La Gazette de GEOLOGICA-rando Novembre 2011
27 10 2011
Au sommaire :
BALADES D’AUTOMNE
Caroux, montagne de lumière
GEOLOGICA-rando Les randos de novembre
Mardi 1er novembre : Au départ de ST GUILHEM le Desert, cité jacquaire
le Beaume de l’Olivier
Dimanche 20 novembre Au départ de MINERVE,:cité martyre cathare.
Les Gorges du Briant
VOYAGE à MERIFONS au Pays des Ruffes
L’AGENDA
Des nouvelles de ’’Dod’’
«En refusant d’être goutte d’eau tu acceptes d’être océan.»
Le livre du mois Terre de France de Charles Frankel
500 millions d’histoire de la Terre
BALADES D’AUTOMNE
Caroux , montagne de lumière
En automne, c’est toujours un instant privilégié que de randonner près de chez nous, entre mer et montagne, quand la nature apaisée retrouve sa tranquillité. Un soleil encore généreux, un air pur, une lumière douce et des couleurs chaudes transforment nos paysages les plus familiers.
Une impression de prolonger l’été !
« La montagne de lumière » , c’est ainsi qu’on désigne ici les monts du Caroux . En automne ce magnifique massif de gneiss revêt ses plus belles couleurs, harmonie du blanc de la roche, et des teintes cuivrées des châtaigniers éclairés par une douce lumière diffusée dans un ciel pur d’un bleu azur. Les feuilles recouvrent d’un épais tapis les vieux chemins ancestraux et bruissent sous nos pas. Chut ! Il n’est pas rare à cette saison de voir à l’abri des feuillages des mouflons descendant du plateau de Douch. Issez vous sur quelques rochers qui sortent des chênes-verts. Osez quelques parcours aériens le long des vires escarpées. Dévalez les entailles des ravins. La nature authentique et sauvage est à vous. Ici en toute saison le soleil réchauffe vos pas.
Le petit village de Douch blotti entre Caroux et Espinouse est idéalement placé pour découvrir le massif.
On peut , par exemple, partir pour une belle balade de 2 heures (aller–retour) et rejoindre directement la table d’orientation et profiter d’un beau point vue sur le sillon de l’Orb et du Jaur , les avants-monts et le littoral. Comptez une heure de plus et vous ferez une belle boucle sur le plateau et 6 à 7 heures si vous vous engagez sur un itinéraire plus sportif et spectaculaire.
(pour en savoir plus , voir ITINERAIRES et RANDONNEES dans le CAROUX ,
c’est un article de GEOLOGICA-rando ! http://www.geologica-rando.com/1-caroux-espinouse/
Le mois dernier, toujours de Douch, nous sommes partis pour un itinéraire très agréable qui permet de découvrir Héric après une belle descente en sous-bois, puis le vallon du Vialais et au retour les crêtes dénudées de la Montagne d’Arêt .
Retour en image sur cette balade aux multiples intérêts.
La première partie de la boucle s’effectue sur le GR7 que l’on emprunte jusqu’à Héric. Une agréable descente en sous –bois après le col d’Ayrole (949m) sur un vieux chemin empierré.
Du col la vue est superbe sur les pointes dentelées des aiguilles de gneiss du massif du Caroux
Le Caroux , abrite de petits hameaux, celui d’Héric , sans doute le plus visité l’été, ne manque pas de charme.
Après avoir traversé le hameau d’Héric (514m) et ses quelques maisons, c’est vers la partie haute du village que l’on va trouver LE SENTIER DU VIALAIS, il grimpe dans les bois ou à découvert ,

Au passage, belle vue sur le Fourcat d’Héric
traverse en partie la réserve nationale de chasse et de faune sauvage du Caroux –Espinouse dans de superbes hêtraies
En continuant le sentier , souvent en sous-bois on va se rapprocher du ruisseau que l’on atteint au pont du Vialais
Une vingtaine de mètres en aval du pont, rive gauche, on va monter sur un chemin caladé que l’on va quitter rapidement pour emprunter sur la gauche un bon sentier LE SENTIER DE L’OURTIGAS qui monte dans la forêt en lacets régulier jusqu’au col de l’Ourtigas (988m)
Beau panorama sur la montagne de Rosis et les monts d’Orb
Puis ce sera le retour par LA PISTE DE LA MONTAGNE D’ARET. L’itinéraire est magnifique d’abord en forêt sur une large piste, puis en crête sur la piste pare-feu offrant de magnifiques panoramas.

