Carnet de route n°3 – 2011

2 03 2011

 

Autour des terres des moines de Grandmont
Le chemin d’Arles

DATE : 20  mars 2011

LOCALISATION :

Hérault –  Lodévois

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Difficulté : *
Balade facile à la portée de tous sur sentiers balisés.
Durée 4h + les arrêts. Dénivelé : 330m
Distance : 12km

DEPART :
Départ en voiture de Valquières à 9h .
Départ de la rando à 10h – Parking du Prieuré de Grandmont
Comment y aller :
Rejoindre Lodève, suivre la D153 direction Soumont  jusqu’au Prieuré de Grandmont 30km – 0h45’ depuis Valquières

Cartographie :
Pour la route : Carte Michelin n° 86   ou IGN  R13 Languedoc-Roussillon ou Top 250 Pyrénées-Languedoc-Roussillon ou IGN carte promenade 65 1 / 100 000ème
Pour la balade :
carte IGN :Top 25 / 2543 OT – Lodève 1/25000

Où manger et dormir :

Pour la rando , prévoir repas casse-croûte (1) et l’eau (ou vos boissons préférées ! !) 
Equipement :
Equipement de petite  randonnée.  un sac à dos de 20 à 35L. Emportez un vêtement chaud et un coupe-vent. Chaussures de marche légères
Météo
Répondeur téléphonique : 3250  – Internet :  www.meteo.fr

 
LA RANDO

En boucle , autour des terres du Prieuré de Grandmont
On commence la rando en suivant l’ancien chemin qui relie Grandmont au village de Soumont. Il est aujourd’hui , parcouru par les randonneurs qui suivent le GR653  (le chemin d’Arles, la voie du Sud) pour se rendre à Saint Jacques de Compostelle. Très beau sentier boisé , tracé sur de belles dalles de grès. Un petit arrêt à Soumont s’impose. Beau panorama depuis la table d’orientation au-dessus du village : vue sur le Prieuré de Grandmont, le mont St Baudille à l’Est, le lac du Salagou au Sud et l’Escandorgue à l’Ouest.
On reviendra sur nos pas , pour poursuivre notre boucle en suivant maintenant le GR7 en direction de Fozières. Les sentiers s’élèvent,  pour traverser la serre de Mélanque.  Beau parcours en bordure de la forêt de Parlatges avant de « boucler la boucle » et retrouver notre point de départ , le Prieuré de Grandmont.
(Possibilité de visite des bâtiments du Prieuré, son cloître et son parc)

ITINERAIRE

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

REPERAGE

SUR LES CHEMINS DE SAINT JACQUES

Nous sommes au Moyen-Age, au IXème siècle,  vers l’an 800, un ermite venait de découvrir,  près d’une plage de Galice, guidé par une lueur surnaturelle Campus Stella (Compostelle) trois sépultures dont celle de saint Jacques le Majeur, l’un des apôtres préférés  du Christ. La nouvelle se répandit, les premiers pèlerins se pressèrent . Tous ou presque portaient chapeau à large bord, pèlerine, bourdon ce bâton de soutien contre la fatigue, calebasse et besace. et se regroupaient sur les chemins de tout l’Occident en direction du Finistère espagnol, à la pointe extrême de l’Europe, formant un long ruban de marcheurs sur le chemin des Etoiles – le chemin de Composelle , ainsi appelé parce qu’il suit sensiblement la direction de la Voie Lactée-. Ils partaient pour le salut de leur âme, affrontant les nombreux dangers du chemin (intempéries, chiens errants, bandits…)
Les itinéraires étaient connus grâce au bouche-à-oreille et balisés par des cairns médiévaux et des croix.
Il faut attendre 1130 , pour qu’un moine poitevin Aymeri Picaud, rédige (en latin ) à l’attention des Jacquets le premier guide de randonnée, faisant état des quatre voies principales menant vers le tombeau de l’apôtre
La via Torensis ou voie de Tours
La via Lemovicensis ou voie Limousine
La via Podiensis ou voie de Puy en Velay
La via Tolosana ou voie de Toulouse
Les randonneurs sont de plus en plus nombreux à partir vers Compostelle et vivre cette aventure vieille de plus de mille ans. Aujourd’hui, la démarche qui conduit à entreprendre une telle pérégrination est multiple, spirituelle et religieuse pour les uns, touristique et sportive pour les autres. Les chiffres explosent , ils étaient 61418 en 2001, leur foule atteignit 179944 personnes en 2004 ! 
LA VIA TOLOSANA – Le chemin d’Arles
Aujourd’hui, vous marcherez, quelque temps, sur les pas de ces millions de pèlerins qui au fil des siècles ont continué à cheminer vers ce même but. Vous êtes sur la via Tolosana, simplement pour profiter du premier jour du Printemps… mais peut-être aurez vous envie de continuer le chemin. Ultreia … ! Au départ d’Arles , le chemin d’Arles rejoint Puente de la Reina et le Camino Francès au bout de 893km. Cet itinéraire que reprend le GR653 est  le chemin des Provençaux, mais aussi celui des Italiens , des Suisses, Autrichiens ou autres Bavarois. Chez nous , il traverse Montpellier, Aniane,  St Guilhem le Désert, Lodève, Joncels, Saint Gervais et La Salvetat-sur-Agoût  pour poursuivre sa route vers Toulouse, Auch, Lescar et le col du Somport. Le chemin est encore long, il restera depuis Puente de la Reina 729km pour atteindre Compostelle.
Pour en savoir plus
http://viatolosana.free.fr

