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1 TOPO-RANDO EDITE DANS CETTE PAGE

1.MONTPELLIER-LE-VIEUX P1020028.JPG LOCALISATION : Languedoc – Aveyron – Grands Causses

**Difficulté : *** Itinéraire en boucle sans difficultés particulières. Cheminement évident  sur sentiers bien tracés, sans pentes raides ni grosses dénivelées, avec quand même quelques cailloux (on est sur du calcaire)! Temps de parcours 5h30 + les arrêts. Dénivelée : 770m

Départ: du village de Laroque Ste Marguerite.

Comment y aller : Se rendre à Millau par l’A75/N9. En bas de la descente, au rond point à l’entrée de la ville, suivre Rodez Clermont-Ferrand. Traverser le Tarn, poursuivre sur la ‘’rocade’’. Au rond-point suivant, aller à droite direction Montpellier – le – Vieux / Gorges de la Dourbie. Retraverser le Tarn, et au rond point suivant , ne pas suivre la direction Montpellier – le – Vieux, mais prendre vers Laroque Ste Marguerite / Gorges de Dargilan. Remonter ainsi la Dourbie, rive droite, par la D991, sur plusieurs kilomètres jusqu’à Laroque Ste Marguerite. A l’entrée du village, il y a une route qui part à droite pour traverser un pont. Ne pas la prendre mais continuer tout droit et tourner dans la première ruelle à gauche (peu visible), juste avant le café-restaurant. Cent mètres et il y a un petit parking. Cartographie :

Pour la route : Carte Michelin n° 83 et 80 ou IGN R16 Midi-Pyrénées ou Top 250 Pyrénées-Languedoc-Roussillon.

Pour la balade : carte IGN : 2641OT Millau – Gorges de la Dourbie – Causse Noir

LA RANDO P1020014.JPG La plupart des marcheurs que vous croiserez seront arrivés par le Causse et en voiture, ayant sagement garé leur véhicule au parking payant pour ensuite effectuer le circuit pédestre (quoique certains courageux préfèent prendre le petit train à roulettes). Vous, au contraire, partirez de la vallée de la Dourbie, et grimperez jusqu’au site grâce à un joli sentier, ayant ainsi l’impression d’avoir mérité la visite (et vous économiserez quelques euros). Après s’être perdu dans le dédale dolomitique, l’itinéraire rejoint le chaos de Roques – Altès, posé au milieu du Causse, puis une dernière descente très agréable avec de belles vues sur les Gorges de la Dourbie rejoint la vallée et le village de Laroque

P1020051.JPG ITINERAIRE

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REPERAGE

Généralités- Aperçu géographique

Les Grands Causses ou Causses Majeurs, comme les appelait E.A. Martel, dessinent au sud du Massif Central un arc de hauts plateaux calcaires. Ils constituent de vastes étendues tabulaires à la surface relativement peu accidentée, dont l'altitude avoisine 1000 mètres. Dans ces plateaux les rivières, le Tarn, la Jonte et la Dourbie, ont creusé de profonds canyons aux parois abruptes et aux crêtes déchiquetées.