Je l’appelle « la montagne rose » , j’ai choisi pour illustrer , cette section de l’itinéraire, des photos où les bruyères sont en fleurs
et où les mouflons s’invitent dans le paysage
VOYAGE GEOLOGIQUE A MERIFONS AU PAYS DES RUFFES
Qui devant le paysage, qui s’offre aujourd’hui à mes yeux depuis le col de la Merquière jusqu’aux berges du Salagou, familier pour les uns, découverte pour les autres, n’a jamais formulé un « pourquoi » ou un « comment » , peut-être resté en partie sans réponses.
Je suis voyageur, curieux de la Terre, des roches et de leur origine . Je suis marcheur et mes pas m’ont conduit, ici, sur ces terres couleur rouge brique qui rappellent tant les sols d’Afrique et où apparaissent d’étranges empreintes -d’ autres pas- dont certaines ressemblent à des mains humaines aux cinq doigts bien marqués.
Je suis géologue et porter un regard sur les paysages en faisant parler les roches qui les ont sculptés au gré des cataclysmes et des séismes successifs , c’est parcourir des millions d’années, raconter la Terre et voir sans doute autrement un Paysage, une Région , un Village,.
Je suis arrivé à Mérifons au pays des Ruffes, ce petit village de l’Hérault, des Hautes Terres du Salagou, après un long voyage initiatique . Un voyage qui a commencé il y a 350 millions d’années et qui nous dévoile de passionnants secrets.
En effaçant du paysage actuel, les quelques parcelles de vignes, maisons, ruines et autres vestiges du passage de l’homme , il est facile de se laisser transporter des millions d’années en arrière, au temps ou les cours d’eau – comme aujourd’hui- venaient étendre leurs sédiments en bordure des lacs où d’étranges animaux ont laissé les traces de leur passage.
Il y a 350 millions d années ….. débute un nouvel âge de la Terre.
Une nouvelle faune et flore se met en place Un climat chaud et humide s’installe. Notre région est sous l’équateur, les forêts couvrent plaines et montagnes, la vie est exubérante : les insectes pullulent, les amphibiens évoluent, ainsi naît la branche des reptiles , puis celle des mammaliens nos lointains ancêtres, symboles de la longue marche de l’évolution . A cette époque la Terre et notre région prennent un nouveau visage. Par le jeu de la tectonique des plaques, les mers sont chassées , les continents entrent en collision et se réunissent en une terre unique – la Pangée- dominée par une grande chaîne de montagne –la chaîne hercynienne- qui atteint son apogée il y a 300millions d’année. Ainsi culminent, à plus de 5000m d’altitude , le vieux Massif Armoricain, les Vosges, le Massif Central , la Montagne Noire et le Caroux-Espinouse. Puis notre région dérive vers le Nord de l’équateur jusqu’au tropique du Cancer. Le climat change. Les conifères remplacent les forêts houillères. Caroux et Espinouse sont démantelés, érodés en 50 millions d’années. Ici, dans le Bassin de Lodève, les Ruffes sont la conséquence de cette érosion. Aidés par le jeu des failles, transportés par rivières et torrents, 2000m de sédiments s’accumulent, par subsidence. Par endroits, dans cette plaine inondable, l’eau pouvait stagner formant lacs et lagunes….. puis la mer revient , ensevelies tout ! Les Ruffes disparaissent, sous toutes les roches de l’ère Secondaire : nos Causses. C’est une longue traversée du désert ! les Ruffes ne seront remises au jour et ne parviennent jusqu’à nous, qu’après une succession d’évènements géologiques survenus il y a, à peine 40 à 10 millions d’A. qui ont, au final, modelé le paysage actuel.
