La Gazette de GEOLOGICA-rando Mai 2011

27 04 2011

 

Au sommaire :

Les miroirs des Pyrénées

L’ agenda de mai :

Les randos du mois
Dimanche 15 mai :
Le Caroux sportif

24-25-26-27 mai :
Les Hautes- Corbières
Pays cathare

Les journées Haroun Tazzief
Gigean du 18 au 22 mai
Une page de géologie :
Les volcans du Salagou

 

Les miroirs des Pyrénées

Ils sont bleus, verts, noirs , rouge ou blancs selon la saison, la couleur du ciel, l’heure du jour, la roche qui les accueille, leur profondeur : toutes les teintes s’y nuancent…. Ce sont nos lacs Pyrénéens , nos miroirs aux eaux limpides et cristallines, parures de nos montagnes.
Aller à leur rencontre est toujours magique : l’eau qui ruisselle sur les rochers, qui court dans les pelouses, parvient souvent dans un lac  , un gourg ou un étang. On les rencontre après un bel effort, une montée,  ils se découvrent alors dans toute leur beauté, perchés en haut d’un vert vallon ou bien  blottis sous une muraille de pierres. Lieu de repos, propice au pique-nique ou au bivouac  d’un soir , souvent but d’une promenade, d’une randonnée, première approche de la montagne.

J’aime les repérer  sur une carte, puis les découvrir dans leur environnement et profiter de ces lieux enchanteurs. Il suffit d’un peu d’eau et tout devient paisible !  

LES LACS DU CARLIT

Ils sont des milliers dans les Pyrénées, le massif du Carlit en possède .quelques joyaux. Les plus renommés mais aussi les plus fréquentés s’éparpillent sur la versant Est du massif que l’on appelle le « désert du Carlit ». Un désert blanc l’hiver, et qui scintille de tous ses miroirs, lorsque tous ses lacs et laquettes  reprennent au milieu des rhododendrons et des ramures de pins leur parure des beaux jours .
Le plus célèbre d’entre eux est le lac des Bouillousses mais il n’est pas le seul (!) c’est un véritable chapelet de lacs que le retrait des glaciers du quaternaire a laissé dans ce paysage enchanteur.
Ne montez pas en voiture au lac des Bouillousses. Partez à pied du Pla des Aveillans et faites un peu de HRP, vous découvrirez deux merveilles aux eaux dormantes , peu fréquentées : l’estany Negre et l’estany de la Pradella.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Puis le GR10 vous guidera jusqu’à la Bollosa (le lac des Bouillouses). Une nuit au refuge et le lendemain , départ pour un vagabondage sauvage ! On monte sous les pins en suivant l’itinéraire classique du Carlit, le grand lac des Bouillousses disparaît rapidement, le sentier nous conduit au premier lac, l’estany del Viver où se mire le Grand Péric et le Petit Péric. , l’estany Negre est à deux pas. Plus loin se découvre l’estany de la Comassa et l’estany Sec et son drôle de rocher en son milieu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      

 

 

 

 

 

 

 

 

A cette altitude, en Avril, la neige n’a pas encore quitté les berges des lacs, les creux vallons et les croupes abritées et  ces touches blanches ajoutent encore un peu plus de beauté à ce paysage bucolique. Que dire de l’estany Llat qui s’étale au milieu de belles pelouse : mon préferé ! L’austère et très rudimentaire refuge de pierres des frères Aymard est niché au bord de ce bel et grand plan d’eau. Le Tossal  Colomer (2676m) surplombe le lac et nous cache le seigneur de ce lieu le Carlit (2921m).