LE PRIEURE DE GRANDMONT

Le prieuré de Grandmont est un des cent cinquante établissements que comptait aux siècles de son apogée l’ordre monastique des grandmontains. Fondé en 1076 en Limousin  par saint Etienne de Muret, cet ordre était un des plus populaires et des plus sévère du Moyen-Age. C’est aussi un des moins connus, car les moines ne tenaient pas d’archives.
Le Prieuré de Grandmont est probablement bâti à la fin du XIIème siècle près d’une chapelle dédiée à Saint Michel, il est le seul monastère de cet ordre conservé dans son intégralité. Son architecture très dépouillée constitue l’un des plus beaux exemples de l’art roman en bas-Languedoc. L’ église et son magnifique clocher octogonal construits en belles pierres de grès,  ont été édifiés à la fin du XIIè siècle, sa nef communique avec un remarquable petit cloître du XIIIè siècle. La vie des moines y était très austère, vivant de charité, se nourrissant exclusivement de poissons et de la cueillette de fruits et d’herbes sauvages. Le prieuré est à son apogée au XIIème siècle, la communauté comptait une douzaine de membres, puis décline pour ne compter qu’un seul religieux en 1631. Il est vendu comme bien national sous la Révolution. C’est aujourd’hui un domaine privé, superbement restauré , « un lieu où souffle l’esprit » et qui conserve tout autour les traces de son passé.
Un ensemble mégalithique de trois dolmens et un fragment de menhir témoigne de l’occupation préhistorique du site. A proximité des dolmens, à une époque difficile à dater de mystérieuses pierres à cupule, des cuvettes et des rigoles ont été creusés dans le roc. Le site continue à être occupé durant l’époque chrétienne , on y retrouve des tombes datées du Haut Moyen-Age creusées dans le roc, une pierre d’autel gallo-romaine, des croix gravés sur les dolmens.
Pour en savoir plus
http://www.imagesplus.fr/Le-Prieure-Saint-Michel-de-Grandmont

 



Carnet de route n°2 -2011

10 02 2011

Au bout de la route du sel

Les Salins et l’abbaye de Maguelone
A proximit é de l’ancien évêché de Maguelone, longeant les étangs de l’Arnel et de Vic et traversant les anciens salins. Des paysages caractéristiques du littoral méditerranéen, un espace naturel favorable aux oiseaux Un circuit de 15 à 19km . 5h de balade pour tous
                                                                                                                                        

DATE :

20 Février 2011

LOCALISATION :
Hérault – littoral

Difficulté : *
Aucune difficulté.
 
DEPART :

8h30 de Valquières ou rendez-vous à 10h à Villeneuve les Maguelonne ( Place de l’église Saint-Etienne) . Point de départ de la balade.

Comment y aller :

Par Saint Jean de Védas, puis N112 , puis D185 jusqu’à Villeneuve les Maguelonne – de Valquières 82km – 1h15

Cartographie :

Pour la route : Carte Michelin n°83 ,IGN Top 250 Pyrénées Languedoc – Roussillon ou IGN R13 Carte régionale Languedoc-Roussillon ou carte de promenade IGN 65 Béziers-Montpellier 1 :100000
Pour la balade : IGN  n°2545ET Béziers 1 :25000 série bleue

Où manger et dormir :
Prévoir un pique-nique de midi.
Equipement :
Equipement (en fonction de la météo) pour une courte balade d’une après-midi. Un petit sac à dos sera suffisant.

