2 – Randonnées en Languedoc (part 1)
10 02 2010
Je suis né à Toulouse, capitale historique du Languedoc ? Mon cœur est ariégeois, terre de mes ancêtres, cathares peut-être ou celtes venus d’ailleurs? Mon errance m’a conduit « là-bas vers le Nord », plus tard j’ai trouvé refuge en Alsace, j’y ai fondé ma famille avant de courir découvrir le monde…. et le pétrole! Enfin, c’est tout naturellement vers le Sud et la Méditerranée, notre mer, que je suis venu poser mon sac ….!
J’ai choisi d’ habiter ici, en Languedoc, terre occitane, terre de contrastes aux multiples facettes. Ce pays me convient car je peux, tant la nature y est diverse , y vagabonder à tout moment, tout en prenant plaisir à m’ y fixer.
Le Caroux lumineux est aujourd’hui ma montagne. J’aime toujours quitter ma maison, boucler mon sac, m’enfoncer dans ce massif sauvage entre gorges et aiguilles et gagner son sommet dénudé. Spectacle de la nature assuré en toute saison! J’aime faire et refaire cette montée, jamais identique, qui me ressource et me redonne ces dispositions physiques et mentales pour aller ailleurs, à pied ,saluer la beauté du monde. Pourtant pas besoin d’aller très loin! Ici, à notre porte , en Languedoc, une langue, une histoire, un pays, des chemins nous invitent au voyage et à la découverte.
Montpellier
Montpellier à pied
Que ce soit par une route, un chemin, une gare, un aeroport ou un port, on découvre toujours un pays , une région par « sa ville ».
Les Champs Elysées et la tour Eiffel sont Paris, Paris est la France, pour la majorité des touristes étrangers. Partir pour les hautes routes du Népal et le voyage commence toujours à Katmandou autour de la grande stupa de Budnath et dans Tamel!
Les chemins de l’histoire aboutissent tous ou entrent dans une ville, C’est vers St Jacques que vont les pèlerins , comme les Musulmans à La Mecque.
Un pays, une région nait de sa ville , de son histoire. Romulus à fait Rome, Dame Carcas , Carcassonne.
Montpellier est le pouls du Languedoc méditerranéen. Vous y êtes arrivés peut-être par la via Domitia en empruntant l’autoroute! A cette époque Montpellier n’existait pas , car tout commence en 985 quand à la croisée de la via Domitia, de la route du sel et du Camin Romieu, le comte de Maugio donne sur la colline de Montepestellario un manse (une petite exploitation agricole) au seigneur de Guilhem pour le récompenser de son dévouement. Grâce à sa situation privilégiée à la croisée des chemins, Montpellier va devenir dès le XIIème siècle, un haut-lieu du commerce. Je vous invite à sa découverte, une promenade dans le temps, de son passé historique prestigieux jusqu’à son architecture actuelle. Montpellier est une ville jeune, bâtisseuse. C’est aussi une ville d’eau !
J’aime commencer la visite de Montpellier par les Arceaux et ses deux cent trente six arches.
Bien qu’il ressemble un peu au pont du Gard, cet aqueduc n’est nullement romain. Si vous empruntez la rue Pitot, pensez à Henri Pitot, l’hydraulicien qui en 1764, après onze ans de travaux réalise l’exploit de relier la source Saint-Clément à la colline du Peyrou par un aqueduc de 14km pour un dénivellé de 29cm par kilomètre. Et l’eau arriva le 7 décembre 1765 au château d’eau du Peyrou! Montpellier c’est aussi ses fontaines historiques comme les Trois Grâces à la Comédie, ou les modernes comme Posséidon à Antigone !
Mon intention n’est pas ici de vous présenter un itinéraire bien précis à travers la ville mais de vous donner simplement les clés de sa découverte. Vous connaissez mon attirance vers les pierriers, il est bien normal que je commence ma balade sur ceux de Montpellier en traversant la place royale du Peyrou jusqu’au « cavalier de bronze ».
Hommage posthume à LouisXIV, à la monarchie absolue, ou nulle hauteur de construction ne devait dépasser celle de la statue royale! Il faut en convenir on jouit ici d’une vue royale, au nord jusqu’au Pic St Loup et à l’Hortus. En passant , amusez vous à lire l’heure en projetant votre ombre sur le cadran solaire de la terrasse basse du château d’eau ou plus émouvant retrouvez la célèbre photo de Jean Moulin avec son chapeau et son écharpe prise en 1942 contre une pile de l’aqueduc. Avant de continuer notre chemin, un petit sourire pour les deux chérubins et les deux lions de pierre rugissant de part et d’autre de la grille d’entrée de la place c’est l’Amour domptant la Force ! Montpellier a aussi son arc de triomphe, érigée en 1691, tout entier à la gloire du Roi-Soleil. On le voit en Hercule entre autre terrassant un aigle autrichien et un lion anglais … mais aussi les Protestants et les villes soumises!