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous allons le retrouver en quittant momentanément le circuit des lacs pour un vagabondage dans le vallon del Forast marqués par des cairns au milieu de bois de pins clairsemés et d’ éboulis rocheux garnis de rhododendrons et … de neige ! Après cette petite escapade ludique, retrouvons nos lacs et nos sentiers bien tracés et balisés.  Après avoir longé, l’estany Llong , le bien nommé on retrouve l’itinéraire classique, l’estany del Vallell d’où nous avons enfin la vision presque complète du Carlit, puis l’estany de les Dugues.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

Et le circuit se boucle sur l’Estany del Viver vu à la montée. Enfin c’est à nouveau les Bouillousses .
La voiture est à une heure ……

L’agenda de Mai

LES RANDOS DU MOIS
Dimanche 15 mai : LE CAROUX

 

 

 

 

 

 

Il fait parti de notre paysage familier. Le massif  du Caroux-Espinouse , balcon cévenol le plus rapproché du littoral méditerranéen, est notre montagne héraultaise. Reconnaissable de loin à sa forme trapue , du haut de ses 1000m d ‘altitude environ,  il barre l’horizon nord de la plaine biterroise.
Les pistes et sentiers  qui parcourent le Caroux sont nombreux le petit livre du CAF en décrit plus de 70. Il est donc facile d’y tracer des itinéraires de randonnée. Voici une de mes préférées, de quoi passer une superbe journée du joli mois de Mai.  
Au départ des gorges d’Héric, c’est un itinéraire sportif qui court sur tout son flanc Sud qui enchaîne :
Piste du col de la Pomarède – Sentier du Garel – Sentier de l’Esquino d’ Aze – Piste de la Vire de Roque Rouge – Sentier du Garel – Piste des Biterrois – Sentier des Gardes
( voir carnet de route n°5 –2011) http://www.geologica-rando.com/carnet-de-route n°5-2011/

24 – 25 – 26 – 27 mai : AUDE – Pays Cathare

 

 

 

 

 

 

« Le soleil n’est jamais si beau qu’un jour où on se met en route »  écrivait Jean Giono dans les Grands Chemins.
En marche, sur les traces ….. de l’homme de Tautavel jusqu’à celles du ….. curé de Cucugnan , en passant bien sûr par les « citadelles du vertiges » du Sentier Cathare – Aguilar, Quéribus, Peyrepertuse , les gorges de Galamus et le Pic de Bugarach « la montagne des sorcières » dans ces décors là , il aurait été comblé, comme moi !
4 randos pour découvrir les Hautes Corbières, 4 jours , et 4 nuits sous yourte !
(voir info http://www.geologica-rando.com/en-route-en-randos-audoises/

Les journées Haroun Tazzief

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grandioses , colorées, à 15 ans, les images des « Rendez-vous du Diable,» ce  film d’ Haroun Tazzief , a marqué l’imaginaire de mon enfance et peut-être plus tard m’a conduit à vouloir percer les mystères de la Terre en devenant géologue !

du 18mai au 22 mai , à GIGEAN (salle polyvalente)
LAVE*: l’association volcanologique européenne
APNHC**: association protection nature des hauts cantons
Organisent les journées Haroun Tazzief

Au programme :
trois conférences à 20h30
Le jeudi 19 mai : Mr.DAUTRIA  docteur en géologie : les volcans éteints  de  l’Hérault
Le vendredi 20 mai : Mr.BOUSQUET  docteur en géologie : les volcans actifs du Sud de l’Italie
Le samedi 21 mai : Mr.LAVACHERY  fils de H.Tazieff: L’épopée Tazieff : aventure ou recherche scientifique ?
Des expos :
Le samedi 21 mai et dimanche 22 mai :
Les expéditions Tazieff par  son fils (Centre Haroun Tazieff de Chaudeyrolles)
Volcans européens et  volcans de l’Hérault:photos et roches par Cl.Lesclingand (LAVE)*
Ateliers scientifiques: le basalte au  microscope, expériences, le magnétisme, maquettes
plaques et volcans par B.Halleux(ass APNHC)**
Une sortie volcan à St Thibery et au Cap d’Agde le Dimanche 22 mai
(RDV  9h30 , devant la salle polyvalente de Gigean)
 

