste ; Françoise Combes, astrophysicienne (Collège de France) ; François Cluzet, acteur ; Gregory Colbert, photographe, cinéaste ; Bradley Cooper, acteur ; Brady Corbet, acteur ; Béatrice Copper-Royer, psychologue ; Marion Cotillard, actrice ; Denis Couvet, écologue ; Camille Cottin, actrice ; Clotilde Courau, actrice ; Franck Courchamp, écologue (Académie européenne des sciences) ; Nicole Croisille, chanteuse ; David Cronenberg, cinéaste ; Alfonso Cuaro, cinéaste ; Willem Dafoe, acteur ; Philippe Decouflé, chorégraphe ; Sébastien Delage, musicien ; Vincent Delerm, chanteur ; Alain Delon, acteur ; Catherine Deneuve, actrice ; Claire Denis, cinéaste ; Philippe Descola, anthropologue (Collège de France) ; Alexandre Desplat, compositeur ; Manu Dibango, musicien ; Hervé Dole, astrophysicien (Institut universitaire de France) ; Valérie Dréville, actrice ; Diane Dufresne, chanteuse ; Sandrine Dumas, actrice, metteuse en scène ; Romain Duris, acteur ; Lars Eidinger, acteur ; Marianne Faithfull, chanteuse ; Pierre Fayet, physicien (Académie des sciences) ; Ralph Fiennes, acteur ; Frah (Shaka Ponk), chanteur ; Cécile de France, actrice ; Stéphane Freiss, acteur ; Thierry Frémaux, directeur de festival ; Jean-Michel Frodon, critique, professeur ; Marie-Agnès Gillot, danseuse étoile ; Pierre-Henri Gouyon, biologiste ; Julien Grain, astrophysicien ; Anouk Grinberg, actrice ; Mikhaïl Gromov, mathématicien (Académie des sciences) ; Sylvie Guillem, danseuse étoile ; Arthur H, chanteur ; Ethan Hawke, acteur ; Christopher Hampton, scénariste ; Nora Hamzawi, actrice ; Ivo Van Hove, metteur en scène ; Isabelle Huppert, actrice ; Agnès Jaoui, actrice, cinéaste ; Michel Jonasz, chanteur ; Camelia Jordana, chanteuse ; Jean Jouzel, climatologue (Académie des sciences) ; Juliette, chanteuse ; Anish Kapoor, sculpteur, peintre ; Mathieu Kassovitz, acteur ; Angélique Kidjo, chanteuse ; Cédric Klapisch, cinéaste ; Thierry Klifa, cinéaste ; Panos H. Koutras, cinéaste ; Lou de Laâge, actrice ; Ludovic Lagarde, metteur en scène ; Laurent Lafitte, acteur ; Laurent Lamarca, chanteur ; Maxence Laperouse, comédien ; Camille Laurens, écrivaine ; Bernard Lavilliers, chanteur ; Sandra Lavorel, écologue (Académie des sciences) ; Jude Law, acteur; Patrice Leconte, cinéaste ; Roland Lehoucq, astrophysicien ; Gérard Lefort, journaliste ; Nolwenn Leroy, chanteuse ; Peter Lindbergh, photographe ; Louane, chanteuse ; Luce, chanteuse ; Ibrahim Maalouf, musicien ; Vincent Macaigne, metteur en scène, acteur ; Benoît Magimel, acteur ; Yvon Le Maho, écologue (Académie des sciences) ; Andreï Makine, écrivain de l’Académie Française ; Abd al Malik, rappeur ; Sophie Marceau, actrice ; Virginie Maris, philosophe ; André Markowicz, traducteur ; Nicolas Martin, journaliste ; Vincent Message, écrivain ; Wajdi Mouawad, metteur en scène ; Nana Mouskouri, chanteuse ; Jean-Luc Nancy, philosophe ; Arthur Nauzyciel, metteur en scène ; Safy Nebbou, cinéaste ; Pierre Niney, acteur ; Helena Noguerra, chanteuse ; Claude Nuridsany, cinéaste ; Michael Ondaatje, écrivain ; Thomas Ostermeier, metteur en scène ; Clive Owen, acteur ; Corine Pelluchon, philosophe ; Laurent Pelly, metteur en scène ; Raphaël Personnaz, acteur ; Dominique Pitoiset, metteur en scène ; Denis Podalydès, acteur ; Pomme, chanteuse ; Martin Provost, cinéaste ; Olivier Py, metteur en scène ; Susheela Raman, chanteuse ; Charlotte Rampling, actrice ; Raphaël, chanteur ; Régine, chanteuse ; Cécile Renault, astrophysicienne ; Robin Renucci, acteur ; Jean-Michel Ribes, metteur en scène ; Tim Robbins, acteur ; Muriel Robin, actrice ; Isabella Rossellini, actrice ; Brigitte Roüan, actrice, cinéaste ; Carlo Rovelli, physicien (Institut universitaire de France) ; Eric Ruf, directeur de la Comédie-Française ; Céline Sallette, actrice ; Rodrigo Santoro, acteur ; Marjane Satrapi, cinéaste ; Kristin Scott Thomas, actrice ; Albin de la Simone, musicien ; Abderrahmane Sissako, cinéaste ; Marianne Slot, productrice ; Patti Smith, chanteuse, écrivaine ; Sabrina Speich, géoscientifique ; Marion Stalens, réalisatrice ; Kristen Stewart, actrice ; Tom Stoppard, dramaturge ; Peter Suschitzky, chef opérateur ; Malgorzata Szumowska, cinéaste ; Béla Tarr, cinéaste ; Gilles Taurand, scénariste ; Alexandre Tharaud, musicien ; James Thierrée, danseur, chorégraphe ; Mélanie Thierry, actrice ; Danièle Thompson, cinéaste ; Melita Toscan du Plantier, attachée de presse ; Jean-Louis Trintignant, acteur ; John Turturro, acteur ; Hélène Tysman, pianiste ; Pierre Vanhove, physicien ; Karin Viard, actrice ; Polydoros Vogiatzis, acteur ; Rufus Wainwright, chanteur ; Régis Wargnier, cinéaste ; Jacques Weber, acteur ; Wim Wenders, cinéaste ; Sonia Wieder-Atherton, musicienne ; Bob Wilson, metteur en scène ; Lambert Wilson, acteur ; Jia Zhang-ke, cinéaste ; Elsa Zylberstein, actrice