Passée cette arche qui sur le modèle de la Porte saint Martin à Paris remplace l’ancien accès, je vous laisse flâner à votre guise au cœur de la vieille ville, ses vieux hôtels, ses jardins, ses places et ses commerces, un vrai Well Street médiéval et branché! M ais avant , après avoir descendu l’avenue Foch (les Champs Elysées montpelliérain) faites un petit détour par la cathédrale saint Pierre
, puis par la faculté de Médecine,
la plus ancienne en exercice au monde, créée au 12ème siècle, elle fut fréquentée par Rabelais, Lapeyronie (premier chirurgien et confident du roi) et Arnaud de Villeneuve (célèbre alchimiste). Une pause rafraîchissante place Jean Jaurès s’impose avec ses bars et ses restos, une table en souvenir de celle des changeurs qui au Moyen Age tenaient négoce devant l’église Notre Dame des Tables. Au centre la pharmacie Gely est la plus ancienne de la ville (10è). Il est temps de pénétrer dans l’Ecusson, au cœur de la vieille ville. Je vous en ferai un inventaire à la Prévert. Passez par: la rue Dorée, celle des bijoutiers; au 10bis de la rue des Trésoriers de France, voici le vieux puits de saint Roch où le saint homme fit provision d’eau avant de se lancer dans un long périple romain pour soigner la peste; de la rue Jacques Cœur à la rue de l’Aiguillerie, au hasard de vos détours, pénétrez dans les vieilles cours des nombreux hôtels particuliers aux belles façades de pierres, flânez sur les places Pétrarque, Chabaneau, de la Canourgue, du Petit Sel et du Plan de l’ Om, toutes havres de verdure et de fraîcheur. Il se fait tard, à l’heure de l’apero, tous les chemins du Languedoc y mènent, avec les 60000 marcheurs qui s’y pressent quotidiennement, vous êtes à la place de la Comédie. Aménagée au 18ème siècle, enrichie à l’époque haussmanienne de balustrades, guirlandes, tourelles et balcons en fer forgé. Tout en sirotant un pastis à la terrasse d’un des nombreux cafés qui la bordent, admirez « le Scaphandrier » et ses chérubins, à côté du Gaumont, la fontaine des Trois Grâces, Aglaé, Euphrosine et Thalie, filles de Zeus, œuvre de 1776 ou la façade de l’Opéra Comédie, construit par Garnier en 1884.
Il est agréable de visiter Montpellier en tramway, en évitant la complexité de la circulation automobile.
De la Comédie rejoignez Odysseum, dernière création commerciale de la ville, en passant par Antigone, cette Olympe de pierre, œuvre futuriste de Ricardo Bofill, qui relie le Lez à la cité.
Pour une visite plus culturelle de la ville, n’ hésitez pas à flâner dans les quartiers Saints Roch et saint Anne. Montpellier possède deux musées importants: le musée Languedocien, installé dans un des plus hôtels particuliers de la ville, occupé par Jacques Cœur, abrite des objets de fouilles archéologiques, de belles sculptures romanes, des œuvres médiévales, tapisseries, faïences, orfèvreries du XVIè au XIXè; et le riche musée Fabre et ses toiles du XVè à nos jours.
Avec les enfants, montez au zoo du Lunaret à Agropolis, voir Cassius le rhinocéros et la serre tropicale, dans un cadre de 80ha de garrigues et 11 km de chemins, vous pouvez faire une véritable randonnée. Plus en centre ville, le Jardin des Plantes avec ses 4,6ha se prête à une magnifique balade urbaine: Montpellier grâce à ses médecins naturalistes fut une capitale de la botanique de1550 juqu ‘au XVIIè siècle. Le Jardin Royal fut créé en 1593. l’Orangerie date de 1804. l’arboretum de 1810, le Jardin Anglais de 1860. Enfin, voyagez dans l’univers au Planétorium Galilée à Odysséum.
