La Gazette de GEOLOGICA-rando – Janvier 2012

14 01 2012

 

Au sommaire du n°32 :

LES HIVERNALES…
Osez les raquettes

GEOLOGICA-rando
Les rando-raquettes

En Janvier : Haute Ariège et Pyrénées catalanes –
Gîte d’étape de l’Hospitalet près l’Andorre
En Février : Massif du Canigou – Le Haut-Conflent –
Refuge de Mariailles
En Mars : Capcir – Le Lac des Bouillousses – Refuge du CAF

Des nouvelles de ’’Dod’’

Le livre du mois
  Dans les forêts de Sibérie (Sylvain Tesson)
« Il y a toujours une fenêtre ouverte quand je rentre dans les pièces de mon existence. »
 

BONNE ANNEE
Plein feu pour 2012 !

   

 

 

 

 

 

 

 

Collioure 2012
« Je ne sais jamais où un chemin me mènera et s’il me mènera quelque part. En revanche je suis assuré de ce à quoi il me soustraira : à un assoupissement (…), à la résignation, au repli sur soi  – et à la solitude qui parfois l’accompagne n’a rien d’amer : elle me restitue à ce qu’il y a de grave et doux en moi et demeure mon compagnon : le chemin.
Voilà , pour cette nouvelle année, j’avais envie de vous faire partager les premières lignes de Chemins aux vents de Pierre Sansot
Ou si vous voulez  aller plus vite suivez (modérément !) Kilian Jornet « Je respire avec force et je pars à nouveau en courant, en sautant, chaque fois plus haut, plus vite (…) . Je m’arrête un moment pour me reposer, les mains posées sur les genoux mais je ne sens pas la fatigue. J’ai découvert que je ne poursuis personne et personne ne me poursuit »

Sinon… , si vous le voulez , nous allons repartir pour une année nouvelle de marche, un peu d’aventure et de découvertes à partager!

Je vous propose de commencer par quelques sentiers de neige fraîche, raquettes aux pieds pour partir à la découverte de nouveaux espaces blancs accessibles à tous
Il n’est pas nécessaire d’aller très loin pour admirer de magnifique panorama. J’ai choisi cette année les Pyrénées catalanes
 

LES HIVERNALES
Osez les raquettes….

Balades , promenades et randos , c’est aussi possible l’hiver … sous la neige !
Pourquoi pas vous éloigner du tumulte des remontées mécaniques et découvrir d’autres lieux d’accueil que les stations  …. Paisiblement chaussés de raquettes. Alors : osez les raquettes !
C’est  la pratique sportive la plus simple , la moins technique  et qui se rapproche le plus de la randonnée pédestre et qui en prime permet d’approcher la neige en pleine nature loin des contraintes et des tracés artificiels des pistes.

 

 

 

 

 

Comment choisir ….
Si vous comptez investir dans l’achat de matériel, choisir sa raquette n’est pas chose facile, les grandes, les petites, en plastique, en alu, etc… pas facile de s’y retrouver et chaque fabriquant possède sa gamme de prix  pouvant aller de 40 à 300euros.

 

 

 

Le choix de sa paire de raquettes se fait en fonction :
- de son poids
- de son terrain de jeux
- des chaussures utilisées

Quelle taille choisir , pour quel poids?

De la taille et de la forme d’une raquette dépendent la portance et la facilité de marche…
Grosso modo, l’équation se résume ainsi :
- plus la surface du tamis est importante, plus la portance est grande. Cela est important en particulier dans les neiges où l’on s’enfonce beaucoup.
- plus la raquette est large, moins il est facile de marcher normalement et sans s’emmêler les pinceaux à chaque pas…
Les fabricants ont donc développés des raquettes pas trop large mais assez longues. Problème : plus la partie arrière est longue, moins la descente est agréable car la raquette "traîne"…
Au final on trouve maintenant des raquettes bien équilibrés, en taille de guêpe. Les modèles sont déclinés en plusieurs tailles (c’est surtout la longueur qui varie pour augmenter la portance)

Le terrain de jeu :
Terrain plat et la randonnée alpine et sportive, contentons nous de la petite randonnée !
Le relief n’est pas très important mais on trouve de petites montées et descentes, rarement raides. Pour bien les négocier, on veille à choisir une raquette dotée de "griffes" à l’avant qui sont très utiles dès qu’il faut monter face à la pente. En s’éloignant des pistes, la neige est plus changeante, plus ou moins profonde. Prendre une raquette adaptée à son poids : plus on est "lourd" plus la raquette est longue. La raquette a des crampons placés latéralement. Ils sont fort utiles en neige dure, en dévers et aussi à la descente.
La fixation à plaque articulée avec cale de montée s’impose. Elle réduit la fatigue en diminuant l’effort dans les longues montées.
Dans ce type de raquette on se trouve vite confronté au dilemme "je privilégie l’efficacité à la montée ou le confort à la descente !" Ceci dit, les raquettes récentes ont fait beaucoup de progrès et permettent à la fois de monter sereinement (crampons et griffe) tout en se faisant plaisir en glissant à la descente grâce à une partie arrière très courte.