Partout la roche domine le paysage. Bien que roche imperméable, le calcaire des Causses est intensément fracturé. Les eaux de pluies, à peine tombées, s'infiltrent dans les nombreuses fissures de la roche. La végétation, rase et clairsemée, est coupée ça et là de buissons bas ou d'arbustes tortueux réunis en maigres bouquets. Rien n'arrête le vent quand il souffle. L'hiver y est rigoureux et les étés torrides. Hameaux et villages sont rares. Tous ces traits contribuent à laisser une impression de nudité aride qui vaut souvent aux Causses le qualificatif de "Désert Français". Pourtant, une race d'hommes durs et fiers, jaloux de leurs traditions, les Caussenards, s'accroche à cette solitude minérale. Palliant l'absence de bois, de majestueuses arches de pierres supportent les lourdes lauzes calcaires qui couvrent les demeures caussenardes : fermes et bergeries, nichées dans les creux à l'abri des vents. L'eau est précieusement recueillie dans les citernes des fermes, ou dans les "lavognes", ces abreuvoirs aux harmonieuses formes arrondies où s'arrêtent les troupeaux. Traditionnellement, les cultures étaient localisées dans les "sotchs" ou "dolines", ces dépressions où s'accumule une terre argileuse rouge propice aux céréales et aux plantes fourragères. Les pierres arrachées au sol étaient rassemblées en "clapas", ces tas de pierres sèches qui parsèment encore les anciens champs. Mais depuis quelques années, de nouveaux engins agricoles permettent de briser sur place la roche et de disputer ainsi au minéral des parcelles plus vastes : un nouvel essor agricole est en cours. Malgré tout, la roche se laisse difficilement apprivoiser et le Causse ne présente souvent que de maigres prairies de graminées sauvages et de fantastiques rochers étrangement ciselés. Les pâturages, aux herbes rares mais parfumées d'essences déjà méditerranéennes, sont le domaine des brebis et des abeilles. Celles-ci donnent des miels fameux tandis que le lait de celles-là sert à fabriquer le roquefort, et leur peau, les cuirs fins de Millau.

Les rochers, burinés par les eaux, offrent aux promeneurs des aspects divers mais tous attrayants : vertigineuses corniches dominant les canyons du Tarn et de la Jonte ; cavernes et avens sans fond, dissimulant jalousement de merveilleuses concrétions comme celles de l'Aven Armand, joyau du monde souterrain aménagé ; pittoresques ensembles de rochers ruiniformes de Nimes-le-Vieux et des Arcs de St-Pierre sur le Méjean, du Caylar sur le Larzac, du Rajol et de Montpellier-le-Vieux sur le Causse Noir. Parmi ces derniers, Montpellier-le-Vieux est par sa superficie aussi vaste que tous les autres réunis. La variété et le pittoresque de ses rochers, la diversité des formes n'ont aucune équivalence.

Un peu d'histoire

Contrairement à ce qu’on pourrait penser Montpellier-le-Vieux n’est pas une ville, mais un ensemble rocheux dû au ruissellement des eaux. Ce sont les bergers de la région qui, dit-on, lui ont donné son nom. Sans doute ce paysage leur rappelait-il l’enchevêtrement des ruelles médiévales qui caractérisaient autrefois la capitale languedocienne. Longtemps connu des seuls pasteurs qui trouvaient à s’abriter dans les grottes du site pendant la transhumance des troupeaux du bas Languedoc vers les pâturages de l’Aubrac. Montpellier-le-Vieux fut « découvert » en 1883. Deux ans plus tard l fondateur de la spéléologie moderne, Edouard Martel, établit le plan très précis de ses ravins, piliers, arches ou donjons naturels de tous ses reliefs et dépressions. Chaque élément y a aujourd’hui son nom : le Nez des Cyrano, le Sphinx, la Quille, le Crocodile, la Tête d’Ours, le Chameau, l’Amphore, l’Oule, la Poterne, la Tête d’Arlequin, le Cénotaphe,…etc. Jusqu’à la fin du XIXè siècle, demeura donc c’est inextricable entrelacs de roches et de végétation qui suscitait de nombreuses peurs et superstitions. Les loups y trouvaient en effet refuge, et il n’était pas rare que les bergers constatent qu’une chèvre ou un mouton manquait dans leur troupeau. Ces mystérieuses disparitions et l’aspect fort étrange de ce lieu l’avaient désigné aux yeux de la population comme le repaire de Satan.

Géologie

Pour le géologue, Montpellier-le-vieux est un Mega lapiaz, * nom savamment barbare donné aux formations résultant de la double action sur les roches calcaires, des eaux de pluies par corrosion et ravinement. C'est en effet, à la fois à la nature particulière de la roche et à son comportement devant les attaques de l'eau que l'on doit ces morphologies surprenantes dont voici l'histoire.

