Carnet de route n°2 – 2012

19 09 2010

 

MINERVE et les gorges du Briant
                                                                                                                                        

DATE :
  20 novembre 2011

LOCALISATION :

Hérault – Minervois

Difficulté : *
Balade facile. Quelques passages aériens sur les surplombs du canyon
Du Briant.
Longueur : 6,5km. Dénivelé 200m  – Durée :2h
 
DEPART :
13h00 de Minerve (Parking au-dessus du village )
( point de départ de la boucle)

Comment y aller :
Venant de Bédarieux, par la  D908 et St Pons, puis D907 par Rieussec
Jusqu’à La Caunette. (Distance : Valquières-Minerve 79km – 1h35)
Venant de Béziers, par D11 (route du minervois) par Capestang et Argéliers, puis D907 par Aigues-Vives
et La Caunette ((Distance : Valquières-Minerve 93km – 1h40)

Cartographie :

Pour la route : Carte Michelin n°83 ou IGN Top 250 Pyrénées Languedoc – Roussillon  Régionale R13
Pour la balade : IGN  n°2444OT 1 :25000  SOMAIL-MINERVOIS 

Où manger et dormir :
Prévoir un pique-nique de midi – ou resto à Minerve
Equipement :
Equipement (en fonction de la météo).  Petit sac à dos. Bonnes chaussures.

Meteo :
Répondeur téléphonique : 3250 ou www.meteo-france.fr

 
LA RANDO
Au nord du village , repérer le balisage rouge et blanc du GR77, et dans un virage quitter la petite route pour une petite sente à flanc de falaise qui surplombe les gorges du Briant. L’itinéraire est aérien et minéral puis s’enfonce dans un bois de chênes-verts pour rejoindre les rives encaissées du Briant et ses magnifiques marmites de géant jusqu’au joli pont piétonnier de Daniel à arche unique que l’on traverse pour remonter sur l’autre rive. Dans « une épingle à cheveux » (point 248-IGN) on quitte le GR, notre itinéraire va progressivement nous ramener au bord du Briant qu’il enjambe sur un petit pont pour rejoindre Minerve par un sentier caladé et l’ancien chemin de ronde. 

ITINERAIRE


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

REPERAGE

LE CATHARISME

Le catharisme s’implante au 12ème siècle dans le Languedoc.
Dès 1208, le Pape et le pouvoir royal s’associent pour lutter contre cette doctrine qui remet en cause leurs pouvoirs.
Les Dominicains ou Frère Prêcheurs reçoivent la charge de l’Inquisition.
Les seigneurs du Nord sous la bannière de Simon de Montfort se mettent en route en vue de punir les "hérétiques".
La répression est sévère et de nombreux bûchers sont dressés dans toute la région : parmi les plus célèbres, Béziers, Lavaur, Montségur.
Ce drame politico-religieux va ensanglanter le Midi médiéval pendant plus de vingt années. Le Languedoc compte plus d’un million de morts. L’église cathare est démantelée et son anéantissement permet l’annexion à la couronne de France, d’une région jusqu’alors indépendante , prospère et novatrice. Pourchassés à travers tout le pays, les derniers Cathares trouvèrent refuge dans les citadelles du vertige et dans les montagnes escarpées de la haute vallée de l’Aude et de l’Ariège. A partir de là, les sièges des forteresses se firent de plus en plus nombreux. Elles tombèrent les unes après les autres.

LE SIEGE DE MINERVE
Au temps de la croisade, Minerve était une sorte d’île adossée au vide sécurisant des ses canyons voisins, une place forte réputée imprenable. Sitôt après le massacre de Béziers (« tuez-les tous ! Dieu reconnaîtra les siens ») et la prise de Carcassonne qui entraîna la mort de Trencavel,, Simon de Montfort entreprit de faire le siège de Minerve au printemps 1210 et se présente aux portes de la forteresse Le causse aux alentours offre une vue parfaite et totale sur la cité. Les armées françaises en nombre considérable s’empressèrent d’entourer le site de toutes part. Le siège de Minerve va durer plus de 2 mois, les machines de guerre pilonnent la ville et la plus célèbre d’entre elle la Malevoisine va anéantir  le puits et priver les assiégés d’eau. Minerve tombe le 20 juillet.
Un bûcher est dressé aux pieds des remparts . On y sacrifia cent quarante personnes d’un coup qui se précipitèrent  d’elles-mêmes dans les flammes.
Une stèle , une colombe de lumière taillée dans la pierre commémore cette tragédie


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MINERVE
Outre les vestiges du château du XIIe siècle (la "Candela", colonne octogonale avec amorce de deux corniches qui supportaient les étages, est l’un des rares restes du château construit au XIII° s après la croisade contre les Albigeois)., il faut voir le puits St Rustique  car c’est sa destruction qui provoqua la reddition de Minerve. Il faut aussi visiter l’église romane (l’église Saint-Étienne est mentionnée depuis l’année 828, puis remaniée au XI° et XII° s). dont certains vestiges datent du Ve siècle (A l’intérieur, un des autels roman dont la table en marbre blanc est datée de l’an 456, est considéré en France comme l’un des vestiges religieux les plus anciens).et le musée archéologique, parcourir les ruelles du village et  les vestiges des remparts..