Il y a, tout juste 2 millions d’années , j’aurai pu assister, ici, à un véritable feu d’artifice , un extraordinaire bouquet final de l’histoire géologique de notre région.
Des volcans explosent de toute part de l’Escandorgue au Cap d’Agde. La lave se répand sur une bonne partie des terres rouges du bassin de Lodève. La cause de ce phénomène réside dans le mouvement des plaques tectoniques : la plaque Africaine remontant vers les plaques Européennes. Aujourd’hui, sous l’action de l’érosion, le paysage s’est transformé, offrant au regard un paysage paisible. Les coulées noires de basalte coiffent les plateaux .Les volcans ont disparus. En creusant les Ruffes, l’érosion laisse en relief leurs cheminées, dégage des fissures de murs de basalte.
Rouge et noir, ici , on ne se lasse pas d’observer ce contraste de beauté et de couleur ,ces sculptures de la nature : necks, dykes « posés » sur les ruffes ravinées et dénudées.
Au pied de la Lieude, le castellas de Malavieille ! L’image est saisissante : ce pan de mur , ultime ruine se dresse, solitaire, sur son éperon de laves , puissance de l’homme anéantie , témoin de la précarité de notre règne, gardien fragile des traces vieilles de 250 millions faites dans la boue par Merifontichnus thalerus, maître en son temps du Salagou !
Je quitte La Lieude et Mérifons avec émotion. J’emprunte le chemin des HautesTerres. Je marche sur les Ruffes. J’y laisse moi aussi les empreintes de mes pas ! Je remonte le Salagou jusqu’à sa source . J’arrive au col de la Merquière, dédié à Mercure le Dieu des Voyageurs ! Je m’y arrête. Je pose un dernier regard sur ces terres. Mon voyage se termine. Les ruffes permiennes plongent dans la vallée du Salagou. A l’Est descendant du signal de Brenas, les grès de base triasique les recoupent franchement. A l’Ouest le plateau basaltique de Carlencas les recouvre. Necks, Dykes, filons, intrusions de basalte parsèment le paysage. Un véritable livre de géologie s’ouvre devant moi, près de 300 millions d’A. d’histoire de la Terre sont offertes à mes yeux. La nature en est auteur et acteur à la fois, elle a créé le décor , écrit l’histoire , joué tous les rôles d’un spectacle jamais achevé. La prochaine page s’écrit devant moi, en espérant toutefois qu’ Homo Sapiens qui aujourd’hui profite de la beauté et de la richesse de cette espace protégé saura aussi le préserver pour nos enfants et les générations futures.
J’aime me rappeler ces deux phrases. « La beauté sauvera le monde » de Dostoïevski et plus récemment celle de René Char « Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver ». Elles illustrent, je crois, à merveille la fragilité et la beauté de ce lieu.
LES RUFFES (fiche 1)
1. Définition .
« Les Ruffes » du latin Rufus : rouge.
Pélites (grès très fin) et Argilotites (shales) du Permien (Saxonien- Thuringien. Age :230 Millions d’A.)
rougeâtre , à débit en plaquettes très caractéristique et petits lits verdâtres (fer ferreux) et blancs (kaolinite). C’est une roche très dure à grains très fins et très légers, finement litée, constituée essentiellement de minéraux argileux, de Quartz et de micas. Leur coloration en rouge est due à l’oxydation du fer contenu dans le sol au moment de leur formation. C’est une roche d’origine continentale.