Coté fixations :
Privilégiez un modèle constitué d’un "capot" où vient se loger la pointe du pied et d’une talonnière sur une plaque articulée. Polyvalentes et efficaces, ces fixations équipent la plus grande partie des modèles de raquettes.
+ accepte presque toutes les chaussures.
+ bonne tenue
- certains modèles sont difficiles à régler avec des gants

Côté chaussures :

Avec ces raquettes de rando utilisez de bonne chaussures de montagne à tige haute, rigide et si possible étanche, vous y gagnerez en confort.

Reste le choix : alu ou composite
Petits et nerveux , les modèles composites s’accommodent parfaitement aux régions montagneuses, à climat tempéré. Une bonne accroche et une forte technicité et une précision optimale sont leurs meilleurs atouts
Les modèles alu sont mieux adaptés aux régions froides et démontrent leurs performances sur les grandes étendues, plateaux et régions vallonnées, type Jura.

Fiche technique d’une paire de raquettes :

Exemple : TSL 305 Escape

Réglage rapide de la pointure par ¼ de tour
Cale de montée
Griffe avant
Sangle coup de pied à crémaillère
Amortisseur SSAS
6 crampons
Poids pratiquant : 30 à 75kg
Dimensions : 55 x 20cm
Poids : 815 x 2
Pointure : 35 à 46

Prix : environ 120 euros

Un peu de technique
C’est pratique la raquette, on peut progresser partout, dans les premières neiges sans fond, neige trop molle, dans les pentes, les dévers,…etc.
C’est facile les raquettes, il suffit de savoir marcher ! Cependant, le matériel, la neige et la pente obligent à une adaptation plus technique qu’elle n’y paraît

Marche à plat :
On marchera normalement sans écarter les pieds, le buste droit. Les bras sont légèrement écartés du corps et les bâtons aide  à l’équilibre et à la progression. La raquette en mouvement passe par dessus la raquette d’appui, pour être posée devant à plat. Un grand débattement du pied est indispensable à une marche naturelle. Pour cela la plupart des raquettes sont équipées du système ‘’step-in’’, plaque de fixation articulée, facilitant le mouvement. Mais il est toujours important de bien « marquer » chaque pas pour bénéficier d’un bon appui surtout en neige molle.

A la montée :

Tout dépendra de la pente.
Si la pente est encore faible, les raquettes peuvent être posées à plat, avec une légère torsion de la cheville, mais souvent on devra les « planter » dans la neige afin de façonner des marches. Plus la pente sera forte et plus on progressera horizontalement, de surface réduite, les marches seront réalisées suffisamment stable afin
d’y porter le poids du corps pour se hisser dessus. Le corps restera bien d’aplomb sur la raquette d’appui pour permettre de lever l’autre raquette et de la porter devant pour façonner la marche suivante ! Tout ceci se fera plus facile avec l’aide des bâtons et de la talonnette de la raquette.

A la descente :
Pour profiter des griffes de la raquette et du maximum d’équilibre du corps, les descente s’effectuent de face, dans la ligne de plus grande pente. Le corps devra rester bien d’aplomb, chaque pas fait une marche. Un léger balancement du corps permettra de transférer le poids du corps sur la raquette venant en appui, les bâtons aidant toujours à l’équilibre. Et ainsi les pas vont s’enchaîner  dans un mouvement souple et régulier, sans se bloquer, sinon c’est la chute et le nez dans la neige ! On pourra même se permettre des fantaisies en fonction de l’état de la neige, sauts, petites courses ou long pas glissés !

GEOLOGICA-rando : les randos d’hiver
Çà y est l’hiver est là …. Un peu doux ! Mais la neige a blanchi les sommets suffisamment pour chausser … les raquettes, gagner les hauteurs, découvrir la montagne sous un jour nouveau, accéder à son intimité.
Pour cela, j’ai choisi essentiellement les sites pyrénéens les plus proches  de chez nous afin de limiter les déplacements, tout en sélectionnant les plus adaptés à la pratique de la rando hivernale en toute sécurité à la portée de tous, sur des itinéraires simples en aller-retour et sans danger, mais requérant cependant une bonne condition physique.
J’ai privilégié la formule W-E de manière à pouvoir à la fois bénéficier d’un accueil (gîte ou refuge) et d’avoir une journée complète devant soi sans la fatigue du voyage.