LES PONTS NATURELS
Outre son intérêt historique,  Minerve village très touristique avec ses vieilles rues, ses remparts, dans un site exceptionnel, possède aussi un patrimoine géologique exceptionnel , les ponts naturels de la Cesse. Ils mériteraient plutôt le nom de tunnel , pour leur dimension et pour leur forme. Le premier ou Pont Grand est long de 250m débouche au pied du village, le second ou Pont Petit plus en amont mesure près de 150m.
Comment se sont ils formés? Tout le sud du Massif Central – il y a 20 Ma- avait une altitude peu élevée. La Cesse et le Briant devaient couler sur une plaine calcaire sur laquelle ils faisaient des méandres. Sous la surface de cette plaine devait exister tout un réseau karstique plus ou moins ennoyé. Au Miocène, toute la région s’est soulevée, et la plaine est devenue plateau. La Cesse et le Briant sont quasiment restés à la même altitude, s’enfonçant (relativement) en formant des canyons, alors que le plateau et son réseau karstique se relevaient. Quand la Cesse a rencontré des conduits karstiques, elle les a empruntés, court-circuitant ainsi 2 méandres, dont le creusement s’est arrêté, qui sont maintenant « perchés » au-dessus du lit de la Cesse.
Ces deux tunnels sont facilement accessibles, à sec l’été. La lumière y est suffisante grâce à ces vastes porches d’entrée et de sortie

 

 



La Costa brava… autrement

16 09 2010

La Costa Brava à mauvaise réputation . Eldarado des Français des années 60, puis envahit par des légions d’Anglo-Saxons et de Scandinaves  l’urbanizacion y a frappé fort : difficile aujourd’hui d’échapper aux concentrations de gratte-ciel sans goût et aux complexes touristiques qui ont poussé comme des champignons défigurant la côte, allant même fleurir dans d’adorables calanques  transformant les petits ports de pêche en d’immenses parkings  
J’ai abandonné moi aussi ma vaillante 4cv ,en el baril de los recuerdos  et qui chargée jusqu’au toit m’amenait jusqu’à Palamos pour y revenir …. 46 ans après, à pied .  Bien sûr, tout a changé ….
Que sont devenues , mes belles plages et mes calas désertes d’antan ? C’est en cheminant  à pied sur le GR92 que je vous invite à les redécouvrir 
En 579 km, le GR92 traverse la Catalogne du Nord au Sud, de Portbou à Ulldecona, en 31 étapes, en demeurant toujours à proximité de la côte méditerranéenne. C’est le sentier idéal pour découvrir la Costa Brava sauvage, je vous y amène de
Palamos à Begur (25km), une étape « montagne » aux superbes vues sur la mer

Palamos  était connu pour sa pèche au lamparo. Malheureusement ,  en montant par une nuit étoilée à la pointe del Moli, au phare de Palamos je n’ai pas retrouvé ces petites lucioles qui dansaient sur la mer au temps de ma jeunesse… mais les tapas aux anchois sont toujours excellentes à déguster sur le port !

Palamos – Cala de la Fosca

On quitte Palamos par le port et la vieille ville pour rejoindre rapidement la première cala : la cala Margarida. puis on grimpe dans la pinède pour traverser le Cap Gros , belles vues sur la côte découpée et la Fosca et sa belle plage protégée de Castell

 

 

 

 

 

 

 

 

Cala de la Fosca – Cap Roig
Le GR suit la côte rocheuse au plus près j’y ai retrouvé mes calas préférées : cala Castells, cala Senia, cala Canyers et surtout cala Estreta.  Au passage on peut voir les vestiges archéologiques du poblat iberic ; superbes vues sur la Pedra Forada , les îles Formigues et au final le cap Roig

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jardin  botanique du Cap Roig
Sur les hauteurs de Calella une promenade dans ce petit paradis floral s’impose

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Calella – Begur
De Calella à Begur , la côte est très urbanisée, je n’ai pas reconnu Aguablava, mais quelques calas méritent un petit arrêt , cala del Golfet, sa Tuna et Aguafreda

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Begur
Begur est un village perché, surplombant la mer. De son château , la vue est superbe. Mais Begur à une histoire cubaine à découvrir le premier WE de septembre quand la ville se transforme en une grande fête des Caraïbes, l’havanera. Pittoresque !