C'était il y a très, très longtemps... mais en géologie le temps se compte en millions d'années...

Nous voici donc à plus de 200 millions d'années en arrière, la mer occupe notre région, il y règne un climat tropical.

Loin vers le nord existe un énorme continent dont les débris arrachés par les fleuves s'accumulent au fond de la mer. C'est ici, qu'il y a 170 millions d'années les rochers de Montpellier le Vieux vont commencer à se former. Dans cette mer chaude et peu profonde, analogue à celle des atolls du Pacifique actuel, des coraux et des algues calcaires construisent des récifs autour desquels vivent en abondance éponges, mollusques, oursins et crustacés. Les coraux sont fragiles et cassent souvent, leur débris s'accumulent en un sable fin autour et au sein même du récif. La barrière récifale est continuellement renouvelée, reconstruite par une multitude d'organismes et d'animaux marins qui vivent autour et aux dépens du récif. Ces organismes finissent par mourir, leurs restes et leurs squelettes vont ainsi contribuer à l'édification de la roche, En effet, leurs débris tombent sur le fond où ils forment une boue riche en carbonate de calcium. Peu à peu se tassant sous leur propre poids ces dépôts chassent l'eau qu'ils contiennent et se transforment en roche calcaire. Ainsi près de 300 m de roche vont se former en 10 millions d'années. Plus tard dans la masse encore poreuse des circulations de solutions de sels, notamment de magnésium, vont transformer le calcaire en dolomie. Longtemps encore la mer occupera notre région déposant couche après couche, d'autres roches sur les dolomies jurassiques. Pourtant, ce sont elles qui forment actuellement, à la surface du Causse, le site de Montpellier-le-vieux. C'est qu'une sorte de grand chambardement est responsable de cet état de choses. Il y a environ 100 millions d'années, les Alpes et les Pyrénées commencent à se mettre en place.

Au fond des mers, les récentes assises calcaires à peine consolidées vont subir de formidables poussées. Bien que roche compacte et rigide, les couches calcaires, en grande surface, admettent les plissements ou se fracturent. Sous ces énormes poussées tectoniques, la masse des Grands Causses s'élève progressivement et la mer disparaît peu à peu de la région... il faudra cependant près de 80 millions d'années pour que les Causses émergent complètement.

A peine sont-ils sortis de l'eau, ces reliefs subissent l'attaque des éléments. Les eaux de pluie vont, en désagrégeant et en entraînant les terrains qui les recouvrent, dénuder les assises dolomitiques. L'eau de pluie se charge de gaz carbonique dans l'atmosphère et devient légèrement acide. En traversant le sol elle dissout des acides humiques formés par les végétaux. Ainsi, rendue agressive, elle va attaquer chimiquement le calcaire et dissoudre les carbonates qui le composent : c'est la "corrosion".

Utilisant les fractures ou diaclases de la roche, l'eau pénètre à l'intérieur de la pierre dont l'hétérogénéité constitue une faiblesse supplémentaire. En surface, la roche va prendre un aspect ciselé par des cannelures, des sillons, de petites vasques vont se former. Séjournant sur place, l'eau n'en continue pas moins son lent travail de "digestion" de la matière minérale. Travail sournois, sous la mousse, sous la terre mais diaboliquement efficace. Les grains ne sont plus cimentés... une bonne pluie et le grésou est emporté par de multiples ruisselets qui prennent des allures de torrents.

Et le processus recommence, enlevant la matière, laissant le squelette. Voilà plus de 10 millions d'années que ça dure et ne finit pas…..

Flore Contrastant avec l'aridité du Causse, Montpellier-le-Vieux constitue un domaine privilégié pour la végétation. L'abris des rochers et la diversité des expositions ont favorisé l'épanouissement d'une flore très variée.