2. Origine .
L’argile provient de l’altération d’autres minéraux constituants des roches dures. Dans le cas qui nous intéresse, les Ruffes , leur origine est un granite. (Les Ruffes sont le résultat de l’érosion et de l’altération du Caroux – massif hercynien). Le granite est composé essentiellement de Quartz , de feldspaths et de micas. Bien qu’il soit une roche dure, symbole d’éternité, le granite s’altère : par action stagnante des eaux, sous couvert végétal où se maintient une forte humidité, ses minéraux les plus fragiles – micas et feldspaths- se transforment en minéraux argileux. Chimiquement, ce sont des Silicates d’alumines hydratés, disposés minéralogiquement en feuillets. Ces minéraux sont très friables, se transforment en poussières* et fines particules facilement transportables par le vent et les eaux,. Il faut un milieu calme pour qu’ils puissent se déposer.
*La poussière qui constitue l’argile est faite de petits cristaux en lamelles, visible seulement s’ils sont grossis 10 000 fois. Sa sédimentation est lente. Elle esrt de l’ordre de 1cm par millénaire et il faut parfois 10m de sédiments pour faire 1m de roche. Les argiles forment 70% de nos sédiments. Une rivière moyenne transporte 10 000 tonnes de matière soluble par an.
3. Formation des Ruffes.
A la fin de l’ère Primaire , tout été réuni pour que les Ruffes se forment. Il y avait , le matériel, les moyens et l’espace.
Le matériel :
C’est bien sur le massif hercynien Espinouse et Caroux primaire , ses roches magmatiques constituées de Quartz, feldspaths, micas et minerais diffus de fer… et ses 5 à 6 000m à raboter.
Les moyens et l’espace :
Il y a d’abord le climat tropical qui à la fin de l’ère Primaire régnait sur notre région . Couvert végétal, pluie et chaleur vont permettre l’altération.
Il y a aussi, la géographie favorable et en particulier le réseau hydrographique nécessaire ; les cours d’eau des montagnes dévalant les pentes, alimentant un grand torrent descendant d’Ouest vers l’Est (on peut l’appeler rivière de Plaisance) déposant d’abord les sédiments les plus grossiers, sables et graviers dans un grand cône de déjection où sont enfouis plantes et végétaux aux rythme des saisons et variations climatiques et qui deviendront la houille piégée dans 500m de sédiments. Les sédiments les plus fins sont transportés plus loin vers l’Est dans la plaine couverte de marécages du Bassin de Lodève et les Ruffes rouges colorées par l’oxyde de fer vont se déposer dans ce calme paysage : 2000m de sédiments en 10 millions d’années. Par subsidence , au fur et à mesure de leurs dépôts, les sédiments s ‘enfoncent progressivement de manière régulière ou « saccadée » aidés en cela par les failles hercyniennes qui bordent le bassin de la Tour sur Orb à Salasc en prolongement de la faille de Plaisance.
4. Le paysage Permien
Le site de la Lieude-Mérifons est aussi très favorable à l’étude sédimentologique du Saxonien. Ravins et surfaces nues (« bad-lands ») montrent une belle succession de Ruffes avec quelques horizons de grès et de minces lits dolomitiques. Il est facile d’imaginer le paysage Permien. Ici ce sont des pistes de pas de reptiles, là des rides de plages (« ripple-marks ») et turbulences de courants (« flute-marks »), parfois des empreintes de gouttes de pluie mais aussi des craquelures de sécheresse et fentes de dessication. Dans ce paysage semi-désertique de la fin de l’ère Primaire, le climat équatorial des temps carbonifères devenait progressivement tropical, où sous la chaleur, pluies et saisons sèches alternaient et où rivières, mares et marécages qui couvraient le sol s ‘asséchaient. Les grandes forêts houillères avaient disparu et furent remplacées par les Conifères primitifs. Suite au retrait des mers et au changement climatique, en de nombreuses régions, des récifs coralliens bordaient les rivages de terres désertiques, où se trouvaient de vastes lacs salés. Les amphibiens et certains poissons subissent une diminution massive. De nombreux insectes nouveaux apparaissent, coléoptères et libellules.
Mais c’est surtout le temps des reptiles , ces animaux qui parcourent les plaines arides viennent s’abreuver près des rivières et marécages et y laissent leurs pas.