MA TRAVERSEE DES PYRENEES

11 09 2010

Aujourd’hui , 26 juillet 2010 , 9h du matin , le train me laisse sur le quai de la gare de Collioure, sac sur le dos, chaussures de marche aux pieds. Flo et Sandy mes « marmottes » de montagne m’accompagnent. Enfin je vais le réaliser mon rêve ….. « ma traversée des Pyrénées »….
Les Pyrénées et moi sont une longue histoire…..

 

 

 

Je suis né à Toulouse, mais mes racines sont ariégeoises, du Pays de Foix.
Toulouse , les années 50 , je me souviens…. Mon père m’installait sur le porte-bagages de sa bicyclette et nous grimpions souvent sur le coteau de Pech David., c’était une de ses balades favorites, et de là-haut, par temps clair je les voyais et je les admirais surtout l’hiver , toutes blanches , mes Pyrénées et c’est avec impatience que j’attendais les grandes vacances et mon long séjour dans la maison de ma grand-mère pour m’en approcher un peu plus.

 

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                    Souvenirs d’enfance multiples qu’ils seraient long de raconter ici et ses  jeux totalement immergés dans la Nature :  nous inventions le VTT, le canyonning, le climbing et l’accrobranche. Et puis l’approche était plus sensible quand mon oncle Roger nous emmenait dans sa superbe 404 blanche dans la vallée de Vicdessos,  mon premier contact réel avec la montagne…. au Pla de l’Isard !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’attrait des Pyrénées à certainement influencé mes études et mon orientation professionnelle puisque je suis devenu géologue. La géologie m’a permis d’avoir une autre perception du temps et de l’espace et m’a conduit à approcher la  montagne par la marche et sa découverte par le trek. Mon métier et mon goût des voyages m’ont amené aux 4 coins du monde mais c’est pourtant vers les Pyrénées que je revenais marcher et me ressourcer avant de repartir vers d’autres horizons lointains.
…Et puis j’ai pris de l’âge ! Et l’heure de la retraite a sonné… mais j’ai toujours envi de marcher, de grimper, de découvrir d’autres sommets , d’autres horizons, d’autres pays puisque mes jambes et mon cœur me le permettent , j’en profite …
« Je ne sais jamais trop où un chemin me mènera et s’il me mènera quelque part. En revanche je suis assuré de ce à quoi il me soustraira: à un assoupissement (…) à la résignation, au repli sur soi – et la solitude qui parfois l’accompagne n’a rien d’amer: elle me restitue à ce qu’il y a de grave et doux en moi et demeure mon compagnon: le chemin … »  Ce sont les premières lignes de Chemins aux vents de Pierre Sansot. J’ajouterai ce que le chemin m’apporte, l’enchantement , l’apaisement , l’enrichissement et surtout la liberté.

Me voilà aujourd’hui avec mes amies sur le sable de Collioure, ici les Pyrénées plongent dans la Méditerranée, à l’autre bout de la chaîne elles surgissent de l’Océan  et c’est sur ses cimes que nous allons cheminer , d’ Est en Ouest , le soleil dans le dos … combien de jours faudra-t-il pour réaliser cette traversée je ne sais pas … combien de kilomètres auront nous parcourus je ne sais pas non plus, combien de cols auront nous franchis , de dénivelés négatifs et positifs …? Kilian Jornet Burgada est parti le 31 Mai du Cabo Higuer et est arrivé au Cap de Creus le 6 juin 2010  soit 696,9 kilomètres, 35717 mètres de dénivelé positif et négatif entre Atlantique et Méditerranée à travers les Pyrénées françaises et espagnoles  parcourus en 7 jours … Tout est possible ….moi je compte mettre 3 ans … peut-être 4. … chacun son chemin, son aventure, son rêve, sur le même terrain : la montagne et son environnement

