Carnet de route -n°1 – 2011

12 01 2011

 

De la Via Domitia au Canal du Midi

DATE :
23 Janvier 2011

LOCALISATION :

Hérault – littoral

Difficulté :
*
Aucune difficulté.
 
DEPART :

8h30 de Valquières ou rendez-vous à 10h à la maison du Malpas (Centre culturel et touristique de la Domitienne). Point de départ de la balade.

Comment y aller :

Depuis Béziers prendre la N9 en direction de Narbonne, au niveau de Nissan-lez-Ensérune prendre à droite direction Oppidum d’Ensérune, puis à droite direction La Maison du Malpas.
Ou par l’A9 , sortir Béziers Ouest et suivre la direction Nissan –lez-Ensérune

Cartographie :

Pour la route : Carte Michelin n°83 ,IGN Top 250 Pyrénées Languedoc – Roussillon ou IGN R13 Carte régionale Languedoc-Roussillon ou carte de promenade IGN 65 Béziers-Montpellier 1 :100000
Pour la balade : IGN  n°2545ET Béziers 1 :25000 série bleue

Où manger et dormir :

Prévoir un pique-nique de midi.
Equipement :
Equipement (en fonction de la météo) pour une courte balade d’une après-midi. Un petit sac à dos sera suffisant (….pour ) ramener huîtres et Picpoul. C’est la saison!

Meteo :

Répondeur téléphonique : 3250 ou www.meteo-france.fr

Adresses utiles :

 
LA MAISON DU MALPAS exposition, espace multimedias, boutique, dégustations de produits du terroirs, etc
Tel 04 67 32 88 77
www.lemalpas.com/

NISSAN-LEZ-ENSERUNE OFFICE DE TOURISME *
Hérault (34) – Languedoc – Roussillon
Square Rene Dez – B.P. 17, 34440 NISSAN-LEZ-ENSERUNE
tél. 04.67.37.14.12
télécopie : 04.67.37.14.12
Site internet : http://www.nissanlesenserune.com/

 
LA RANDO

Balade 1 :     ENSERUNE et le canal du Midi – Au départ du Malpas, le circuit fait le tour de l’oppidum d’Ensérune, en longeant l’ancien étang de Montady, puis revient par les chemins de halage du canal du Midi(  balisage PR durée 2h30 – 8km ) – la visite du site d’Ensérune est possible avant la balade.
Balade 2 :     PINET et la via Domitia– A travers vignes, pinèdes et garrigue , nous irons marcher sur l’antique voie romaine. Point de vue sur le mont Saint Clair et l’étang de Thau (balisage PR – durée 1h ou 2h – 3 ou 6km)


REPERAGE

 
L’OPPIDUM D’ENSERUNE
Juché sur une éminence rocheuse, au carrefour des routes terrestres et maritimes, à une dizaine de kilomètres de Béziers, Ensérune constituait probablement un oppidum parmi les plus importants du Midi méditerranéen.
Ses vestiges sont caractéristiques de l’habitat pré-romain du Sud de la France. La céramique retrouvée lors des fouilles réalisées depuis 1915, permet d’observer le mélange progressif entre les populations celtes-ibères et les civilisations méditerranéennes.
L’occupation du site correspond globalement à trois périodes. La première débuta au 6e siècle avant J.-C. : les maisons simples, en pisé, étaient dispersées ; de nombreux silos creusés dans le tuf permettaient de conserver l’alimentation.
La période hellénistique de l’oppidum (500 à 300 avant J.-C.) s’accompagna d’un développement des échanges commerciaux et d’une nouvelle prospérité du lieu : l’habitat était en pierre, l’urbanisation mieux organisée et une enceinte fut construite.
Avec l’arrivée des Gaulois, entre 300 et 250, la ville s’agrandit et s’enrichit de terrasses et de citernes ; la nécropole à incinération, datant des 4e et 3e siècles avant J.-C., fut abandonnée. A la fin du 3e siècle l’oppidum fut détruit. Il connut cependant une nouvelle prospérité après la fondation romaine de Narbonne en 118 avant J.-C.; puis il s’éteignit, semble-t-il, au cours du premier siècle de notre ère.
Tous les vestiges archéologiques découverts sur le site ont été rassemblés dans un musée, qui abrite de remarquables collections. 
Voir le site http://enserune.monuments-nationaux.fr/fr/

LA VIA DOMITIA
Où passe la Via Domitia autour d’Ensérune ?

Après Loupian, Pinet le tracé de la voie Domitienne traverse Béziers et est ensuite longé ou recoupé sur une partie par le Canal du Midi, construit au XVIIème siècle et classé au Patrimoine Mondial par l’UNESCO. La Voie Domitienne passe par des villes et villages dont l’histoire a été marqué par son passage:
Béziers était déjà au Vème siècle avant JC. Un centre de peuplement important, une place commerciale prospère et une capitale politique gauloise. En 36 avant JC. Octave fonde la colonie pour les vétérans de la VIIème légion. BAETERIS, étape importante sur la Via Domitia, devient chef lieu de cité et reçoit une parure de monuments publics : forum, temples, fontaines, thermes et édifices de spectacles. Des vestiges d’un amphithéâtre romain viennent d’être dégagés et pourront prochainement être visités. Associés à la visite du Pont Vieux, d’infrastructure romaine et du Musée du Biterrois qui possède des collections d’archéologie et notamment des éléments sur la vie quotidienne, la religion et les rites funéraires à l’époque gallo-romaine, Béziers nous dévoile son passé de civitas de la Narbonnaise.
Colombiers. A l’occasion du creusement du port fluvial sur le Canal du Midi, une portion de la Voie Domitienne, aujourd’hui recouverte, avait été mise au jour à Colombiers en 1987/88 par A. Peyre.. Le Centre culturel et touristique du MALPAS, mis en place par la communauté des communes de « La Domitienne », situé au pied de l’oppidum d’Ensérune, propose de découvrir le patrimoine autour de l’oppidum.
Voir le site http://www.viaeromanae.org/