LA GAZETTE D'AOUT

A propos de Nicolas HULOT

Parmi les nombreux articles de presse qui relate la démission de Nicolas Hulot du gouvernement Macron , j'ai choisi celui de Laurent Ballesta écrit dans Midi Libre.

Vous connaissez peut-être Laurent, biologiste et photographe sous-marin montpelliérain. Durant près de 14 ans, il accompagna Nicolas Hulot au cours de ses expéditions pour Ushuaïa Nature Laurent Ballesta.jpg

Voici ce qu'il écrivait le 28 août, au soir de la démission de son ami Nicolas.

"La mer est sublime ce matin, épaisse et limpide à la fois, comme seule la Méditerranée sait l’être. En sortant de l’eau, il n’est pas encore 8h30, la journée s’annonce belle, et puis hélas j’allume la radio. Nicolas Hulot démissionne.

La stupéfaction est aussi grande pour les intervieweurs que pour les auditeurs. Son ton calme et ému, ni rageur, ni vengeur impose le respect et c’est à peine si les journalistes osent l’interrompre. On assiste, presque muet, à un instant de grâce, quand bien même est-il dramatique.

Bien sûr, dans un sursaut d’égo d’animatrice vedette, on lui pose cette question vicieuse pour savoir si ce renoncement ne serait pas l’aveu de son incompétence. Il répond "peut-être" parce que, lui, en a fini depuis longtemps, avec l’orgueil.

Moi je crois savoir que ce boulot il le fait pour de bonne