Il y a 3 grands itinéraires balisés qui traversent les Pyrénées : le plus célèbre , le plus fréquenté est sans aucun doute le GR10 qui sur le versant Nord français relie Hendaye à Banyuls, son équivalent espagnol sur le versant Sud est le GR11. Entre les deux il y a la mythique HRP, la Haute Route Pyrénéenne certainement l’itinéraire le plus exigeant. Chacun sa traversée, je n’ai choisi ni l’un ni l’autre, mais j’ai tracé un itinéraire qui saute d’un versant à l’autre privilégiant la rencontre avec la beauté des paysages des deux versants.  Je ne suis pas parti pour entreprendre un exploit sportif je n’en ai ni le désir, ni les moyens. Cette route pyrénéenne sera longue et belle et je souhaite que mes ami(e)s , ma famille ou mes enfants , puissent m’accompagner, un jour , deux jours , une semaine ou la totalité du parcours au grès de leurs choix pour ce partage et cet émerveillement que la montagne peut nous offrir.  Même si c’est sans aucun doute un beau chalenge je ne réaliserai pas cette traversée en une fois , je ne souhaite pas non plus trop la fractionner , j’ai donc choisi un compromis et entrepris cette année un premier tronçon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

COLLIOURE/PORT VENDRES – ANDORRE , un test , une expérience. En voici le récit …. Et quelques photos..
D’où partir ?  Le GR11 par du cap Creus , le GR10  et la HRP de Banyuls, nous avons choisi Port-Vendres , le temps d’une flânerie  sur le port de Collioure au pied du célèbre clocher  et d’une baignade à Port-Vendres.

La côte y est rocheuse, déchiquetée, il est habituel  de dire qu’ici les Pyrénées plongent dans la Grande Bleue, c’est une réalité et déjà cette impression de puissance s’installe lorsque la mer est agitée  et que les vagues viennent se briser sur les lames de schistes noirs. La montagne est à nos pieds indomptable.

 

 

 