Le canal du Midi, chemin d’eau occitan
Réunir l’Atlantique à la Méditerranée par un canal : un rêve qui a habité bien des esprits : Charlemagne, François 1er, Henri IV y avait pensé. Louis XII ne voulut pas être en reste et sous son règne un nommé Bernard d’ Arribat vint proposer son projet aux états du Languedoc. Ses propositions furent finalement rejetées, le 9 mai 1618 à Béziers. Parmi ceux qui avaient pris par aux débats Guillaume Riquet, père de Pierre-Paul, alors tout juste âgé de 9 ans. Entendit-il son père raconter les débats autour du vaste projet ? Toujours est-il que ce fut lui qui devait faire bien plus tard à Colbert les propositions les plus complètes pour la création du « Canal royal de Languedoc ».
Richelieu ordonna donc en 1632 de reprendre l’étude du projet, mais on se heurtait toujours à l’alimentation en eau. Pierre-Paul Riquet va bientôt entrer en scène. Il a commencé sa carrière comme sous-fermier des gabelles. Il s’installe d’abord à Revel et parcourt inlassablement la Montagne Noire en compagnie d’un fontainier de cette bastide, Pierre Campmas. Au cours de leurs randonnées, il observe, note, relève le débit des eaux, les dénivelées des pentes. Cette montagne est un véritable château d’eau naturel. Comment rassembler toutes ces eaux et les conduire vers le lieu idéal de captage ? Une de ses randonnées le conduit au seuil de Naurouze. Et c’est l’étincelle ! Il est là le point de partage des eaux qu’il cherche !
IL est devenu entre temps fermier général des gabelles en 1660 pour le Languedoc-Roussillon et la Cerdagne et a acquis le château de Bonrepos près de Toulouse. Il y construit une « maquette » pour tester son projet, dont il va parler à un ami, archevêque de Toulouse, et qu’il emmène avec lui dans la Montagne Noire. Enthousiasmé le prélat l’invite à parler de son projet à Colbert, ce qu’il fait par lettre le 15 novembre 1662. Colbert est séduit à son tour. Les commissaires royaux examinent les plans, des experts viennent sur place . En novembre 1665, la commission donne un avis favorable. En octobre 1666, c’est l’édit de Sain-Germain-en-Laye. Un arrêt du conseil des finances déclare P.-P. Riquet adjudicataire des travaux. Le rrêve d’un jeune enfant va devenir réalité. La tâche ne l’effraie pas : il est organisé , entreprenant, dur à l’ouvrage. Les ateliers s’organisent. De 1000 hommes au départ on passera quelquefois à 12000 . Où recrute-il ? Parmi les travailleurs agricoles et aussi les artisans et ouvriers qualifiés et même jusque dans la capitale. La troupe lui apportera des renforts par deux fois.
Les travaux avancent : au mois de février 1667, pose de la première pierre du barrage-réservoir de Saint-Ferréol. En mai 1668 le canal est ouvert entre Toulouse et Naurouze, la mise en eau à lieu en 1670. En 1672, trois fois par semaine on peut naviguerentre Toulouse et Naurouze. Les travaux en direction de Sète ont été entrepris. Mais Riquet a de graves soucis financiers. Il emprunte pour payer les ouvriers.. Les travaux ont coûté beaucoup lus que prévu et l’Etat ne règle qu’irrégulièrement ce qu’il doit. Il informe Colbert de la situation.Tout en demendant aux états du Languedoc d’accorder leur crédit à Riquet, Colbert dépêche un ingénieur du roi pour soit-disant l’aider. Il s’agit en fait de le contrôler. Mais rien n’arrête Riquet qui va vendre la plus grande partie de ses biens et priver ses filles de dot. Il est de plus en butte à la jalousie et au mauvais esprit de certains. Sa santé s’altère et il meurt le 1er octobre 1680, sans avoir vu l’achèvement de son œuvre. Il ne  restait qu’une lieue à creuser… C’est son fils ainé Jean-Mathias qui achève les travaux. Le canal fut complètement mis en eau au mois de mai 1681.
Sous la direction de Vauban certains travaux furent ensuite entrepris, notamment pour l’écoulement des eaux en période de crues. Comme l’épanchoir de l’Argent-Double. Du bel ouvrage ! Au seuil de Naurouze, un obélisque est érigé en 1825 à la mémoire de Riquet. Le Canal du Midi a été classé en 1996 au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. Un bien bel hommage posthume pour son créateur.