Les volcans du Salagou

Le Rouge et le Noir, non ce n’est pas l’œuvre de Stendhal, dont il s’agit, mais ce sont les couleurs du paysage qui s’offre à nos yeux depuis le col de la Merquière, jusqu’aux berges du Salagou.
Il y a , à peine 2 millions d’années , j’aurai pu assister ici à un véritable feu d’artifice , un extraordinaire bouquet final de l’histoire géologique de notre région.
C’est entre -2.5 et 1.5 millions d’années que la lave se répand sur une bonne partie des terres rouges du bassin  de Lodève, des volcans explosent de toute part de l’Escandorgue au Cap d’Agde. La cause de ce phénomène réside dans le mouvement des plaques tectoniques : la plaque Africaine remontant vers les plaques Européennes. Aujourd’hui, sous l’action de l’érosion le paysage c’est transformé  offrant au regard un paysage paisible. Les coulées noires de basalte coiffent les plateaux .Les volcans ont disparus, en creusant les « ruffes »  l’érosion laisse en relief leurs cheminées, dégage des fissures de murs de basalte. Rouge et noir, ici , on ne se lasse pas d’observer ce contraste de beauté et de couleur ,ces sculptures de la nature : necks, dykes « posés » sur les ruffes  . mais l’homme. n’est pas en reste !  Les pierres noires, sur la base des ruffes,  les hommes les ont utilisées pour élever les murets de leur champ, les murs de leurs mazets, de leurs maisons, de leurs villages et même de leurs châteaux .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le castellas de Malavieille ! L’image est saisissante , ce pan de mur , ultime ruine dressée sur son éperon de laves , puissance de l’homme anéantie , témoin de la précarité de notre règne, gardien fragile des traces vieilles de 250 millions faites dans la boue par  Merifontichnus thalerus, maître en son temps, lui aussi,  du Salagou !
 
 
 



Randos en Pays Cathare

26 04 2011

 


Entre Pyrénées et Méditerranée ,

 

4 coups de cœur, 4 jours, 4 randos pour découvrir les Hautes Corbières
 

Ecrasées sous le soleil en été, battues par les vents violents en hiver, c’est peut-être au printemps fleuri la meilleure saison pour les découvrir
« Le soleil n’est jamais si beau qu’un jour on se met en route »  écrivait Jean Giono dans les Grands Chemins.
En marche, sur les traces ….. de l’homme de Tautavel jusqu’à celles du ….. curé de Cucugnan , en passant bien sûr par les « citadelles du vertiges » du Sentier Cathare – Aguilar, Quéribus, Peyrepertuse , les gorges de Galamus et le Pic de Bugarach « la montagne des cornes» dans ces décors là , il aurait été comblé, comme moi !

1- Le Pic de Bugarach … par la fenêtre
L’ascension de la « montagne des cornes » est spectaculaire et le panorama sublime par temps clair. Même s’il ne pointe qu’à 1230m, le Pech de Bugarach, toit de l’Aude vaut un sommet de haute-montagne.
Durée : 5h  -  Dénivelé : 790m

En quittant Bugarach, c’est par « le sentier cathare » que commence la rando en remontant le ruisseau de la Blanque, direction les cascades des Mathieux. Avant de rejoindre la D45 au point 603 on aura traversé deux fois la Blanque à gué, puis on s’approche sans l’atteindre des ruines de la bergerie de Malquier.
Rapidement, le sentier s’élève dans les buis et atteint un replat sur une pelouse et le départ de l’itinéraire de la fenêtre. La sente devient plus raide, dès les premiers contreforts du Pech, traverse  un petit pierrier, pour arriver au pied de la cheminée des falaises du versant Sud.  Devant nous, 480m de montée tout droit, en suivant les cairns et les marques, en posant par endroit les mains, on atteint deux petites vires puis la fenêtre(un trou dans la paroi calcaire) que l’on contourne par la gauche afin d’atteindre le long de la crête le sommet du Pech (1230m). Entouré de pentes vertigineuses, le Pech de Bugarach est une vrai montagne au panorama superbe jusqu’à la mer : les Corbières et Peyrepertuse, Carcasonne et le Pic de Nore et au Sud la chaîne des Pyrénées ariégeoises et du Canigou. Pour la descente, on suivra d’abord la crête plein Nord jusqu’à un replat herbeux, où la sente bifurque plein ouest, laissant la Pique Grosse sur la gauche pour plonger dans les buis pour rejoindre le Col de Linas et la D14. On retrouve ensuite le GR de pays pour rejoindre Bugarach.

