Le Printemps de SOURIRE D’ENFANT

31 03 2007



Carnet de route N°6

9 03 2007

LE PLA DE MADAME et LE PORT DU RAT

DATE :
24 et 25 Mars 2007

LOCALISATION :

Pyrénées – Haute-Ariège – Massif des 3 Seigneurs – Vicdessos
Difficulté : ***
Ce sont deux randos à la journée, à 1000m de dénivelé. Difficultés en fonction de l’état de la neige

DEPART :
Rendez-vous au petit village de Gourbit (église) à 10h le samedi matin .
(départ de la première rando au Pla de Madame)
Comment y aller :
Rejoindre Foix puis Tarascon s-Ariège et la route du col de Port.  Gourbit est au bout de la D23 (premère route à gauche (avant Surba) en montant en direction du col de Port.
243km  par autoroute – 3h depuis Valquières. Attention aux radars !
 
Cartographie :

Pour la route : Carte Michelin n° 86   ou IGN  R16 Midi – Pyrénées ou Top 250 Pyrénées-Languedoc-Roussillon.
Pour la balade :
carte IGN : édition randonnées pyrénéennes – PYRENEES carte n°7 – Haute Ariège-Andorre 1/50000
carte IGN :Top 25 / 2047 ET 1/25000 LA BASTIDE DE SEROU – MASSAT 6 Pic des 3 Seigneurs
carte IGN :Top 25 / 2048 OT 1/25000 VICDESSOS – Pics d’Estats et de Montcalm

Où manger et dormir :
Le Samedi
Un pique-nique à midi
soirée et nuit au gîte d’étape des Cabannes : l’Oustalou (on se fera la popote).
Tel : 05 61 64 95 40 pour vos réservations. 11€ la nuit /personne.
Le Dimanche :
Un pique-nique à midi
Prévoyez tous vos en-cas (barres énergétiques, fruits secs,…) et boissons pour les randos.

Equipement :

Equipement pour randonnée « neige »et raquettes. Prévoir un petit sac à dos pour la rando.
Possibilité de location des raquettes dans la vallée d’Ax.
Météo :
Répondeur téléphonique : 3250  ou 08926802 + numéro du département (choisir les prévisions montagnes)  Internet www.meteofrance.com/
Adresses utiles :
 
LES  RANDOS

1. LE PLA DE MADAME : 6h – Dénivelé 1090m +
La rando commence au bout de la piste au sud de Gourbit  (909m) par un petit sentier qui monte dans une belle hêtraie à droite du ruisseau d’Artax puis en crête pour atteindre  un replat le Pas du Bragat (1626m)  sous l’étang d’Artax. Il ne reste plus qu’à rejoindre la crête sommitale du Pla de Madame (1906m) et rejoindre  le Roc de Querqueou (la vue est fantastique sur tout le Vicdessos et les « 3000 » ariègeois. Il ne reste plus qu’à redescendre toujours en crête et boucler la boucle en rejoignant le sentier balisé du tout du massif des trois seigneurs !


2. LE PORT DU RAT : Rando en A/R à la journée. 1000m environ de dénivelé
Tout dépendra d’où l’on partira , où l’on s’arrêtera et où on trouvera la neige ! Il faudra rejoindre l’étang de Soulcem (1600m) et les orris de Carla (1640m) et remonter par la piste la vallée de Soulcem et ses petits villages d’orris ! (ceux de Labinas (1800m), puis des Estrets (1850m) et ceux du Rat d’en Bas (2120m). Pour les courageux le Port du Rat est au-dessus 2540m ! Il ne reste plus qu’à faire demi-tour.

 

REPERAGE
L'orri : l'igloo de la montagne
En Ariège, les terres sont très morcelées et de faible superficie, c'est pourquoi le paysan encore aujourd'hui, conduit ses troupeaux en estive, dans les pâturages d'altitude pendant toute la bonne saison (de mai à octobre selon les années).Ce phénomène est appelé la transhumance.
L'orri est l'abri où le paysan-berger vit pendant ces quelques mois. Il est de forme arrondie et entièrement en pierre sèche c'est à dire que la construction n'utilise aucun mortier.
Dans le Couserans et autour d'Auzat, les orris forment quelquefois des hameaux miniature jusqu'à la frontière espagnole, car chacun avait une fonction: habitation, cave à fromage, bergerie…
Dans l'orri d'habitation même le lit était en pierres. L'expansion démographique et la multiplication des troupeaux ont impulsé leur développement.
 



La Gazette N°11 Mars 2007

1 03 2007

Enfin le Canigou avait revêtu son blanc manteau ….

Et Mariailles un petit air printanier….

Pour un week-end raquettes -balades, plein de bonne humeur,
sur de belles pistes enneigées …. 