 

 

 

 

 

 

Le programme :
 

En Janvier : Haute Ariège et Pyrénées catalanes – Gîte d’étape de l’Hospitalet près l’Andorre
L’après-midi avant de rejoindre le gîte , au départ de l’Hospitalet (1450m) , nous remonterons la vallée du Sisca pour rejoindre le cirque. L’été , à pied il faut 4h A/R pour 730m de dénivelée. Nous nous arrêterons plus bas au barrage de la jasse del Forn à 2030m. Le lendemain , nous franchirons le Puymorens pour une balade gentille vers le petit étang de Font-Vive , pas loin du Lanoux  (170m de dénivelé !) … En espérant avoir le soleil et la neige .
En Février : Massif du Canigou – Le Haut-Conflent – Refuge de Mariailles
L’hiver , après le petit village de Casteil , il faut laisser la voiture au col de Jou et monter en 2h/2h30 par une bonne piste au refuge de Mariailles.
A partir de Mariailles les possibilités de balades sont multiples . Balades en forêts, rando vers le Pla Guillem ou le Canigou.
Programme à adapter en fonction des conditions meteo et de l’enneigement
En Mars : Capcir – Le Lac des Bouillousses – Refuge du CAF
On partira du Pla des Aveillans pour rejoindre le refuge du CAF.des Bouillousses. On découvrira, la source de l’Aude prise dans les glaces au lac d’Aude (2100m) et les étendues désertes au pied du pic Péric .

( voir détail dans « Carnets de route »

LES REFUGES DES PYRENEES ORIENTALES

Quel plaisir , quel réconfort, d’arriver après une journée de marche ,  « au refuge » d’y être accueilli par son gardien.  J’ai toujours aimé cet instant , tant attendu , où on le découvre, « entre le monde d’en bas et celui des sommets » , sur son promontoire, sur un replat, un col ou au bord d’un lac, un havre de repos et de sécurité, un lieu ou il fait  bon se retrouver entre montagnards confirmés ou occasionnels, à l’abri, dans le décor minéral de la montagne.  Une halte pour une nuit de repos avant de repartir tôt le lendemain matin pour un sommet , une rando d’un jour, ou une étape ….
Chacun à son pas, chaussé de raquettes  je vous invite cet hiver à découvrir :

Le refuge de MARIAILLES :

 
 

 

 

 

 

 

 

 

Situation :  dans les Pyrénées Orientales, au cœur du Massif du Canigou, à 1700m d’altitude sur la commune de Casteil .Accès : depuis Perpignan, prendre la direction de Prades, puis de Villefranche-de-Conflent, et bifurquer vers Vernet –les-Bains et Casteil. S’arrêter au col de Jou, au terme de la route goudronner. Compter 2h/2h30 à pied par le GR 10 pour monter au refuge.
Accueil : Refuge de Mariailles 66820 Casteil / 33(0)4 68 05 57 99
Contact  Jean-Jacques 06 83 56 82 10 – Olivier 06 88 13 56 98
Les coordonnées GPS du refuge : UTM WGS 84 – 31T 0451 350   ;   4705  600 – alt 1718m
Il y a 53 places à votre disposition (4 dortoirs de 12 à 15 places), chaque couchage est équipé de matelas, couverture, traversin et taie. Il vaut mieux prévoir son sac de couchage l’hiver. Pas de douche en hiver
Réservation : par téléphone au refuge –gardé toute l’année
Intérêt du refuge : facile d’accès été comme hiver. Base pour de superbes randos hivernales
Sur le GR10, vers le Pla Guillem, ou dans les forêt-s de Mattes Rouges et Dona Pa., etc:

Le refuge CAF des Bouillousses :
Situation : dans les Pyrénes Orientales, au cœur du Capcir, en bordure du lac des Bouillousses , à 2005m
Accès : De Mont Louis, prendre la D118 en direction de la Llagone / Formiguères. Tourner à gauche et suivre la RD 60 jusqu’au Pla des Aveillans (fin de la route déneigée en hiver). Compter 2h30 pour rejoindre à pied par la route les Bouillousses. Autre possibilité d’accès par l’étang de la Pradelle et le GR10 .
Accueil : Contact  Gardien : Philippe HURE et Bertrand SIDNEY Téléphone réservation : 04 68 04 93 88
Capacité:   56 places en dortoirs de 4 à 10 personnes ou en chambre doubles (15 places en hiver)
Réservation : par téléphone au refuge –gardé toute l’année
Intérêt du refuge : facile d’accès été comme hiver. Base pour de superbes randos hivernales
Idéal pour la pratique des raquettes tout autour des lacs du Capcir, raid nordique vers les Campoels ou le Carlit.
   