La décrire de façon exhaustive tournerait au catalogue fastidieux que seul lirait peut-être avec plaisir un botaniste averti. Nous n'énumérerons donc ici que quelques espèces parmi les plus caractéristiques et facilement identifiables. Dans son ensemble la flore est très particulière. Qualifiée de subalpine par les botanistes, elle présente, aux côtés de plantes calcicoles et xérophiles dominantes, des espèces propres aux sols siliceux. En effet, le sable dolomitique résiduel, ce "grésou" qui s'accumule dans les creux des rochers ou au fond des cirques, ne contient qu'une proportion relativement faible de calcaire.

La végétation arborescente

Le pin sylvestre : Il représente la principale essence naturelle des Grands Causses. Peu exigeant, il s'accroche à même le roc poussant ses racines dans les fissures, véritable "bonzaï" décorant souvent le sommet des rochers.

Le hêtre : Peu fréquent à cette altitude, mais bien à l'aise sur les sols calcaires, il est cependant plus délicat et recherche les creux d'ombre humide où les brouillards sont fréquents.

Le chêne blanc ou chêne pubescent : est un habitué des terrains secs et calcaires. On le rencontre sur les crêtes comme dans les fonds de ravins. Ses feuilles caduques au duvet blanc «caractéristique, sèchent sur l'arbre à l'automne mais ne tombent souvent qu'au printemps, sous la poussée des bourgeons.

Le noisetier : est très commun dans les zones abritées et particulièrement au pied des grands massifs rocheux.

L'alizier : Cette essence caractéristique des Causses .étale en été les frondaisons de ses feuilles argentées et donne à l'automne des baies succulentes.

Les arbustes

Le buis : Sans doute le plus courant, il s'installe partout en buissons touffus et lui¬sants. Le nectar de ses fleurs est très recherché par les abeilles. Le genévrier : Presque aussi fréquent que le buis, particulièrement à l'aise sur les dolomies, il dresse partout ses cônes épineux enchâssant de délicates baies qui sont le régal des grives et... des cuisines locales.

L'amélanchier :En mai les fleurs blanches de ces arbrisseaux très répandus feraient croire à une récente chute de neige suivant l'éclairage qu'ils reçoivent. Le cornouiller : Fréquent sous les chênes, cet arbuste donne des fleurs blanches de mai à juin, puis de grosses baies noires luisantes qu'affectionnent les sangliers.

Le boussarillo ou raisin d'ours : Ce petit arbrisseau couvre le sol d'un épais tapis feuillu vert brillant, qu'émaille, vers la fin de l'été, de grosses baies rouges, au printemps, il nous offre de délicates petites clochettes ventrues.

Encore arbustes malgré leurs allures de touffes buissonnantes, le thym, la lavande et le dorycnium parfument l'air du site de leurs fleurs odorantes qui donnent au miel des causses ce goût particulier.

Les fleurs

Au printemps, les pelouses se piquent du violet délicat des anémones pulsatiles au cœur de soufre ou de l'or des adonis, tandis que les euphorbes mettent leur touche vert tendre et jaune un peu partout et que les asphodèles dressent au flanc des talus leurs longues tiges que terminent de grandes grappes de fleurs blanches. Les orchis et les ophris de toutes sortes et de toutes couleurs sont légions pour qui sait les découvrir et, dans les coins frais, il n'est pas rare de rencontrer de splendides campanules bleues. Plus tard viendront les asters des alpes aux tons parmes, les anthillis des montagnes, les cistes blancs ou rosés aux pétales froissées et les plumets plus poétiquement appelés cheveux d'ange dont les longues arêtes plumeuses volent dans le vent comme des milliers de panaches blancs. Enfin, la carline à feuilles d'acanthe, la cardabelle des caussenards, cette "rosé du causse" étale de fin juillet à septembre ses soleils d'or au ras du sol.