Meteo :
Répondeur téléphonique : 3250 ou www.meteo-france.fr

Adresses utiles :
 
Cathédrale de Maguelonne : http://muselat.chez.com/maguelone.htm

 
LA RANDO :

Les paysages magiques des étangs de l’Arnel et de Vic où l’on exploitait le sel dans les années soixante-dix.
On quitte Villeneuve les Maguelonne par le chemin de la Mort-aux-Anes ! direction les étangs.
L’étang d’Arnel,  , puis l’étang de Vic, pour emprunter le chemin des Saunier et traverser les anciens salins par la digue.
L’itinéraire avant de revenir sur le village longe la réserve de l’Estagnol
( l’accès à l’abbaye de Maguelonne se fait par une route petite route qui traverse l’étang d’Arnel et le canal du Rhône àà Sète)

REPERAGE


Les Salins

Sous l’ancien régime, le sel et l’argent étaient indissociables. Jusqu’en 1790, il était taxé d’un impôt, la gabelle. Le mot salaire signifiait argent pour acheter le sel. La production du sel ne coûtait pas grand-chose mais étant indispensable, il se vendait très cher et avait la même valeur que la monnaie. On extrayait environ 30 kg de sel par mètre cube d’eau de mer constamment renouvelée et acheminée par des roubines sur les vastes parcelles carrées des tables d’évaporation. Dans les années cinquante, on ramassait encore le sel à la pelle. Aujourd’hui, il est récolté mécaniquement. Les salins de Villeneuve-lès-Maguelone faisaient partie de l’ensemble des marais salants exploité sur tout le littoral languedocien depuis l’époque romaine. Au Moyen âge, les marais salants étaient généralement exploités par les religieux. L’abbaye de Maguelone, elle aussi, possède à cette époque ses propres salins et son port. Selon l’historien Languedocien, Gérard Boudet, « Le chapitre de Maguelone gère alors les salins de l’étang de l’Ingril à l’ouest de Frontignan, tout proche de Maguelone, et certains salins des étangs de l’Arnel et de Vic. Un acte du 10 avril 1338 attribue à Pictavin, évêque de Villeneuve lès-Maguelone, puis cardinal d’Albi (Tarn) un bon nombre de salins dans l’Hérault ». Dans l’une de ses nombreuses publications consacrées au sel dans le Midi, l’universitaire rappelle qu’en 1 174, le comte de Toulouse, Raymond V, cédera au chapitre de Maguelone la dîme du sel récolté sur ses salins. L’histoire des salins, ici, prendra fin dans les années soixante-dix.

 L’abbaye de Maguelonne

Cette forteresse abrita pendant près de dix siècles, un évêché .
La cathédrale de Maguelone est un témoignage majeur de l’art roman languedocien. Fortifiée, elle a la particularité d’avoir été construite sur une île.
C’était l’un des 7 sièges épiscopaux de la Septimanie, avec Agde, Lodève, Nîmes, Béziers, Narbonne et Elne, prouvant ainsi son importance dans le monde chrétien médiéval.
L’île est, depuis, rattachée à la terre ferme par un lido sablonneux. La cathédrale y trône au milieu d’un petit bois de pins, tel un immense vaisseau de pierre échoué, entre mer et étangs. Cette situation insolite lui vaut le nom de « la cathédrale des sables ».
 



Carnet de route -n°1 – 2011

12 01 2011

 

De la Via Domitia au Canal du Midi

DATE :
23 Janvier 2011

LOCALISATION :

Hérault – littoral

Difficulté :
*
Aucune difficulté.
 
DEPART :

8h30 de Valquières ou rendez-vous à 10h à la maison du Malpas (Centre culturel et touristique de la Domitienne). Point de départ de la balade.

Comment y aller :

Depuis Béziers prendre la N9 en direction de Narbonne, au niveau de Nissan-lez-Ensérune prendre à droite direction Oppidum d’Ensérune, puis à droite direction La Maison du Malpas.
Ou par l’A9 , sortir Béziers Ouest et suivre la direction Nissan –lez-Ensérune

Cartographie :

Pour la route : Carte Michelin n°83 ,IGN Top 250 Pyrénées Languedoc – Roussillon ou IGN R13 Carte régionale Languedoc-Roussillon ou carte de promenade IGN 65 Béziers-Montpellier 1 :100000
Pour la balade : IGN  n°2545ET Béziers 1 :25000 série bleue

Où manger et dormir :

Prévoir un pique-nique de midi.
Equipement :
Equipement (en fonction de la météo) pour une courte balade d’une après-midi. Un petit sac à dos sera suffisant (….pour ) ramener huîtres et Picpoul. C’est la saison!