Attention : itinéraire spectaculaire, à aborder avec beaucoup de prudence par grand vent ou progression sur des roches glissantes.

2 – TAUTAVEL – AGUILAR
Durée : 6h Dénivelé : 150m
Au printemps, la garrigue est riche en fleur : orchidées sauvages, tulipes, iris nains, narcisses, etc…. pour le plaisir des sens , une balade « primitive » sur les traces de l’homme de Tautavel  jusqu’aux portes du château d’Aguilar

La balade commence entre saules et lauriers-roses au bord du Verdouble. Puis on grimpe 150m, à la Caune d’Arago par un sentier raide et une cheminée ( c’est la seule montée de la journée !), pour rejoindre le Planal. Un plateau, un cheminement dans la garrigue , par sentiers, pistes et layons jusqu ‘au château d’Aguilar : une boucle de 18km et 6h sur les pas de l’homme de Tautavel et le Canigou en arrière-plan

3 – De Cucugnan au château de Quéribus

Après celles de l’homme de Tautavel, partons sur les traces de celles du célèbre curé de Cucugnan  à travers garrigue et vignoble pour finalement atteindre  Quéribus, Peyrepertuse, les « Citadelles du Vertige », sublimes châteaux-sentinelles perchées sur leur rocher, ultimes refuges des Parfaits cathares.
Longueur : 12km – Durée : 3h00 Dénivelée : 350m – Difficulté : Moyenne Balisage : orange et jaune/bleu

Carte IGN : 2447 ouest.
Départ devant le théâtre Achille Mir.
Prendre la rue qui descend le long de l’école en direction de Padern et rejoindre la départementale D 14 en bas du village.
La traverser pour emprunter en face un chemin de vignes goudronné.
Dirigez vous vers un oratoire et continuer tout droit.
Restez sur le chemin goudronné.
Vous arrivez aux ruines d’une ancienne bergerie au milieu de cyprès.
La contourner en empruntant le chemin à droite, montez à flanc de colline jusqu’à un croisement.
Prendre alors le chemin à droite qui vous conduira au col de la Saguette.
Prendre le chemin à droite pour parvenir à Quéribus.
Pour redescendre au village de Cucugnan, récupérez le sentier cathare en haut du parking.

Suivre un petit sentier de crête en direction du nord, puis gagnez à gauche la colline "les Costes".
Vous rejoignez un chemin que vous prenez à droite.

Vous rejoignez un chemin que vous prenez à droite.
Vous passez devant les anciennes bergeries de"Granan".
Couper un petit ruisseau et environ 150 mètres plus loin, à hauteur d’une haie de cyprès, prendre le chemin goudronné à gauche qui vous ramènera au village.
Retour devant le théâtre Achille Mir.

3 bis – De Cucugnan à Duilhac
Longueur : 6km – Durée: 2h00 Dénivelée : 50m – Difficulté : Facile Balisage : jaune et bleu
Dans le village de Cucugnan, entre l’office de tourisme et la miellerie des deux châteaux, à l’ouest de la cave coopérative, suivre le chemin d’exploitation qui, au milieu des vignes, aboutit au col del Triby.
Prendre la D14 vers la droite pendant 200 mètres, puis le chemin qui descend à droite vers les vignes pour retrouver la D14 à l’entrée de Duilhac-sous-Peyrepertuse.
On accède alors au château de Peyrepertuse par la route en lacets ou le raccourci.
 