Les garrigues montpellieraines
Il est temps de quitter Montpellier par le nord et d’entrer au pays des garrigues et partir pour de belles randonnées vers l’inévitable pic Saint Loup, la vallée de la Buèges ou le massif de la Séranne. Sans oublier d’explorer le Ravin des Arcs et la grotte des Demoiselles ou de flâner dans les pittoresques villages comme Les Matelles, Saint Martin de Londres, Pégairolles ou Saint Jean de Buèges
Le Pic St Loup (658m) 2h15 – dénivelé 370m. 5km
L’ascension vers l’ermitage du pic reste la balade incontournable d’une après-midi montpelliéraine et mérite ses deux étoiles au guide (vert !) Michelin. En suivant le GR60 sur le flanc sud du pic, elle se fait tranquillement en 1h30 en partant du parking à Cazevieille. Vers 540m à la bifurcation de La Croisette on quitte le GR60, qui continue en direction de St Mathieu de Tréviers, pour tourner à gauche et s’engager sur un terrain plus escarpé qui vous conduit en zigzagant à travers rochers, chênes et calvaires jusqu ‘au sommet de la crête et rejoindre ainsi le sommet et l’ermitage St Joseph. Bellez vue sur l’Hortus et les Cévennes au Nord, les vignobles du pic St Loup à l’Est, au Sud la mer, à l’Ouest la plaine de St Martin de Londres. On peut redescendre vers Cazevieille par le même itinéraire qu’à la montée. Pour en faire plus on peut faire le tour du pic , comptez 5h pour une belle rando. . C’est à La Croisette , où l’on retrouve le GR60 que l’on va continuer à descendre vers l’Est, jusqu’à environ 330m. Là, on quitte le Gr pour monter par la gauche au Pas de la Pousterle (350m) puis commence une descente raide du versant Nord jusqu’à un croisement (222m) ou l-on prend encore à gauche pour atteindre un autre croisement (277m). Nous sommes sur le chemin du col de Fambétou (balisage rouge), on le suivra vers l’ouest en alternant montées et descentes pour retrouver le GR60. Celui-ci via un col retourne par l’arête Ouest du pic St Loup à Cazevieille. (soit 9km et 5h pour la boucle)
Remarque: une descente appelée « par la diagonale » est praticable avec prudence en désescaladant de petites barres rocheuses entrecoupées de vires, pour au final se laisser glisser sur un toboggan naturel qui conduit dans une petite grotte-tunnel et un pierrier. Ludique et sportif! C’est le parcours de descente des grimpeurs après leur escalade terminée de la face Nord.
L’Hortus
Il n’a pas la réputation de son célèbre voisin le Pic St Loup, mais l’Hortus mérite une visite tant pour le panorama qu’il dévoile que pour son parcours varié et ludique qui fleurte avec les falaises.
Du parking de Vaflaurès cet d’abord des vignobles que l’on longe sur la petiite route goudronnée qui mène au Mazet. Après environ 800m, c’est un petit sentier qui part à gauche que l’on emprunte pour grimper dans la forêt et rejoindre une piste forestière. Longeant les falaises de l’Hortus à notre doite , on la suit sur environ 1,7km avant de trouver entre de cairn une bifurcation fléchée en rouge qui à droite grimpe dans les chênes-verts jusqu’aux ruines du château deVivouriés. Le chemin les traverse , puis il faut suivre plein est des balises bleues et des cairns dans un dédale rocheux pour gagner le point culminant de l’Hortus (512m). Superbe belvédère. Belle vue tout au long du parcours en crête des rochers du Pas du Loup, sur les Cévennes, le Pic St Loup bien sûr mais aussi le littoral et la Camargue et plus loin les Alpilles, le Luberon et le Ventoux. Après avoir cheminé dans cette espace minéral, il faudra bifurquer à droite pour boucler la boucle, amorcer la descente sur un large sentier caillouteux et rejoindre notre piste forestière du départ. La prendre sur la droite pour retrouver 1,3km plus loin l’embranchement de l’aller qui rejoint notre point de départ.
La vallée de la Buèges et la Séranne. (par Peyre Martine – Dénivelé 700m – 6h)
On laissera le roc Tras Castel aux grimpeurs, on quittera St Jean de Bueges, ses étroites ruelles et son château médieval pour sortir à l’W du village parmis les vignes et les oliviers et retrouver un vieux sentier caladé qui s’élève dans la garrigue pour gagner la falaise du Cayrelet qui offre sur une vire une superbe vue sur la vallée de la Buèges en contre-bas. Le sentier continue à grimper pour atteindre un replat boisé et rejoindre la piste de la Sauvie que l’on laissera pour empunter à gauche le sentier des crêtes qui contourne le petit mamelon de la Rouvière pour rejoindre la Peyre Martine (782m), point culminant du cirque de la Séranne. Magnifique panorama sous vos yeux au Nord, le Causse du Larzac, l’Aigoual et les Cévennes et vers le Sud la vue s’étend des Monts de St Guilhem, au Pic St Loup jusqu’à la mer. La descente vers le hameau de Méjanel commence à travers buis sur un magnifique lappiaz avant de retrouver les lacets d’un beau sentier. La source (ou plutôt la résurgence) de la Buèges est tout proche pour une halte rafraîchissante avant de boucler la boucle et de retrouver St jean de Bueges par un sentier balisé au miliuau des vignes et oliviers.
Remarque: Au-delà de St Jean de Buèges, la Buèges pénètre dans des gorges où elle forme de petites cascades. Une agréable promenade de 2 à 3 heures peut se faire sur les deux rives.
Catégories : Les carnets de randonnées






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