Meteo :

Répondeur téléphonique : 3250 ou www.meteo-france.fr

Adresses utiles :

 
LA MAISON DU MALPAS exposition, espace multimedias, boutique, dégustations de produits du terroirs, etc
Tel 04 67 32 88 77
www.lemalpas.com/

NISSAN-LEZ-ENSERUNE OFFICE DE TOURISME *
Hérault (34) – Languedoc – Roussillon
Square Rene Dez – B.P. 17, 34440 NISSAN-LEZ-ENSERUNE
tél. 04.67.37.14.12
télécopie : 04.67.37.14.12
Site internet : http://www.nissanlesenserune.com/

 
LA RANDO

Balade 1 :     ENSERUNE et le canal du Midi – Au départ du Malpas, le circuit fait le tour de l’oppidum d’Ensérune, en longeant l’ancien étang de Montady, puis revient par les chemins de halage du canal du Midi(  balisage PR durée 2h30 – 8km ) – la visite du site d’Ensérune est possible avant la balade.
Balade 2 :     PINET et la via Domitia– A travers vignes, pinèdes et garrigue , nous irons marcher sur l’antique voie romaine. Point de vue sur le mont Saint Clair et l’étang de Thau (balisage PR – durée 1h ou 2h – 3 ou 6km)


REPERAGE

 
L’OPPIDUM D’ENSERUNE
Juché sur une éminence rocheuse, au carrefour des routes terrestres et maritimes, à une dizaine de kilomètres de Béziers, Ensérune constituait probablement un oppidum parmi les plus importants du Midi méditerranéen.
Ses vestiges sont caractéristiques de l’habitat pré-romain du Sud de la France. La céramique retrouvée lors des fouilles réalisées depuis 1915, permet d’observer le mélange progressif entre les populations celtes-ibères et les civilisations méditerranéennes.
L’occupation du site correspond globalement à trois périodes. La première débuta au 6e siècle avant J.-C. : les maisons simples, en pisé, étaient dispersées ; de nombreux silos creusés dans le tuf permettaient de conserver l’alimentation.
La période hellénistique de l’oppidum (500 à 300 avant J.-C.) s’accompagna d’un développement des échanges commerciaux et d’une nouvelle prospérité du lieu : l’habitat était en pierre, l’urbanisation mieux organisée et une enceinte fut construite.
Avec l’arrivée des Gaulois, entre 300 et 250, la ville s’agrandit et s’enrichit de terrasses et de citernes ; la nécropole à incinération, datant des 4e et 3e siècles avant J.-C., fut abandonnée. A la fin du 3e siècle l’oppidum fut détruit. Il connut cependant une nouvelle prospérité après la fondation romaine de Narbonne en 118 avant J.-C.; puis il s’éteignit, semble-t-il, au cours du premier siècle de notre ère.
Tous les vestiges archéologiques découverts sur le site ont été rassemblés dans un musée, qui abrite de remarquables collections. 
Voir le site http://enserune.monuments-nationaux.fr/fr/

LA VIA DOMITIA
Où passe la Via Domitia autour d’Ensérune ?

Après Loupian, Pinet le tracé de la voie Domitienne traverse Béziers et est ensuite longé ou recoupé sur une partie par le Canal du Midi, construit au XVIIème siècle et classé au Patrimoine Mondial par l’UNESCO. La Voie Domitienne passe par des villes et villages dont l’histoire a été marqué par son passage:
Béziers était déjà au Vème siècle avant JC. Un centre de peuplement important, une place commerciale prospère et une capitale politique gauloise. En 36 avant JC. Octave fonde la colonie pour les vétérans de la VIIème légion. BAETERIS, étape importante sur la Via Domitia, devient chef lieu de cité et reçoit une parure de monuments publics : forum, temples, fontaines, thermes et édifices de spectacles. Des vestiges d’un amphithéâtre romain viennent d’être dégagés et pourront prochainement être visités. Associés à la visite du Pont Vieux, d’infrastructure romaine et du Musée du Biterrois qui possède des collections d’archéologie et notamment des éléments sur la vie quotidienne, la religion et les rites funéraires à l’époque gallo-romaine, Béziers nous dévoile son passé de civitas de la Narbonnaise.
Colombiers. A l’occasion du creusement du port fluvial sur le Canal du Midi, une portion de la Voie Domitienne, aujourd’hui recouverte, avait été mise au jour à Colombiers en 1987/88 par A. Peyre.. Le Centre culturel et touristique du MALPAS, mis en place par la communauté des communes de « La Domitienne », situé au pied de l’oppidum d’Ensérune, propose de découvrir le patrimoine autour de l’oppidum.
Voir le site http://www.viaeromanae.org/