Premier jour : Port-Vendres –  chalet de l’Albère  du col de l’Ouillat
Avant de partir en montagne, pour une journée ou pour plusieurs jours, il est important de bien préparer son itinéraire, d’en appréhender la difficulté et de « penser » son sac à dos. Pour limiter son poids nous avons choisi l’option des nuitées , en gîte, en refuge ou en cabane. Ce choix de confort permet de récupérer des efforts fournis en profitant d’un bon repas chaud et d’une bonne nuit. Nous avons donc laissé à la maison tente, matelas, popote  et ustensiles nécessaires pour une traversée en autonomie, le sac à dos en est allégé d’autant mais parfois ce besoin de trouver un gîte en dur pour la nuit impose des étapes qui peuvent être longues et exigeantes. 
Donc, la première étape de notre périple sera longue et exigeante 26,4km, les topo-guides indiquent un temps de marche de 8h à 8h30, j’en compterai donc 10 en partant de Port-Vendres! La traversée des Albères n’est pas à négliger 980m de dénivelés positifs et 310m négatifs pour ce premier jour de marche !
De Port-Vendres , c’est sur des pistes muletières bordées de murets en schistes qui traversent le cœur du vieux vignoble de Banyuls que nous rejoignons le GR10 au col des Gascons (387m). En grappillant quelques raisins et le temps d’admirer dans une lumière éblouissante  la côte vermeille et le bleu de la Méditerranée nous mettons 2 heures pour arriver au col. Faut plus traîner, le temps presse, le chemin est encore long ! En choisissant de faire la traversée d’Est en Ouest, nous allons rencontrer tout au long des journées, les randonneurs qui cheminent en sens inverse vers Banyuls, terme de leur long voyage. C’est toujours l’occasion d’échanger quelques mots d’encouragements !  Très rapidement, arrive la première difficulté de notre route, le col de Salifort (981m – borne frontière) . Personnellement , je m’en souviendrai, moi qui avait négligé mon petit-déjeuner le matin. Le temps d’avaler quelques potions magiques énergétiques je peux repartir d’un bon pied ! Jusqu’au Pic de Neulos, le GR10 va louvoyer, toute la journée, sur des sentiers frontaliers riches d’histoire dominant la plaine du Roussillon. De là-haut la vue est imprenable sur le golfe d’Argelès, les Corbières, le pic de Bugarach… on pourrait presque apercevoir notre Caroux ! Le chemin sur les crêtes est une succession de pelouses et forêts de hêtre aux formes féeriques…Remarquable itinéraire… où la roche est toujours là, jaillissant du sol et marquant de son empreinte la ligne-frontière. Nous franchissons le col des Quatre-Termes, nous pénétrons dans la magnifique forêt de la Massane, nous ne voyons pas passer le temps. L’arrivée au chalet de l’Albère s’annonce tardive, par chance, une rencontre fortuite  nous permet de rattraper le temps perdu. Nous profitons des sièges en cuir de la voiture de gentils bretons rencontrés au pied du Pic de Neulos pour arriver à notre première destination, le col de l’Ouillat (938m) et le chalet confortable de l’Albère.
Deuxième  jour : col de l’Ouillat – las Illas
Nous avons un peu « flémardé » ce matin et sommes partis comme pour une petite balade à … 9h . Une heure, déjà tardive pour un randonneur au long court qui doit faire aujourd’hui encore ses 22km ! Peut-être nous estimions cette deuxième étape , facile .. le topo-guide est optimiste  et prévoit 6h15 de marche pour un dénivelé  de 445m seulement et une altitude  maximale de  735m. Mais c’était sans compter sur le soleil et la lourde chaleur qui tombe sur l’asphalte des portions de route  et des pistes interminables qui nous emmènent … d’abord dans les embouteillages du Perthus , puis au bout du monde à Las Illas (Las Illas est un village qui s’est développé aux confins d’une vallée, droit vers l’Espagne. Il s’agit de la deuxième commune la plus méridionale de France !) pour y arriver vers 16h après 7 heures d’efforts, il a fallu quitter les belles Albères, ses hêtres et ses chênes-lièges et descendre sur le Perthus, traverser l’autoroute, franchir le col de Panissars (335m).Nous quittons un instant le GR pour nous retrouver comme au temps de l’Antiquité sur la voie Domitia. Je prendrai bien un char romain pour rejoindre las Illas, les pistes sont carrossables ! ! ! Encore 5 heures de marche en suivant les bornes frontières qui jalonnent notre route,  le col de Priorat franchi, puis celui de la Porteille puis enfin celui du Figuier et encore de l’asphalte à descendre et nous voilà à las Illas. Quelques maisons, un gîte municipal tranquille et un bon repas à l’auberge voisine clôture la journée. Vivement les Pyrénées ! ! ! !    
Troisième  jour : las Illas – le moulin de la Palette
En partant ce matin j’ai comme une appréhension, la journée va être galère. Flo ne m’a pas convaincu en m’expliquant que tout est beau sur le chemin… pas pour moi ! En écrivant ces lignes , je pense encore à nos discussions et notre désaccord sur la question. Et pourtant « Prends ce que le chemin t’apporte » je m’étais fait miennes ces paroles de Priscilla Telmon, une baroudeuse bien sympa. Mais rien n’y fait, je crains encore cette journée au cœur du Vallespir et mon humeur risque encore d’être détestable. Je m’en excuse encore les filles ! Une journée , bien triste aussi puisque c’est sur ce tronçon que c’est perdu un randonneur il y a deux jours à peine dans l’épaisse forêt près de Montalba. Le soir nous arriverons au gîte Bio du moulin de la Palette. Le repas va nous changer des joues de bœuf du chalet de l’Albère et du canard au Banyuls du restaurant des Traboucayres à las Illas. On verra ? Mais en attendant , faut reprendre nos sacs. Nous partons tôt ce matin. Le temps d’avaler un café noir ( une petite pensée pour la gentille serveuse du restaurant qui m’a offert une petite dosette de Nescafé – sans elle mon humeur aurait, je crois, été encore plus exécrable !- et un sandwich aux sardines et du pain d’épices ! On ne va quasiment pas quitter, la forêt et les sous-bois , les gneiss et granites et de vallon en col, de col en ravin , monter ,descendre sur des sentiers et des pistes en ne s’éloignant jamais de la frontière. Point culminant de la journée, le col du Puits de la Neige (1240m) permet de basculer vers l’Espagne ; plus loin une éclaircie dans la forêt offre une belle vue sur le Roc de France (ou de Fraussa pour les catalans) (1450m), enfin Montalba ! Avec un peu d’imagination nous aurions pu  rencontrer des « Traboucayres » -ces bandits de grand chemin- tant la topographie s’y prête , mais non ce sont toujours de paisibles randonneurs faisant le chemin inverse que nous croisons à mi-étape !