Puis, englouties par la mer Ligure et la Thétys, ces terres vont disparaître de nos yeux pour un temps qui marquera l’ère Secondaire. Elles ne resurgiront de leur profondeur, témoins de leur passé, que lorsque de nouveaux séisme secoueront la région à l’ère Tertiaire, lorsque une fois encore, plaque Africaine et Eurasienne se rencontreront, époque Pyrénéenne et Alpine, où la mer se retirera de notre région pour nous laisser découvrir des paysages calcaires formés au fond des eaux. Les secousses pyrénéennes et alpines modèleront le relief, la terre s’élèvera à nouveau. Par jeu des failles , par l’érosion , par l’intrusion des multiples phénomènes volcaniques se formera pour un temps le paysage que nous avons sous les yeux.
5. Les Reptiles
Nous pouvons définir un reptile comme un animal pondant des œufs sur la Terre, ne disposant pas de mécanisme interne pour régulariser la chaleur (on dit qu’il est à « sang froid ») et couvert d’une peau écailleuse et sèche. Les reptiles ne tiennent plus une place importante dans la faune d’aujourd’hui mais a un moment donné de l’histoire de la Terre, ils ont dominé le monde et conquis la terre ferme, chose que n’avaient pas pu faire avant eux les Batraciens, vertébrés pourtant sortis de l’eau mais voués à l’esclavage aquatique : les têtards sortis de l’œuf doivent vivre dans l’eau. Grâce à son œuf amniotique très perfectionné , avec sa provision d’eau, les Reptiles peuvent pondre sur la terre ferme et le nouveau-né s’adapter au milieu terrestre , s’éloigner de l’eau et ainsi devenir les maîtres de la Terre pendant 150 millions d’A.
Ce développement des Reptiles est lié au climat devenu plus sec . Végétaux et faunes s’adaptent pour survivre. Avec leurs métamorphoses étonnantes , les Reptiles se sont adaptés à tous les milieux, du ciel à l’océan. Ce sont des marcheurs, des sauteurs, des grimpeurs, des coureurs sur quatre et même deux pattes, ou pas en avoir du tout, ils peuvent nager et même voler. Rappelons-nous des plus célèbres, les grands Dinosaures qui régnèrent sur terre, les Ichtyosaures et les Plésiausores étaient de grands Reptiles marins, quant aux Ptérosaures ils dominèrent le ciel bien avant les Oiseaux. Otons-nous d’une autre idée reçue : tous n’étaient pas des géants, leur taille comme leur forme étaient très diverses, tout comme leur mode de vie. Certains resteront carnivores comme leurs ancêtres d’autres deviendront herbivores. Leur sang n’était pas toujours chaud.
Comme les continents jusqu’à la fin de l’ère triasique ne forment qu’un seul bloc, leur dispersion dans le monde est immense.
6. Le site de la Lieude
Historique
Il était un temps, ou le lac du Salagou n’existait pas où seulement un petit ruisseau serpentait au milieu des Terres Rouges , des vignes et des herbes parfumées.
Les bergers des Vailhes, de Mérifons et des fermes aujourd’hui englouties dans les eaux du lac , menaient sur les bords paisibles du ruisseau paître leurs moutons dans cette belle plaine du Salagou.
Qu’a du penser monsieur Lugagne, il y a 60 ans, viticulteur à Octon, ou monsieur Ollier à la Lieude en 1963 quand ses moutons broutant le couvert végétal mirent à nu sur les belles dalles rouges d’étranges traces de pas , ces grandes empreintes en forme de pied d’éléphant ou de mains à 5 doigts ? Sans le savoir, ils venaient de faire une immense découverte qui aujourd’hui fait la renommée de La Lieude et de Mérifons. Monsieur Lugagne , l’instituteur d’Octon montra ces traces à Monsieur Heyler du Museum de Paris. Les paléontologues accourent sur le site.
En 1983, sous la conduite de monsieur Paul Ellenberger plus de 800 empreintes fossiles furent dégagées, étudiées et finalement protégées sous un hangar de 800m2 construit en bordure de la petite route départementale.