           

 

DERNIERE SORTIE D’HIVER Rando – Raquettes

Samedi  24 et Dimanche 25 Mars :

HAUTE-ARIEGE: Pla de Madame, Orris de Carla et Port du Rat.

L’Ariège en raquettes:

Avec des voies d’accès limitées, un équipement en refuge des plus restreints et un environnement fort bien préservé, l’Ariège constitue, sans aucun doute, la région la plus sauvage de la chaîne pyrénéenne. Vous l’avez aimée l’été , vous la découvrirez raquettes aux pieds.

Au PLA DE MADAME (1906m). Le Pla de Madame est l’avant-dernier sommet de la longue crête est issue du massif des 3 Seigneurs. Idéalement placé à l’avant de la chaîne cette modeste bosse offre un époustouflant panorama Rassurez-vous malgré son nom évocateur, le pla de Madame, n’est pas réservé qu’aux dames !

Au PORT DU RAT (2540m). C’est au cœur de la longue et profonde vallée de Soulcem, réputée pour ses courses classiques de ski rando et ses cascades de glace, située au pied de la trilogie des « 3000 » ariègeois (Montcalm, Estats et Port de Sullo, que vous progresserez sur la piste qui conduit vers le Port du Rat, frontière andorrane. *remarques : les durées des randos et les dénivelées seront adaptées aux conditions météo et d’enneigement.  

ELOGE DE L’ENERGIE VAGABONDE

Voyage de l’Aral à la Méditerranée, par la Caspienne et le Caucase
Sylvain TESSON
Edition: Les équateurs Prix éditeur : 18 euros

Je vous en parlais dans la Gazette n°5,
Après une réflexion sur le thème de l’énergie (celle qui est en nous, celle que nous puisons dans les gisements souterrains, celle que nous libérons, celle dont nous manquons parfois…), Sylvain Tesson est parti quelques mois (printemps été 2006) suivre à pied et à vélo les oléoducs et gazoducs de la région caucaso-caspienne. De retour de ce voyage, il a écrit un ouvrage sur ce voyage thématique.

En guise de mise en appétit, voici les premières lignes de « Éloge de l'énergie vagabonde », qui vient de paraître aux éditions des Équateurs.

Aral

"Avant un long voyage, il faut se couper les cheveux. Les moines accomplissent ce rituel au moment d'entrer au couvent. Partir dans la steppe, c'est choisir le cloître : on est seul. On ne croise pas grand monde. On scrute le ciel. On rêve d'en finir et lorsque c'est fini, on voudrait recommencer. «Trois millimètres», dis-je en russe au premier coiffeur ouzbek rencontré dans le bazar de Noukous, capitale de la Karakalpakie. Le type prend une tondeuse crasseuse et les mèches me tombent sur les épaules. Bientôt, à mes pieds, elles forment un petit champ. C'est l'automne de mon crâne. Dans la télé, au-dessus des miroirs, une Lolita russe se trémousse en hurlant. Ses piercings la font-ils souffrir à ce point ? Je me lève, paie un dollar et me lance à travers les monts chauves de l'Asie centrale.Je suis venu en Ouzbékistan par avion, avec ma bicyclette dans les bagages. À Paris, à l'aéroport, la compagnie ouzbek n'acceptait d'embarquer mon vélo qu'empaqueté dans un carton. Mais les Ouzbeks n'en fournissaient pas et ils m'ont dirigé vers la compagnie suisse qui possède des emballages très réputés mais qui n'a pas le droit de les vendre pour les vols à destination de l'Asie centrale. La dame du guichet suisse m'a conseillé de demander un carton à Air France, mais le chef d'escale français était injoignable et j'ai dû envelopper mon vélo de sacs en plastique. J'avais l'air d'un clochard emmêlé dans ses bouts de ficelles et ses rouleaux de scotch. Hautaines dans leurs tailleurs, les hôtesses me regardaient. Avant d'envoyer le vélo sur le tapis roulant, j'ai protégé le dérailleur avec un exemplaire du Monde à la une duquel se détachait ce titre : NOUVELLE HAUSSE DES PRIX DU PETROLE. » « J’irai de l’Aral à la Caspienne. Je gagnerai l’Azerbaïdjan à bord d’un ferry. De Bakou, je cheminerai vers la Turquie par la Géorgie. À pied, à vélo je ne le sais pas encore, mais by fair means, loyalement, sans propulsion motorisée. Au bout de ma route, j’aurai relié quatre mers, abattant le même trajet que celui d’une larme d’or noir de la haute Asie convoyée à travers steppes et monts jusqu’au ventre des tankers de la Méditerranée pour que le monde poursuive sa marche folle.Ce voyage m’a été inspiré par ma passion pour les oléoducs. Les tubes m’obsèdent, les pipelines me ravissent. Profitant de cette traversée de terres à haute valeur pétrolifère je consacrerai mon temps d’avancée solitaire à réfléchir au mystère de l’énergie. Celle que nous extrayons des strates de la géologie mais aussi celle qui attend son heure au plus profond de nous.Pétrole et force vitale procèdent du même principe : l’être humain recèle un gisement d’énergie que des forages propices peuvent faire jaillir. Pourquoi nos ressorts nous poussent-ils à l’agitation au lieu de nous convertir à la sagesse zen ?"