4- Le Pech d’Auroux en circuit depuis les Gorges de Galamus
Et pour finir un peu de crapahut sur le Pech d’Auroux, un beau piton calcaire (929m), une belle crête aérienne pour une non moins belle rando sauvage parmi les buis, chênes-verts et genevriers à découvrir en boucle depuis les impressionnantes gorges de Galamus
Dénivelé : 700m – Durée : 5h

Départ : du grand parking des Gorges de Galamus – depuis le parking , on descend la D7 en direction de St Paul de Gfenouillet, sur 1,8km , puis à gauche on s’engage sur leGR36 en direction du col de Corbasse que l’on rejoint en 1h, puis toujours sur le GR on gagne le Pla de Brezou, une grande clairière et un superbe panorama sur le château de Peyrepertuse. De ce point de vue, on file sur la gauche en direction du Pech d’Auroux (969m) que l’on atteint après de petites grimpettes à travers les rochers et 3h de balade délicieuse depuis le parking. Après la pause pique-nique sur ce belvédère, c’est la descente toujours sur GR en direction des gorges de Galamus, passage par le col das Souls (685m) pour rejoindre la D7 en amont des Gorges de Galamus. Large de 2m , taillée dans le roc, cette départementale est impressionnante … même à pied, à la traversée des gorges ! Avant de rejoindre en aval le parking de départ, on fera un détour jusqu’à l’ermitage de St Antoine de Galamus par un sentier accroché à la muraille..
 



Carnet de route n°5 – 2011

23 04 2011


Le versant sud du CAROUX
(itinéraire sportif)

                                                                                                                                        

DATE :

15 mai 2011

LOCALISATION :

Hérault – Parc Régional du Haut –Languedoc – Caroux

Difficulté : **
Pour une approche de la randonnée montagne.
Parcours sportif du Caroux 
Durée : 5 ou 7h
Dénivelé : 835m
 
DEPART :
8h15 de Valquières ou rendez-vous à 9h au parking des gorges d’Héric
( point de départ de la boucle)

Comment y aller :

Par la vallée de l’Orb et la D908, jusqu’au  village de Mons la Trivalle.
Puis rejoindre le Verdier le Haut et le parking des gorges d’Héric 

Cartographie :

Pour la route : Carte Michelin n°83 ou IGN Top 250 Pyrénées Languedoc – Roussillon  Régionale R13 Promenade 65
Pour la balade : IGN  n°2543 OT 1 :25000 série TOP 25 LAMALOU-les-BAINS – L’Espinouse. Le Caroux

Où manger et dormir :

Prévoir un pique-nique de midi.
Equipement :
Equipement (en fonction de la météo) pour une  balade d’une après-midi. Un petit sac à dos sera suffisant.

Meteo :
Répondeur téléphonique : 3250 ou www.meteo-france.fr

Adresses utiles :

www.parc-haut-languedoc.fr

intéressant aussi : CEBENNA Montagne et Environnement à Olargues, un accueil, des animations , des visites guidées, un auditorium, etc.  Avenue du Champ des Horts. tel : 04 67 97 88 00 www.cebenna.org

 
LA RANDO

C’est à partir des gorges d’Héric, sur tout le versant Sud du Caroux que se déroule la rando :
A l’entrée des gorges d’Héric , on quitte le chemin principal des Gorges en traversant le torrent d’Héric sur la passerelle du « pont des Soupirs »(230m) pour prendre tout de suite à droite le sentier qui longe le cours d’eau et qui rejoint le hameau de la Coste  (15/20mn) , puis celui de St Martin de l’Arçon (270m) (1h). A partir du village, on va commencer à monter sur un vieux sentier à travers les chataîgners pour atteindre facilement le col de la Pomarède (490m) (1h30). Déjà, du col la vue est superbe sur le ravin d’Albine que l’on va rejoindre rapidement en progressant sur de belles dalles jusqu’au bord du torrent. Au milieu des vasques et des cascades , bien abrité, le site est idéal pour le pique-nique ! (1h45). Après la traversée du torrent, il faudra grimper dans les rochers et sur les dalles pour rejoindre le sentier du Garel (590m) (2h) que l’on descendra parallèlement au torrent d’Albine pour faire la liaison avec la piste de l’Esquino d’ Aze (2h15) à la Trappe (340m). Entre le ravin de l’Albine et celui de Roucayrol la progression à découvert souvent « en escalier »  parfois « en lacets » est  belle jusqu’à la plate-forme du Col de la Baume de Roucayrol (780m) (3h15). On aborde alors le passage plus technique de la vire de la Roque Rouge (superbe vue sur la vallée de l’Orb) que l’on traverse en une quinzaine de minutes. Pour rejoindre un pezu plus bas les Barques de Caylus (710m) (3h45) où l’on retrouve le sentier du Garel pour le remonter jusqu’au Pas du Rat où l’on traverse à nouveau le torrent d’Albine (730m) (3h50) pour rejoindre un peu plus haut la Piste des Biterrois (4h) La Piste des Biterois est « casse-pattes » de courtes montées en petites descentes, parfois sur de courts passages rocheux elle conduit au col de Bertouyre en passant par le magnifique portail des Cades (point culminant de la rando (815m) (5h) , encore 500m à déambuler en balcon pour atteindre le Sault de l’Ane et enfin le Col de Bartouyre (670m) (6h). Et c’est enfin la descente à notre point de départ par le classique Sentier des Gardes (7h).(230m) 