Des nouvelles de ’’Dod’’

Qui est ’’ Dod ‘’ ? Le ’’ Dod ’’ , comme on le surnomme dans le mileu c’est  Lionel Daudet, un alpiniste, ami fidèle du Festival de Montagne et de l’Image d’Ax les Thermes.  Piolet d’Or en 1993. Un sacré aventurier. En 2006, il s’attaque au Mont Ross en Terres Australes Françaises,  en 2007 il boucle le tour du département des Hautes-Alpes, par les arêtes hautes alpines. l’an dernier,il demande à la navigatrice Isabelle Autissier de l’emmener à la voile jusqu’en Antarctique pour gravir les sommets hostiles de l’île Pierre 1 er, le voilà à présent embarqué pour le tour de France !

“Je vais essayer au maximum de me situer pile sur la frontière terrestre en progressant à pied dans les massifs montagneux, à VTT sur la façade atlantique, en kayak sur le Rhin, en pirogue sur le lac Léman et je ferai le tour des îles (Ouessant et Corse notamment) en voilier. Je n’ai pas d’impératif de retour. Je préfère prendre le temps de vivre cette aventure pleinement, avec élégance”. commente Lionel
Le 10 août 2011, Lionel Daudet est parti du sommet Mont Blanc pour le Dodtour, un tour de la France « exacte » sans aucun moyen motorisé, en suivant au plus près la frontière terrestre et le littoral.
Environ une année pour relever un défi physique, explorer et raconter ce qui fait la France.
Ce périple représente 5000km à parcourir, dont 1000 sommets et quelque 3500km de littoral.
Aujourd’hui , il suit les côtes bretonnes en kayac de mer!
Vous pouvez le suivre sur http://www.dodtour.fr/ , facebook et WordPress

Mon livre du mois :
Il m’est bien difficile ce mois-ci de choisir un seul livre. Décembre était le mois des étrennes et des cadeaux de Noël !
J’aurai aimé lire l’autobiographie de Kilian Jornet,  Correr o morir traduite en français « Courir ou mourir » Je lirai son livre cet été après avoir terminé ma traversée des Pyrénées , lui la faite en 8 jours ! En huit jours, l’Espagnol Kilian Jornet Burgada a traversé en courant les Pyrénées de l’Atlantique à la Méditerranée. Parti lundi matin 31 mai 2010, à 8 heures, de la façade atlantique des Pyrénées au Cap Higuer, l’Espagnol a pu aller se baigner le mardi 8 juin , à 11h15, dans la Méditerranée, au Cap Creus au terme d’un incroyable périple d’environ 850 km et de plus de 42000 m de dénivelé positif (113 heures de course au total)!
En attendant, j’ai lu l’ouvrage de Gérard Caubet « Etonnantes Pyrénées » . Ce n’est pas un topo-guide de randonnée . Mais un livre qui approche toutes les facettes des Pyrénées, à travers son histoire, sa géologie, sa flore et sa faune, pour mieux vous faire aimer notre montagne. C’est un beau livre sur les Pyrénées. Les images soignées, donnent envie d’enfiler ses chaussures et de partir sur les sentiers !
En écrivant cette gazette , j’ai relu « Une année en haut » de Cyril Azouvi . Chronique d’un refuge ordinaire. L’auteur -journaliste a passé un an au refuge des Oulettes. Lisez ce livre pour comprendre la vie d’un refuge et le travail au quotidien des gardiens qui vous accueillent  été comme hiver.
Un drame c’est produit cet hiver sous la pointe Walker (4.208 mètres), le sommet des Grandes Jorasses. Si vous le trouvez,   lisez 342heures dans les Grandes Jorasses de René Desmaison, écrit en 1971. Ce récit est poignant, et dur. Dur comme cette montagne si forte et si attirante. Avec ce livre j’ai un peu compris l’irrésistible attraction qui pousse ces hommes vers les cimes. Ce monde fascinant et inaccessible, que René nous faif partager.
Enfin j’ai passé six mois dans une cabane  avec Sylvain Tesson …. verre de vodka à la main, à humer le fond de l’air de la taïga.  Dans les forêts de Sibérie est son journal tenu chaque jour du fond de son isba du 11 février au 28 juillet 2010  «  Assez tôt, écrit-il, j’ai compris que je n’allais pas pouvoir faire grand chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m’installer quelque temps , seul , dans une cabane. J’ai acquis une isba, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal. Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village , perdu dans une nature démesurée, j’ai tâché d’être heureux. Je crois y être parvenu. Deux chiens, un poêle à bois , une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à la vie. 

Et si la liberté consistait à posséder le temps ?» 
 


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