La plupart des empreintes présentes à la Lieude sont datées d’environ 265 millions d’A. et appartiennent à des reptiles mammaliens. Les empreintes de mains appartiennent, les unes à un carnivore longiligne et bas sur pattes, d’un mètre de long, les autres probablement à un herbivore plus grand qui devait dépasser les deux mètres. D’autres pistes découvertes ,ont été laissées par de petits animaux appartenant à une troisième espèce. Enfin , sur le site, on peut voir des traces en forme de pattes d’éléphant appartenant sans doute à un Dimétrodon, une espèce de grand lézard pourvu d’une étrange crête dorsale qui devait jouer le rôle de radiateur et contrôler sa température. Le Dimétrodon est un reptile pélycosaurien, carnivore massif de cinq mètres de long. Ceux-ci représentaient certainement le premier stade de l’évolution de reptiles en mammifères. La voile dorsale constituait probablement la première étape d’une évolution vers le « sang chaud »
Mais intéressons-nous à cette branche bien particulière qui est présente ici à la Lieude, si importante dans le chaînon de notre évolution:
les Reptiles Mammaliens, les Thérapsidés et Thériodontes.
Ils ne sont pas très grands. Les plus gros étaient généralement des herbivores et les plus petits de féroces chasseurs carnivores. Leur tête et leur corps ressemblaient à ceux d’un chien, principalement à cause de la position des pattes. Alors que les autres reptiles ont des membres qui s’écartent du corps , chez les Mammaliens, placées sous le corps, elles en soutiennent le poids et leur offre une meilleure aptitude à la locomotion. C’est ce que nous montre l’espacement et la forme des traces de pas sur la dalle fossilifère de la Lieude. L’étude des fossiles et en particulier de leur crane montrent d’autres spécificités. Leurs dents sont déjà différenciées et spécialisées : l’avant de la mâchoire présente des incisives pour couper, une paire de canines pour tuer et l’arrière des prémolaires et molaires pour broyer et mastiquer. Plus curieux encore, reptiles à sang chaud, ils possédaient des poils et allaitaient leurs petits. Pourquoi classe-t-on ces animaux parmi les reptiles ? Parce que leur monde de reproduction est encore celui des reptiles et ils pondent des œufs. Comme les reptiles, l’articulation de leur mâchoire –arrangement synapside (fosse unique de chaque côté) est très primitive, mais déjà elle comprend certains os qui, chez les mammifères , ont quitté la mandibule pour donner deux des trois osselets de l’oreille.
A ce stade de l’évolution, de l’adaptation au milieu, il ne restait à franchir qu’un très petit degré vers les vrais mammifères
Et pour en savoir plus:
GEOLOGICA Rando
Randos d’automne
Mardi 1er novembre : les Monts de St Guilhem
Au départ de ST GUILHEM le Desert, cité jacquaire
le Beaume de l’Olivier (en boucle 4h30 – dénivellé 650m)
Un magnifique circuit, minéral et végétal , sauvage et sportif, dans la garrigue des Monts de St Guilhem , à l’écart des sentiers battus passant par l’hermitage du Beaume de l’Olivier et le château du Geant.
( voir carnet de route n°3 –2012) http://www.geologica-rando.com/carnet-de-route-n°3-2012/
(en cas d’intempéries – la rando est remplacée par la visite de la grotte de Clamouse et de l’abbaye de St Guilhem)
Dimanche 20 novembre: Les GORGES du BRIANT
Au départ de MINERVE, cité martyre cathare.
Gorges du Briant (en boucle 2h30 – dénivellé 200m)
Au-delà de sa richesse patrimoniale , liée à son histoire tragique, le grand attrait du site de Minerve est ses ponts naturels, ce sera la fin d’un magnifique circuit en bordure des falaises des gorges du Briant et de la Cesse
( voir carnet de route n°2 –2012 http://www.geologica-rando.com/carnet-de-route-n%C2%B02-2012/

(en cas d’intempéries – la rando est remplacée par la visite de la grotte de la Devèze et du musée français de la spéléologie )
AGENDA de novembre
le samedi 5 novembre
Balade du patrimoine « Les oliviers et l’agriculture locale ».
organisé par : le Mas des Terres Rouges http://www.masdesterresrouges.asso.fr/.