Le canal du Midi, chemin d’eau occitan
Réunir l’Atlantique à la Méditerranée par un canal : un rêve qui a habité bien des esprits : Charlemagne, François 1er, Henri IV y avait pensé. Louis XII ne voulut pas être en reste et sous son règne un nommé Bernard d’ Arribat vint proposer son projet aux états du Languedoc. Ses propositions furent finalement rejetées, le 9 mai 1618 à Béziers. Parmi ceux qui avaient pris par aux débats Guillaume Riquet, père de Pierre-Paul, alors tout juste âgé de 9 ans. Entendit-il son père raconter les débats autour du vaste projet ? Toujours est-il que ce fut lui qui devait faire bien plus tard à Colbert les propositions les plus complètes pour la création du « Canal royal de Languedoc ».
Richelieu ordonna donc en 1632 de reprendre l’étude du projet, mais on se heurtait toujours à l’alimentation en eau. Pierre-Paul Riquet va bientôt entrer en scène. Il a commencé sa carrière comme sous-fermier des gabelles. Il s’installe d’abord à Revel et parcourt inlassablement la Montagne Noire en compagnie d’un fontainier de cette bastide, Pierre Campmas. Au cours de leurs randonnées, il observe, note, relève le débit des eaux, les dénivelées des pentes. Cette montagne est un véritable château d’eau naturel. Comment rassembler toutes ces eaux et les conduire vers le lieu idéal de captage ? Une de ses randonnées le conduit au seuil de Naurouze. Et c’est l’étincelle ! Il est là le point de partage des eaux qu’il cherche !
IL est devenu entre temps fermier général des gabelles en 1660 pour le Languedoc-Roussillon et la Cerdagne et a acquis le château de Bonrepos près de Toulouse. Il y construit une « maquette » pour tester son projet, dont il va parler à un ami, archevêque de Toulouse, et qu’il emmène avec lui dans la Montagne Noire. Enthousiasmé le prélat l’invite à parler de son projet à Colbert, ce qu’il fait par lettre le 15 novembre 1662. Colbert est séduit à son tour. Les commissaires royaux examinent les plans, des experts viennent sur place . En novembre 1665, la commission donne un avis favorable. En octobre 1666, c’est l’édit de Sain-Germain-en-Laye. Un arrêt du conseil des finances déclare P.-P. Riquet adjudicataire des travaux. Le rrêve d’un jeune enfant va devenir réalité. La tâche ne l’effraie pas : il est organisé , entreprenant, dur à l’ouvrage. Les ateliers s’organisent. De 1000 hommes au départ on passera quelquefois à 12000 . Où recrute-il ? Parmi les travailleurs agricoles et aussi les artisans et ouvriers qualifiés et même jusque dans la capitale. La troupe lui apportera des renforts par deux fois.
Les travaux avancent : au mois de février 1667, pose de la première pierre du barrage-réservoir de Saint-Ferréol. En mai 1668 le canal est ouvert entre Toulouse et Naurouze, la mise en eau à lieu en 1670. En 1672, trois fois par semaine on peut naviguerentre Toulouse et Naurouze. Les travaux en direction de Sète ont été entrepris. Mais Riquet a de graves soucis financiers. Il emprunte pour payer les ouvriers.. Les travaux ont coûté beaucoup lus que prévu et l’Etat ne règle qu’irrégulièrement ce qu’il doit. Il informe Colbert de la situation.Tout en demendant aux états du Languedoc d’accorder leur crédit à Riquet, Colbert dépêche un ingénieur du roi pour soit-disant l’aider. Il s’agit en fait de le contrôler. Mais rien n’arrête Riquet qui va vendre la plus grande partie de ses biens et priver ses filles de dot. Il est de plus en butte à la jalousie et au mauvais esprit de certains. Sa santé s’altère et il meurt le 1er octobre 1680, sans avoir vu l’achèvement de son œuvre. Il ne  restait qu’une lieue à creuser… C’est son fils ainé Jean-Mathias qui achève les travaux. Le canal fut complètement mis en eau au mois de mai 1681.
Sous la direction de Vauban certains travaux furent ensuite entrepris, notamment pour l’écoulement des eaux en période de crues. Comme l’épanchoir de l’Argent-Double. Du bel ouvrage ! Au seuil de Naurouze, un obélisque est érigé en 1825 à la mémoire de Riquet. Le Canal du Midi a été classé en 1996 au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. Un bien bel hommage posthume pour son créateur.