ITINERAIRE


Enchaînement des pistes :

Piste du col de la Pomarède – Sentier du Garel – Sentier de l’Esquino d’ Aze – Piste de la Vire de Roque Rouge – Sentier du Garel – Piste des Biterrois – Sentier des Gardes


 

 

 

 

 

 

REPERAGE

Le Caroux fait parti des Monts de l’Espinouse, massif du Haut-Languedoc appartenant aux Cévennes méridionales, isolé entre Montagne Noire à l’Ouest et Causse du Larzac au Sud. Il culmine à 1091m et ( 46km le sépare de la mer). Sa forme tabulaire est très facilement repérable dans le paysage. Sur une carte, nous le limiterons par un rectangle d’environ 4km de long entre les gorges de Colombières à l’Est et les gorges d’Héric à l’Ouest, pour 2,5km de large entre la vallée de l’Orb au Sud et la haute vallée de Douch qui le sépare de l’Espinouse proprement dite.


… un peu d’histoire géologique

Racontons son histoire vieille de 300 millions d’années.
Vous le savez, il y a environ 500 millions d’années et pendant prés de 200 millions d’années, la région appartenait au domaine marin, d’une mer qui séparait deux continents-la Laurasia au Nord et le Gondwana au Sud. De la collision de ces deux continents sortirent des eaux, il y a 300 millions d’années une chaîne de montagne, appelée hercynienne.
Ainsi culminèrent un temps à plus de 5 000m, le vieux Massif Armoricain, les Vosges, le Massif Central, la Montagne Noire et le Caroux-Espinouse puis furent démantelées, rabotées, aplanies en 50 millions d’années. Le Caroux vécut une grande période d’accalmie pendant toute l’ère Secondaire, il ne culminait plus qu’à 200 ou 300m, la mer était revenue à ses pieds et l’ancêtre de l’Orb coulait péniblement en larges méandres. Avec l’ère Tertiaire, notre terre bougea une fois encore. D’un continent unique, la Pangée, se différencièrent les plaques qui font notre monde. Leurs mouvements ne se firent pas sans heurts. Du choc entre la plaque Africaine et Eurasienne surgirent les Pyrénées, puis les Alpes, il y a 40 millions d’années pour les premières et 10 millions d’années pour les secondes. Pendant ces mouvements tectoniques puissants, les vieux massifs érodés subirent de fortes poussées Nord-Nord Ouest qui les soulevèrent, d’environ 1000m, à l’image d’un soc de charrue relevant une dalle, la faisant émerger de terre sans la retourner. Le vieux massif, disloqué, découpé par des failles, les unes anciennes Est-Ouest du premier plissement hercynien, les autres récentes Nord Est- Sud Ouest du plissement alpin, allait à nouveau, du fait de son rajeunissement, subir à nouveau l’érosion. Des gorges se creusent et l’Orb pourra reprendre  lui aussi son travail de sape, s’enfoncer dans son lit, tout en conservant son tracé sinueux vestige de l’époque ancienne.