LES CHEMINS DE LA LIBERTE

Sylvain Tesson, ce marcheur insatiables était à Lamalou-les-Bains le mois dernier ou entre rêverie poétique et rasade de vodka, un petit vent des steppes et de liberté a soufflé ce 3 février, le temps de le suivre, à pied, à cheval à vélo  de Yakoutie au golfe de Bengale sur les traces du Polonais Slavomir Rawwit l’évadé du Goulag.Si vous n’étiez pas ce jour-là à la projection de son film « LES CHEMINS DE LA LIBERTE » , je vous le raconte !

Mai 2003, Sylvain démarre son voyage dans la taïga. C'est une fantastique vie sauvage et solitaire qu'il trouve dans ces forêts, une vie proche de la nature. La cueillette de baies et de fruits, ainsi que la pêche, ajoutées à la nourriture qu'il transporte, lui confèrent une autonomie d'environ une semaine. Nourriture lyophilisée occidentale : purée, pâtes, café, fruits secs et nourriture déshydratée locale : poisson séché, gruau d'avoine (aliment de base du goulag) se côtoient dans son sac à dos de 8 kilos !. Quelques villages  ou cabanes de pêcheurs et de chasseurs lui permettent de se ravitailler. Faire du feu et trouver de l'eau sont tâches aisées dans la taïga qui regorge de bois sec et où coulent de nombreuses rivières. Celles-ci entravent parfois la progression, tout comme les marais formés par la fonte des neiges etTibet, au bord du lac Nam Tso Sylvain a des souvenirs particulièrement désagréables d'embourbement dans les marais de la Léna (fleuve sibérien).Les jours passés seul à longer le lac Baïkal du nord au sud constituent un des moments forts de son voyage : "tout seul dans la beauté, le long des falaises, expérience intense de vie sauvage et de solitude". La température estivale du lac lui permet de cheminer de longs moments dans l'eau au pied des falaises. Parfois avec de l'eau jusqu'au cou, portant son sac sur la tête et s'aidant de son bâton, sa progression est de l'ordre d'1km/h.

Dans ces régions peu peuplées, les rencontres sont rares. Il en est une que Sylvain craint : les ours ! "Mes amis qui ont côtoyé des ours polaires se moquent de moi en disant que les ours noirs de Sibérie sont petits, que ce sont des ours en peluche !" Sylvain s'est tout de même doté d'un système anti-ours : un bâton dont le bout s'enflamme rapidement en cas de besoin, et l'arme ultime : une fusée de détresse de l'armée russe de 1966… "En cas d'attaque d'ours, tu tires ça et c'est censé faire un énorme feu de Bengale ! Mais je pense qu'il y avait plus de chances que ce truc me pète à la figure et me réduise en poussière avant même l'attaque de l'ours !"

Plus au sud, se présentent les grandes steppes d'Asie centrale. Sylvain les a déjà parcourues à cheval (en 1999) et a constaté combien cet animal permet d'être en phase avec la culture et les traditions des peuples cavaliers. Il achète alors des chevaux pour traverser la Mongolie. Ce moyen de déplacement lui permet par ailleurs de transporter plus de nourriture. Et puis, "les mongols ont inventé l'outdoor avant tout le monde !" : nomades, ils possèdent une vieille tradition de la nourriture déshydratée : fromage séché, viande séchée. Ils boivent par ailleurs le khumus, cet alcool de lait de jument fermenté, conservé dans des outres après la traite et battu des heures durant par les femmes. A de nombreuses reprises, Sylvain se verra offrir l'hospitalité, et son inévitable khumus, sous la yourte.
Seul pendant de longues journées, Sylvain prend le temps de méditer sur le thème de l'évasion, de travailler sur cet hommage rendu aux gens qui avaient cherché leur liberté. Parlant un peu le russe, il apprécie grandement de pouvoir converser sur ce sujet avec les nomades des steppes, écouter leurs histoires et apprendre d'eux.