L’écogîte de la Palette –en pleine rénovation- , est une fort belle étape où il fait bon se poser après ces deux dernières journées éprouvantes pour moi qui attend toujours les vraies Pyrénées !  Ici, nous ne sommes plus des randonneurs mais des invités tant Catherine et Laurent sont attentifs à l’accueil de leurs hôtes. Leur cuisine y est entièrement bio et la dégustation de la tourte au potimarron et du taboulé au tofu fût un régal .
Quatrième  jour : le moulin de la Palette – le refuge de Batère
J’attends cette journée avec impatience, c’est enfin le retour à la montagne sur les flanc du Canigou. Une belle journée de marche en perspective et un dénivelé de près de 1500m pour 18km. Il nous faudra d’abord en finir avec le Vallespir  et atteindre en 3h Arles sur Tech en sautant le col de Paracolls avant de s’attaquer aux pentes du massif du Canigou. Nous allons grimper –sous la chaleur intense- toute la journée . Les différents étages de végétation se succède tout au long des 1200m de dénivelé ; maquis de chênes-verts, parfois le paysage au milieu des pins sylvestres sur un sol de granite altéré prend des allures de western (pas étonnant d’y rencontrer plus haut tentes et tipis) Rajoutant à l’ambiance, les traces d’une ancienne exploitation minière, pylônes, câbles, chariots et autres éléments métalliques sont partout. J’en profite pour récolter quelques échantillons d’hématite. Ouf ! Sous cette chaleur un coin de baignade sous les feuillus (frênes, châtaigniers et noisetiers ) est le bienvenu. Puis l’ascension se poursuit. La pente est parfois rude pour atteindre enfin de magnifiques pelouses en bordure d’un ruisseau et parsemées de blocs de granite. Nous arrivons au refuge de Batère – bâtiment austère, vestige de l’époque minière- après 8 heures d’effort soutenus ! 
Cinquième  jour : le refuge de Batère – les Cortalets
Enfin une étape courte , de Batère au Cortalets nous n’aurons aujourd’hui que 6 heures de marche au programme. Appréciable quand le poids du sac commence à se faire sentir sur les épaules et que les premières « cloches » aux pieds commencent à apparaître. (les cloches sont pour les belges nos ampoules – petit clin d’œil à un super papy belge de 75 ans rencontré à la Palette, grand marcheur et qui m’a redonné la pêche pour les jours suivants). Quelle chance , aujourd’hui encore le soleil sera au rendez-vous mais en prenant de l’altitude la chaleur sera plus facile à supporter que dans les talwegs des jours précédents. Le col de la Cirere franchi, nous allons progresser sur les « Balcons du Canigou », profitant d’un panorama exceptionnel. Après avoir traversé les estives, nous rentrons dans les forêts de hêtres. Nous y trouvons des tapis de rhododendrons recouvrant des pans entiers de montagne. L’eau est présente partout descendant des ravines, captée à de magnifiques fontaines. Sur le chemin, l’arrêt à l’abri de Pinatell (1650m) est un véritable havre de fraîcheur , nous en aurons besoin pour faire  le dernier dénivelé entre le Ras del Prat Cabrera et le Ras des Cortalets : 300m de dénivelé, sur une piste hyperfréquentée aujourd’hui, car si le chalet est accessible en voiture demain à lieu le trail du Canigou ! Le balisage n’est plus rouge et blanc mais aux couleurs de « Salomon » ! Sans doute , l’ambiance de course nous a donné envi de terminer l’étape en marche sportive, Sandy et moi ! Et nous arrivons tôt aujourd’hui et luxe supplémentaire nous pouvons nous offrir un succulent déjeuner sur la terrasse du refuge. Malgré sa fréquentation le site des Cortalets à du charme, la vue sur le Canigou y est magnifique , un peu à l’écart nous choisissons  les Estagnols (2164m) pour une après-midi de repos.   
Sixième  jour : Chalet des Cortalets – Refuge de Mariailles
Bloqué par la course, nous ne passerons pas par le sommet du Canigou pour rejoindre Mariailles, nous resterons sur l’itinéraire principal du GR10. Pas de regrets, car cette itinéraire facile , d’environ 6 heures, est magnifique. Etant partis tôt nous profitons d’une belle luminosité pour nos photos et les vues sur la vallée de Prades, Vernet-les-Bains, St-Martin-du-Canigou sont superbes. Quel bonheur de profiter de la fraîcheur matinale du sentier. L’alternance de passages boisés et d’éboulis est agréable et rompt la monotonie que peut engendrer  parfois une journée de piste au cours d’un trek. La source captée de la fontaine de la Perdrix, la petite cabane en pierre sèche de la Jasse de la Casteille, le refuge de Bonne-Aigue, le col de Ségalès, et le torrent du Cadi incitent à la pause, nous y retrouvons Thierry qui est venu voir la course et qui nous accompagnera jusqu’à Mariailles. Comme la veille , nous arrivons tôt au refuge, nous avons aussi trouver, je pense, un bon rythme de marche, nécessaire pour bien enchaîner les étapes successives. Depuis Port-Vendres nous avons marché 110km. A Mariailles, nous accueillons Raymonde venue nous rejoindre pour la dernière semaine
Septième  jour : Refuge de Mariailles – Refuge d’ Ulldeter
Mariailles sera notre dernière halte sur le GR 10. Changement de cap ce matin. Nous quittons le GR10 qui se dirige vers le Capcir et l ‘Ariège pour entreprendre une étape de jonction avec le GR11 et passer pour cette dernière semaine sur la Senda espagnole. Changement de meteo aussi, les orages qui nous ont épargnés sont annoncés. C’est en scrutant le ciel que nous partons ce matin sur la piste de PlaGuilhem. La piste forestière est agréable et nous pressons le pas à la vue des nuages menaçants. Finalement,  nous avons le temps de franchir la Porteille de Rotja (2377m) et de nous protéger des premières grosses gouttes au refuge métallique de la Porteille. Il est midi, une dégustation de sardines à l’huile d’olive (dans sa boîte) et accompagnée de l’ éternelle tranche de pain d’épices est un délice ! Nous repartons , la traversée désertique du Camp Magre se fera dans le brouillard. Sur cette portion de la HRP , avec peu de visibilité, le balisage est délicat à suivre, l’aide de la boussole ou du GPS , n’est pas inutile pour rejoindre la Porteilla de Morens (2382m). Pas le jour d’admirer le paysage, nous basculons en Espagne, en suivant de gros balisage rouge et blanc et rejoignons sous l’orage la station de Vallter2000 et le refuge d’Ulldeter (2236m). Je craignais cette étape (8 heures de marche) bien connu pour sa difficulté en cas de mauvais temps et vent courant sur ces crêtes frontières.  Finalement tout c’est bien passé et la soirée-repos est la bienvenue.