Rendez-vous à 14h15 sur le parking des Vaillhés, départ en voiture pour deux haltes. La première au carrefour des Hémies, la deuxième près de la Lergue.
Visite des oliveraies et regard sur le patrimoine de la commune du Puech
Vers 17h rendez-vous à la mairie du Puech , pour un apéritif à base de vins locaux, offert par la municipalité et la dégustation de différentes huiles d’olive. avec la participation de la coopérative Oléicole de Clermont l’Hérault devrait être présente.
Des nouvelles de ’’ Dod ’’ :
Qui est ’’ Dod ‘’ ? Le ’’ Dod ’’ , cpmme on le surnomme dans le mileu c’est Lionel Daudet, un alpiniste, ami fidèle du Festival de Montagne et de l’Image d’Ax les Thermes. Piolet d’Or en 1993. Un sacré aventurier. En 2006, il s’attaque au Mont Ross en Terres Australes Françaises, en 2007 il boucle le tour du département des Hautes-Alpes, par les arêtes hautes alpines. l’an dernier,il demande à la navigatrice Isabelle Autissier de l’emmener à la voile jusqu’en Antarctique pour gravir les sommets hostiles de l’île Pierre 1 er, le voilà à présent embarqué pour le tour de France !
“Je vais essayer au maximum de me situer pile sur la frontière terrestre en progressant à pied dans les massifs montagneux, à VTT sur la façade atlantique, en kayak sur le Rhin, en pirogue sur le lac Léman et je ferai le tour des îles (Ouessant et Corse notamment) en voilier. Je n’ai pas d’impératif de retour. Je préfère prendre le temps de vivre cette aventure pleinement, avec élégance”. commente Lionel
Le 10 août 2011, Lionel Daudet est parti pour le Dodtour, un tour de la France « exacte » sans aucun moyen motorisé, en suivant au plus près la frontière terrestre et le littoral.
Environ une année pour relever un défi physique, explorer et raconter ce qui fait la France.
Ce périple représente 5000km à parcourir, dont 1000 sommets et quelque 3500km de littoral. Aujourd’hui , il galère à Longwy !
Il fera la traversée des Pyrénées en hivernale.!
Vous pouvez le suivre sur http://www.dodtour.fr/ , facebook et WordPress
Mon livre du mois :
Terre de France
de Charles Frankel

Une histoire de 500 millions d’années
Ce livre passionnant raconte l’histoire de la France : celle qui a courbé l’échine sous le bombardement d’astéroïdes, qui a été écartelée pour faire place à des flots de magma , qui s’ est plissée comme un tapis sous les coups de boutoir de continents voisins . C’est l’histoire d’un long film de 500 millions d’année qui débute en Bretagne puis qui traverse toute la France. C’est un voyage dans le temps et dans l’espace où l’on part à la rencontre des dinosaures de Bourgogne jusqu’à la Provence, où l’on assiste au soulèvement des Alpes, à la construction des volcans d’Auvergne, où l’on voit l’océan submerger Paris et la Méditerranée s’assécher , etc , etc… et qui se termine par l’arrivée d’Homo sapiens sur notre littoral.
Voilà comment en feuilletant ce livre , je suis arrivé un jour … il y a 265 millions d’A à Mérifons , au pays des ruffes et de son étrange bestiaire, si proche et si loin de nous à la fois. !
Mais depuis la France a été cent fois déchirée, raccommodée, rehaussée, rabotée avant de nous présenter son paysage actuel, que nous croyons éternel, mais qui n’est que la dernière image d’un long film …. jamais achevé. L’abîme du temps laisse rêveur !
Catégories : La gazette
















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