Voyager à cheval dans ces steppes d'Asie centrale – son domaine chéri – est un réel bonheur pour Sylvain. A l'approche du Gobi, il parvient à échanger ses chevaux du nord contre des petits chevaux du sud, plus résistants à l'aridité et la chaleur. Pour son plus grand plaisir, et contrairement à ce qu'il avait pensé, il va pouvoir descendre assez loin dans le Gobi à cheval. Dans ce désert, il est possible de trouver de l'eau si l'on sait où elle est. Sylvain possède de bonnes cartes et apprécie cette navigation de point d'eau en point d'eau. Celle-ci n'est pas toujours aisée et réserve parfois des surprises comme l'arrivée à un puits tari qui oblige à rajouter 60 km à une étape déjà longue de 45 pour atteindre une autre source du précieux liquide de vie.

En Chine, Sylvain achète un vélo qui lui permettra d'avancer un peu plus rapidement jusqu'à l'Himalaya. Mais une énorme tendinite au genou le force à utiliser la bicyclette comme une béquille pendant 15 jours. Plus loin, ce sont des vents extrêmement violents qui l'épuiseront et ralentiront sa progression deux semaines durant ; impossible de pédaler bien entendu, même dans les descentes où le vélo – maintenu debout sans pilote – remonte tout seul assez rapidement ! Des jours et des jours à lutter pour pousser le vélo, saoulé par les déchaînements d'Eole. Moments difficiles pour Sylvain qui se trouve alors au milieu de son voyage. Et pour lui, contrairement à d'autres, le milieu d'un voyage n'est pas le meilleur moment, c'est là qu'il est le plus fatigué.
Plus au sud il reprend la marche et rompt sa solitude en accompagnant des moines tibétains en pèlerinage à Lhassa. Ces derniers lui donnent une grande leçon de vie: ils sont toujours heureux malgré des conditions de voyage  difficiles, malgré le mauvais accueil qu'on leur réserve souvent (dû au fait qu'ils mendient). Sylvain est ainsi passé du statut d'occidental qu'on accueille partout à celui de moine mendiant que l'on rejette. Mais qu'importe ! Leur bonheur est communicatif. L’arrivée à Lhassa est un grand moment pour Sylvain : après le passage d'un col à 5400 mètres d'altitude, il découvre la vallée, sombre dans le couchant, alors que le dernier rayon du soleil n'éclaire plus que la ville qui lui apparaît alors comme "une goutte d'or" !

La traversée de la chaîne himalayenne du nord au sud, même s'il ne s'agit pas de son axe principal, implique le franchissement de cols d'altitude. Sylvain médite sur cette route de la liberté qui n'est pas encore fermée : des tronçons sont toujours empruntés, notamment entre le Tibet et l'Inde par des Tibétains fuyant les Chinois. Souvent sous-nourris, sans aucun équipement adapté, et avec femmes et enfants, de nombreux Tibétains traversent l'Himalaya pour fuir. Démunis, ils doivent franchir des passages à 5000 ou 6000 mètres d'altitude, les garnisons chinoises étant massées aux cols les plus accessibles – à 2000 ou 3000.
Malheureux paradoxe : alors que le passage d'un col d'altitude est pour le voyageur occidental bien équipé une source de joie – plaisir de l'étape franchie, plaisir d'apercevoir, de l'autre côté, la suite du périple –, ce franchissement se révèle une épreuve pénible et dangereuse pour les Tibétains en fuite.
Au Tibet et dans l'Himalaya, Sylvain se nourrit principalement de tsampa, cette farine d'orge pré grillée et broyée à la base de l'alimentation tibétaine traditionnelle. Il la mélange avec un peu d'eau chaude, de thé, d'huile de sucre et de morceaux de fromage de yack déshydraté, pour obtenir une boule compacte dont il se nourrit deux fois par jour. Un carburant exceptionnel selon Sylvain qui s'étonne que ce produit n'ait pas encore été commercialisé par une marque de montagne.

Dernière bande climatique, dernier écosystème à traverser : les jungles du Bengale. Sylvain rachète un vélo pour avancer plus rapidement dans la plaine indo gangétique. Finis les problèmes d'approvisionnement, finis la vie sauvage et les bivouacs isolés, l'Inde agricole est très peuplée.
L'Inde, synonyme pour les quelques heureux évadés parvenus jusqu'à ces latitudes, de délivrance, de victoire, de vie ! C'est à Calcutta en janvier 2004 que Sylvain achève son voyage sur les chemins de la liberté.

Article de Johanna Nobili publié dans Carnets d'Expé n°2 (épuisé)
Photos de Thomas Goisque

 

Voilà, c’est peut-être mon proche séjour dans les steppes du Kazakhstan qui est à la source de mon inspiration ce mois-ci mais j’espère qu’après la lecture de ces pages vous aurez toujours envi d’aller voir ailleurs…. si la steppe est plus verte ! ! !

Allez, à bientôt sur quelques chemins… !