Huitième  jour : Refuge d’ Ulldeter – Nuria
Ce matin pour notre bonheur le soleil est revenu. Tant mieux , car la journée s’annonce belle. J’avoue , malgré un fort chauvinisme ariégeois , avoir une faiblesse pour la beauté du versant espagnol  et la qualité des repas proposés dans les refuges. La mise en jambe est rapide nous enchaînons les cols :  la Marrana (2529m) , le Tirapits ( 2783m). Les marmottes sifflent sur notre passage et une horde d’isards nous accompagne. Alors, oublié les mauvais jours et vive la Senda et les Pyrénées Catalanes ! Au col de la Vaca (2793m) nous sommes à nouveau sur la crête et point culminant de notre itinéraire. La vue attendue sur les étangs de la Carança et des pics qui les entourent est magnifique. Superbe cette traversée , la progression y est facile, nous restons toujours à une altitude constante, nous passons au col de la Carança (2723m) , puis à celui des Noucreus (2795m) – sommet éponyme à gauche) et de Noufonts (2650m) . Enfin un petit éboulis pour se dégourdir les jambes et descendre le vallon de Noufonts et atteindre un plat herbeux. La suite est agréable dans la Coma Fonda, troupeaux de vaches et chevaux ont remplacé les isards ! Le torrent fleuri des Molleres nous accompagne jusqu’au sanctuaire de Nuria. Religieux à l’origine, le site est aujourd’hui un centre commercial fréquenté que l’on rejoint depuis Queralbs par un joli train à crémaillère. Nous succombons au charme du shopping. Raymonde y trouvera de magnifiques bâtons de marche ! Ce soir, nous dormirons à l’auberge de jeunesse du Pic de l’Aliga. Ambiance conviviale et familiale assurée, mais un bon rapport qualité/prix pour des randonneurs affamés dans ce lieu touristique!
Neuvième  jour : Nuria – Refuge de Corral Blanc
Ce matin , nous décidons de modifier notre itinéraire. Nous n’irons pas jusqu’à Planoles mais nous nous arrêterons au petit refuge de Corral Blanc. Nous éviterons la longue descente des gorges de Queralbs et l’interminable remontée du vallon du rio Tosa pour choisir l’option d’une variante qui court sous le Puigmal. Les paysages sont superbes, nous avançons d’un bon pas en suivant presque les courbes de niveaux, traversons une succession de petits torrents au milieu de superbes pelouses occupées par les troupeaux. Au Pla de les Tores , nous retrouvons l’itinéraire principal du GR11, et le torrent de Tosa que nous traversons sur une belle passerelle. Le sentier entre ensuite  dans les pins , nous conduit au Collet de les Barraques (1894m) . Il ne reste qu’un kilomètre de route pour arriver au refuge de Corral Blanc (1815m). En choisissant , l’option d’arrêt au refuge et l’itinéraire par la variante , l’étape a été moins éprouvante que prévue , plus courte ( 14km au lieu de 17 ) pour 5 heures de marche, de quoi garder des forces pour les jours suivants.   
Dixième  jour : Refuge de Corral Blanc – Bourg-Madame
Dès que je quitte la haute montagne, je crains ces étapes de transition qui sont souvent longues et manquent d’intérêt . Et pourtant , il faut les faire ! Celle d’aujourd’hui en est un exemple parfait. Fini les grands espaces : il faut partir par une pente raide à travers la forêt pour rejoindre les hauteurs de Planoles. Après avoir traversé à gué le torrent de Portal Subirà, un chemin surplombant la route nous conduit à Dorria, petit village très pittoresque. Le GR 11 continue en suivant une piste qui s’élève progressivement avant de pénétrer dans une ravine pour atteindre un point splendide, :le col de la Creu de Mayans. Le lieu est superbe , une grande croix en fer se détache sur un beau ciel bleu et un léger voile nuageux. Nous retrouvons la frontière (borne502 à 1980m d’alitude) . Les bornes frontières se succèdent , nous commençons notre descente vers Puigcerda en suivant un vague ruisseau pour rejoindre une piste puis un pénible sentier. Il est déjà tard , lorsque nous arrivons à Puigcerda , fatigués. Il faut penser au ravitaillement, pour l’étape de demain et c’est en taxi que nous rejoignons notre gîte d’étape à Bourg-Madame.
Onzième  jour : Bourg-Madame – Cabane d’ Engorgs
Ce matin nous sommes repartis à 3. Nous avons laissé Raymonde à la gare de Bourg-Madame, victime du poids de son sac à dos. Aujourd’hui, je suis heureux , après la journée galère de hier , nous allons retrouver la montagne ….. en taxi! Une voiture nous dépose à Guils de Cerdanya. C’est appréciable, nous avons évité deux bonnes heures de goudron !Mais , il faut à nouveau s’armer de courage … et grimper, remonter une ravine terreuse, puis des pentes herbeuses, une crête en plein soleil, monter droit dans la pente avant d’entrer enfin dans des bois de pins. Cet effort est récompensé par une superbe vue sur la Sierra del Cadi. Notre marche se poursuit maintenant plus facile alternant pinèdes et pelouses. Nous avons repris de l’altitude. Au Pla de la Feixa (2170m) nous laissons à droite le refuge pour continuer à travers bois et gagner dans un joli dédale de boules de granite,  le refuge de Malniu (2138m). Il est midi, les voitures y brillent au soleil ! Ce soir, nous irons dormir plus haut et retrouver le calme et le silence de la montagne. Encore deux heures de marche pour arriver à la cabane d’Engorgs. On monte à flanc de montagne, on traverse un petit torrent enfin on termine par un long pierrier pour arriver sur des plats herbeux du cirque d’Engorgs (2375m) . L’endroit est beau , sauvage, une cabane, un torrent, des lacs , des rochers, des marmottes. Il est agréable de passer ainsi une nuit toute simple en montagne, loin de l’agitation des refuges accessibles aux véhicules. Ici, une douzaine de place en bas-flanc, une table, une cheminée, l’eau du torrent à partager avec des randonneurs espagnols. Chacun s’installe la nuit venue et le sommeil récupérateur vient vite.