… les roches

Bien que des divergences demeurent sur le mécanisme de mise en place de la zone axiale de la Montagne Noire, dans le cas qui nous intéresse les Monts de l’Espinouse, les géologues sont tombé d’accord pour dire: il existait un "socle" ancien granitique et des schistes "x" surmontant ou enveloppant le granite primaire. Lors de l’orogenèse hercynienne, ce socle primitif et son enveloppe a été transformé, déformé et plissé. Trois grands ensembles se mettent en place: l’antiforme du Caroux et l’antiforme de l’Espinouse séparés par le synforme de Rosis. Dans ses superbes structures, au relief grandiose de nouvelles roches ont pris naissance par métamorphisme et anatexie. Expliquons !
* Le métamorphisme général est un ensemble de phénomènes physico-chimiques qui se produit lors de la préparation et la mise en place des chaînes de montagne et il affecte toutes les roches préexistantes. Pris dans les mouvements tectoniques, les terrains, jadis en surface, vont être enfouis progressivement dans l’écorce terrestre en mouvement et subir des pressions fantastiques et des températures de plusieurs degrés. Lentement, sans fusion, dans un état solide ou partiellement visqueux, la matière va se transformer et se réorganiser donnant naissance à de nouvelles roches. Les roches métamorphiques sont très nombreuses, chacune est caractérisé par son origine et par le degré de métamorphisme qu’elle a subi, c’est à dire des conditions de température et de pression qu’elle a supportées. Ainsi sont nés, schistes, marbres, quartzites, micaschistes, gneiss, etc…
*.L’anatexie est le processus par lequel des roches de métamorphisme général soumises à des températures de plus en plus fortes subissent une fusion pour finalement donner un magma. Ainsi se forme certains granites
*Il existe des cas plus localisés de métamorphisme, tout autour par exemple , d’un massif granitique se développe une auréole de métamorphisme. Il s’agit d’une transformation locale, sur quelques mètres voire du kilomètre, des roches sédimentaires encaissantes, liée a l’augmentation de température provoquée par l’intrusion granitique. On parle de métamorphisme de contact.

ITINERAIRES et RANDONNEES dans le CAROUX

Les pistes et sentiers  qui parcourent le Caroux sont nombreux le petit livre du CAF en décrit plus de 70. Il est donc facile d’y tracer des. Celui que je vous propose ce mois-ci est un de mes préférés, il est aussi une belle approche de la randonnée montagne : sportif, aérien, il chemine sur tout le versant sud par des sentiers ancestraux, des passages rocheux , il franchit les torrents, pénètre dans les vallons sauvages et offre au regard de superbes panoramas tant sur le massif lui-même que sur le paysage environnant qui s’étale à ses pieds  

CONCLUSION
Dans ce territoire restreint, c’est une mosaïque de décors que la nature nous a laissé. Dans les hasards de son relief, l’automne y sera doux et flamboyant, l’hiver, la neige blanchira ses cimes, le printemps y sera richement fleuri et parfumé, quant à l’été, gorgé de soleil, il baignera de lumière.
Le Caroux est un site naturel, faisant parti du Parc Régional du Haut-Languedoc, la conquête par l’homme n’y a été que passagère des temps les plus anciens à nos jours et c’est au rythme de nos pas qu’il se laisse un peu approcher et découvrir.
« … A peine a-t-on fait cinquante pas en grimpant le long de cette pente très raide que, si l’on s’arrête une minute pour respirer et si l’on se retourne, on est tout à coup saisi d’admiration (..) L’Orb, un peu maigre, serpente au fond de la vallée, laissant à découvert des roches micacées que le soleil , de temps à autre, allume ainsi que  de gigantesques diamants. Et puis, si l’œil s’égare au-dessus  de la rivière semée d’îlots, quel spectacle splendide que celui des épaisses forêts de châtaigniers prenant racine aux premiers mamelons de la plaine et se prolongeant avec leur frondaisons qui moutonnent sous le vent ou étincellent sous la lumière jusqu’aux crêtes sourcilleuses du roc de Caroux … ». Ferdinand FABRE  – 1890