 

Douzième  jour : Cabane d’ Engorgs – Andorre-la-Vieille
Le jour se lève, nous bouclons une dernière fois notre sac. C’est notre dernier jour de marche. L’étape est longue près de 25km , 8 à 9 heures de marche. Dès le départ , la première difficulté de la journée se présente devant nous , la Portella d’Engorgs (2670m). Une langue de neige persiste encore au sommet. Puis c’est la plongée sur l’autre versant pour arriver à la cabane dels Esparvers (2060m) – Nous étions passé ici l’été dernier en cheminant sur le chemin des Bonshommes- Nous continuons notre chemin , il faut franchir la deuxième difficulté de la journée le Port de Valciverra (2517m). Dernier effort ! Pour nous encourager Sandy y a installé le ruban Salomon des Cortalets , je le coupe bon dernier ! Nous sommes en Andorre. Le décor est splendide. Tout un chapelet de petits étangs scintillent sous le soleil. Depuis le refuge de l’Illa (2485m), le sentier suit les torrents qui descendent des Pessons. Ici le GR11 , bordé de petites cabanes s’appèle « el cami de la muntanya », nous le descendons jusqu’à Andorre-la-Vieille.
C’est ici que s’achève notre premier tronçon pyrénéen nous pouvons « pauser » notre sac et goûter aux bienfaits d’un bain délassant, jacuzzi et hammam pour soulager nos muscles durs et nos douleurs diffuses !
A l’été prochain !